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« Les professionnels de l'Offshoring n'ont demandé aucune aide des Français » | Le Soir-echos
Publié dans Le Soir Echos le 24 - 12 - 2012

Avec l'octroi par l'Agence Française de développement d'un prêt à MedZ, la polémique sur la délocalisation, en vogue dans le landernau politico-français, est soudainement montée d'un cran. Youssef Chraibi, président de l'Association Marocaine de la Relation Client, nous apporte des éclaircissements sur des incompréhensions qui voilent la vérité sur la délocalisation.
Youssef Chraibi, président de l'Association Marocaine de la Relation Client.
L'année 2012 a été une année riche pour les relations franco-marocaines, pimentées notamment par la polémique sur la délocalisation. Si cette dernière a pour impact direct la suppression d'emplois dans un pays donné, les Français eux la voient comme une éventualité de suppression d'emplois qui auraient pu être créés en France. Toute au long de l'année qui s'achève, des médias et des politiciens français n'ont pas lésiné sur les sorties médiatiques et des positions agressives à l'encontre du Maroc. Crise oblige, lorsqu'un industriel décide de se développer à l'international, les Français voient cela de mauvais œil. Pour l'usine de Renault à Tanger, on a parlé de délocalisation alors que le groupe n'a jamais produit de Logan en France. La dernière affaire qui a fait coulér beaucoup d'encre concerne un prêt que l'AFD (Agence Française de Développement) a octroyé à MedZ pour le développement de zones industrielles. Laurent Wauquiez voit en ce prêt une « subvention à la délocalisation ». Le vice-président du Front National, Florian Philippot, a annoncé le lancement d'une pétition de son parti pour la mise en place d'une politique de relocalisation. Pour sa part, Regis Granarolo, président du Munci, la principale association d'informaticiens français, appelle à une mobilisation nationale.
Pourquoi ce recours à la préférence nationale et au protectionnisme ?Peut-on se développer vers des services à plus forte valeur ajoutée notamment dans l'offshoring anglo-saxon ? Eléments de réponse avec Youssef Chraibi, président de l'Association Marocaine de la Relation Client (AMRC).
Quelle est votre réaction par rapport à la polémique suscitée, encore une fois, par les Français, après l'octroi d'un prêt de 150 millions d'euros par l'AFD à MedZ ?
Il y a encore une fois malheureusement beaucoup de précipitations pouvant générer de fortes incompréhensions. Ce prêt n'est en rien destiné à financer ou aider les entreprises du secteur de l'offshoring au Maroc. Il s'agit d'un emprunt visant à appuyer la politique de développement industriel du Maroc, passant notamment par la réalisation de plateformes industrielles intégrées qui ont été mises en place par MedZ, il y a des années déjà, dans le cadre du plan de l'émergence industriel du Maroc. Ce prêt s'inscrit pleinement dans le cadre de la mission de l'Agence Française du Développement, dont la raison d'être est, rappelons-le, de favoriser le développement dans les pays du Sud au moyen de différents systèmes de financement de projets. Il n'y a donc rien de choquant à ce que les zones industrielles marocaines en bénéficient dans un contexte de coopération historique, réelle et gagnant-gagnant entre la France et le Maroc, sachant que cet accord prévoit par ailleurs le parrainage de partenariats entre les technopôles marocaines et les pôles de compétitivité français. Ainsi, les opposants à cet accord, pourraient dans ce cas remettre en cause la vocation même de l'AFD, qui a toujours joué un rôle majeur dans le déploiement de la politique de la coopération française avec le sud et qui contribue donc largement au rayonnement de la France dans cette région.
Certains médias français ont même affirmé que des professionnels de l'offshoring au Maroc ont reçu des aides du gouvernement français... Les professionnels de l'Offshoring au Maroc, dont les plus importants sont des acteurs français de renom, n'ont demandé ni obtenu aucune aide, directe ou indirecte, ni subventions de la part du gouvernement français comme cela a été présenté par certains médias français, et ils souhaiteraient à présent continuer à développer sereinement leurs activités dans une logique de colocalisation, ou de partage équitable de la valeur ajoutée entre la France et le Maroc, au service de la création d'emplois dans les deux pays, comme nous avons réussi à le faire dans notre secteur depuis plusieurs années déjà.
La colocalisation dans les centres d'appels vise à mettre en place un partage intelligent au service du développement d'une filière dans sa globalité.
D'ailleurs, quand vous parlez de co-localisation, comment concevez-vous ce concept concrètement ? Comment la co-localisation doit-elle s'opérer sur le terrain ?
La colocalisation peut revêtir plusieurs formes dans notre secteur d'activité. Il s'agit d'analyser les différents types d'appels, d'évaluer leur niveau de complexité et de répartir le traitement de ces appels et donc la valeur ajoutée entre onshore et offshore Il est également possible par exemple qu'un même appel soit traité en premier niveau dans une plateforme au Maroc puis rerouté en temps réel vers un niveau 2 en France. Ce type de processus d'escalade permet de répondre à la fois à des objectifs de compétitivité grâce à un traitement partiel au Maroc, et également à des objectifs de qualité avec une intervention d'équipes en France à chaque fois que cela est nécessaire. Etant donné qu'il est difficile de traiter 100% des besoins au Maroc, le bon modèle consiste à s'orienter vers un partage intelligent de la valeur ajoutée. D'ailleurs, si des acteurs marocains ont fait le libre choix d'investir dans des plateformes de traitement en France, c'est bien cette filière offre un potentiel de croissance important en France également.
Avez-vous envisagé, au niveau de l'AMRC, une ouverture sur d'autres marchés notamment le marché anglo-saxon ? Et si c'est le cas, comment comptez-vous accompagner cette ouverture en termes de disponibilité de ressources humaines ?
Oui, très clairement, tout en sachant que la barrière de la langue est déterminante dans nos métiers et que le Maroc n'est pas perçu comme une destination naturelle pour les entreprises anglo-saxonnes comme l'Inde et les Philippines qui représentent actuellement le premier marché en Asie. La langue française qui a fait notre force constitue également aujourd'hui notre principale limite pour pénétrer de nouveaux marchés. Les initiatives visant à développer les compétences linguistiques de nos jeunes générations ne pourraient de toute façon pas être visibles à court terme. Le marché hispanophone pourrait également être porteur en présentant une alternative nearshore crédible par rapport à l'offshore sud américain, mais là encore, le développement sera limité à court terme en raison de la conjoncture très difficile en Espagne ayant forcé les outsourceurs espagnols à réduire leurs prix, rendant l'écart avec l'offre marocaine moins attractif.
En marge de votre rencontre avec Montebourg, ce dernier vous a proposé de lui rendre des recommandations pour un meilleur partenariat entre la France et le Maroc. Pourrais-t-on avoir une idée des pistes sur lesquelles vous allez insister et développer ?
L'idée principale est de travailler ensemble ce qui peut faire croître le marché dans sa globalité et générer de l'emploi dans les deux pays, en développant notamment une culture plus importante des services à distance dans une logique de valeur ajoutée pour le client final, en s'inspirant du modèle anglo saxon. En France, les centres d'appels sont encore trop souvent perçus comme des centres de coût et des leviers de création de valeur pour l'entreprise et ses clients. Le Royaume-Uni emploie plus d'un million de personnes dans cette filière contre 270 000 en France. Il y a donc encore un potentiel de croissance très important et non suffisamment exploré pour le marché francophone qui pourrait bénéficier à l'ensemble de la filière, quelque soit les implantations aussi bien au Maroc qu'en France.
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