Ce week-end a été riche en événements. Visite de Mme Clinton à Rabat dans le cadre de son périple maghrébin, élections au Sénégal sur fond de tensions, rejet par le régime de Bachar el-Assad de la proposition des « Amis de la Syrie » et référendum – sous les bombes – pour une modification de la constitution syrienne, réactions extrêmes à l'autodafé de corans en Afghanistan, destruction par les autorités pakistanaises de la maison dans laquelle Ben Laden a été exécuté, espoir de transition au Yémen et peur au dessus de l'Iran, faux débat sur le salaire de Gerets, élections en Russie etc. De cette longue litanie se dégage une impression de violence généralisée, où pas un point du globe ne serait épargné. Et si le problème était dans l'énoncé ? Lorsqu'une entreprise va mal et qu'un repreneur se présente, il procède à un audit pour chiffrer les atouts et les faiblesses de son acquisition, puis, en tenant compte de diverses contraintes, il repart à zéro pour tenter de reconstruire quelque chose qui tienne la route. Dans la gestion des institutions internationales, l'économie de réflexion sur ce qui devrait être remplacé est dictée par la peur de perte de positions privilégiées. A force de vouloir faire perdurer un (dés-)ordre mondial dont la justification est révolue, on traîne des conflits et des handicaps, qui pèsent sur la marche du monde, et dont les effets sont de plus en plus difficiles à endiguer. Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, appelle les USA à renforcer leur leadership dans les institutions internationales. C'est une chose nécessaire pour la première puissance du monde. Elle doit simplement s'accompagner d'une plus grande impartialité et s'adapter aux évolutions sociopolitiques du monde, plutôt que de se faire dans le prolongement d'un schéma de lendemain de Seconde Guerre mondiale ou de guerre froide. Le temps de la réflexion est aussi important que celui de l'action, sinon plus. Les privilèges concédés à court terme peuvent être reconquis sous une meilleure forme, à long terme. Et l'Histoire ne s'écrit pas sur une échelle de quelques mois ou quelques années.