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Voyager au Brésil sans décoller avec Gilles Lapouge, Aurélie et Verioca et Khalid Kouhen
Publié dans Le Soir Echos le 25 - 06 - 2012

D'amour, de musique, d'histoire, de favelas et d'immensités, de Salvador, de Rio de Brasilia, du bois Brésil et des palmiers, de gastronomie et de chiens, de littérature et d'anthropophagie, il est question d'à peu près tout dans le fastueux Dictionnaire amoureux du Brésil que nous donne à lire Gilles Lapouge aux éditions Plon.
Cet ouvrage a quelque chose de miraculeux car son auteur, journaliste et écrivain au talent sûr nous raconte sa passion pour le Brésil après soixante années d'une fréquentation lucide et affectueuse. En 1951, il y arrive pour devenir journaliste économique. Son portrait du directeur de L'Excelsior semble né de la plume d'un romancier, mais Gilles Lapouge est plutôt un poète du voyage comme il y a des poètes de poésie ou de roman. Il a regardé l'Amazone depuis un petit banc et vu que rien n'était plus routinier. Soudain, il évoque les sambaquis, poissons qui se nourrissent de fruits. Puis le voilà intarissable sur les palmiers et dénonçant les tentatives de ruiner les casseuses de noix de babaçu dans les quatre Etats du Brésil qui possèdent de tels palmiers : « La lutte des casseuses est toujours recommencée. Les propriétaires sont implacables. Ils envoient des hommes en armes pour chasser les femmes (...) le plus cruel ennemi du babaçu est une autre plante. C'est le soja, bien plus lucratif et qui démolit la forêt amazonienne car des ingénieurs ont appris à le transformer en essence. » Grâce à ce livre, notre connaissance du Brésil peut cesser d'être superficielle. On en sort comblé, et c'est pour y revenir car certaines pages ont un parfum puissant, un goût délectable, une saveur trop surprenante pour être abandonnée. Les moments sombres de l'histoire brésilienne sont autant analysés par Lapouge que les épisodes glorieux. Le tableau des 136 couleurs de peau (à la page 509) est précédé d'une invitation à se réjouir « Les peaux brésiliennes sont innombrables et donc magnifiques ». On peut en dire autant des entrées stimulantes et rêveuses, précises et joueuses de cet indispensable Dictionnaire amoureux du Brésil où les plantes, les oiseaux et les hommes, qu'ils chantent ou se déchirent nous sont montrés tels qu'ils sont dans la vastitude et les contrastes les plus violents : « En octobre 2009, un éducateur social, connu pour son courage et son dévouement aux pauvres de la favela, est abattu au centre de Rio par deux voyous qui lui volent sa veste et ses chaussures. (...) des policiers arrêtent les deux tueurs et les relâchent après avoir « récupéré » la veste et les souliers. » Heureusement, une autre entrée du Dictionnaire de Lapouge nous a montré comment la cordialité est au Brésil une denrée si répandue qu'elle réussit à atténuer les différences qui opposent, sous d'autres cieux, tous à tous. Le musicien Khalid Kouhen, né à Fès et vivant à Paris m'a longuement parlé du Brésil sans y avoir mis les pieds. C'est qu'il accompagne en concert Aurélie et Varioca dont le délicieux disque de chansons brésiliennes Alèm des nuages m'a servi de contrepoint tandis que je lisais Lapouge. L'écrivain aimera la question que pose Flavia Perez dans une chanson écrite pour Verioca et qui vaut aussi comme profession de foi d'Aurélie : « Serais-je un arbre aux racines / enfouies en terres francophiles / qui pourrait toucher de ma cime/ les arbres du Brésil ? » Khalid Kouhen dont l'oncle était un des grands fabricants de tablas dans un atelier de la médina de Fès a été professeur de maths à Concarneau. Au sortir d'une salle de sport, il fut saisi par le rythme de percussions brésiliennes. Sa vie changea. La batucada, orchestre de percussions brésiliennes accompagnant la samba y faisait une irruptions souveraine. Et aujourd'hui, il est devenu professeur de cette musique brésilienne, ayant ouvert la première école de samba en Bretagne en 1985, lui qui a collaboré avec Majid Bekkas, Rachid Zeroual, un des grands joueurs de naï et Karima Sqalli. On doit à Khalid la musique du TGV Atlantique. C'est dire que le Brésil mène à tout et partout comme nous le suggèrent les chansons d'Aurélie Tysblat, dont le papa est un peintre fou de jazz, et de Verioca Lherm. Les écouter, comme lire Gilles Lapouge ou entendre Khalid Kouhen, c'est voar sem mudar, autrement dit voyager sans décoller.

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