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4 générations de femmes marocaines racontent leur histoire
Publié dans Le Soir Echos le 08 - 03 - 2013

Fatima, fonctionnaire à la retraite, née dans les années 1940
Enfant, j'ai eu une éducation stricte. Ma mère était très sévère. Quand j'étais en retard de quelques minutes en revenant d'une course, je pouvais me faire gronder sévèrement. Dans la famille, il ne nous était pas permis de participer aux discussions familiales, ni même d'y assister. J'ai arrêté les études à l'âge de 15 ans pour me marier. Par la suite, j'ai été fonctionnaire à la préfecture. À l'âge de 21 ans, j'ai voulu divorcer, ce qui n'était pas évident dans les armées 1960, contrairement à maintenant. Cela m'a pris près de deux ans pour divorcer, à cause des procédures et des pressions familiales. J'ai vécu pendant un an avec mes filles chez mes parents, jusqu'à ce que je me remarie et là mes filles ont dû retourner chez leur père. Une femme divorcée est souvent mal vue par la société mais étant donné que je me suis remariée un an après mon divorce, cela ne m'a pas porté préjudice. Sa perception des autres générations J'ai éduqué mes filles de la même façon que ma mère l'avait fait, à une différence près. A partir de 18 ans, je leur ai donné plus de libertés tout en continuant à les surveiller. Je trouve que la nouvelle génération est beaucoup plus capricieuse et moins dégourdie. Il faut les sortir souvent, les inscrire dans des activités sportives et artistiques. Ce n'est plus comme avant. À l'époque j'emmenais mes enfants au cinéma régulièrement mais aujourd'hui il y a beaucoup plus d'exigences de la part des enfants.
Sabah, directrice financière, née dans les années 1950
J'ai eu une éducation beaucoup moins stricte que celle de ma mère. Née du second mariage de ma mère, je n'ai pas grandi avec elle. Je ne la voyais que les week-ends. De ce fait, elle n'avait pas le temps d'être sévère avec nous. J'ai étudié dans une école mixte où j'ai reçu une éducation moins stricte par rapport à l'époque. Adolescente, j'avais le droit de sortir avec mes amis, mais jamais le soir. Nous allions en boîte. Elles ouvraient l'après-midi pour les jeunes. On portait aussi des mini-jupes et des maillots de bains à la plage sans problème, ce qui n'est plus réellement le cas aujourd'hui. J'ai toujours fait mes propres choix, et c'est ce que j'ai appris à mes filles également. J'ai connu mon mari à 17 ans et nous nous sommes mariés deux ans après.
Sa perception des autres générations
J'ai trois filles et je les ai toutes éduquées afin qu'elles puissent faire leurs propres choix et à les assumer par la suite. Nous leur faisions confiance. En ce qui concerne cette nouvelle génération, je trouve que celle des années 2000 est beaucoup moins responsable et plus dépendante des parents. D'ailleurs, je sens cette différence entre mes filles aînées et ma cadette de 13 ans, et puis, les circonstances actuelles sont différentes. La société est de plus en plus conservatrice, mais au final, tout dépend de la force de caractère de chacune.
Yasmine, co-gérante d'une agence de logistique événementielle, née dans les années 1980
À l'adolescence j'avais très peu de libertés, mais cela a changé après avoir obtenu le bac. À 17 ans, j'avais désormais le droit de sortir le soir avec mes amis. Puis petit à petit, avec mon premier boulot, j'ai pu voyager avec mes amis sans mes parents. Je voyageais avec mon fiancé, sans mentir à mes parents. Ils ont bien pris la chose parce que j'étais franche. Je sais que certaines libertés que j'avais sont peu communes, surtout il y a 10 ans, mais ma relation avec mes parents était fondée sur la confiance. J'ai toujours fait mes propres choix, mes parents m'ont éduqué ainsi. Tant que j'assume mes choix, ils les respectent. Aux yeux de la génération de ma grand-mère par contre, c'est différent : le regard des autres est important. Mais j'ai toujours rejeté cette idée.
Sa perception des autres générations
Je ne pense pas qu'on puisse faire un schéma de l'évolution de la place de la femme dans la société, principalement parce que cela dépend des milieux.
J'ai peur pour ma fille car la société est de plus en plus conservatrice, malgré les impressions de façade. Lorsqu'on est enfant, on dit qu'on ne va pas faire les mêmes erreurs que nos parents et être plus tolérants et indulgents avec nos enfants, mais tout change lorsqu'on devient nous-mêmes parents, on prend plus de recul. J'aimerais bien que ma fille fasse ses propres choix mais tout dépendra de sa force de caractère et de sa franchise. J'ai toujours été sincère avec mes parents, et j'attends de ma fille la même chose, mais en tout cas ce ne sera que lorsqu'elle sera majeure. Ce qui est sûr c'est que nous n'étions pas aussi exigeants que la nouvelle génération.
Pour ce qui est des générations précédentes, je ne sais pas vraiment comment c'était. Notre génération est critiquée parce qu'elle serait plus libérée mais en discutant avec mes grandes-tantes, j'apprends qu'elles portaient des mini-jupes lorsqu'elles étaient jeunes et que cela ne posait aucun problème..
Inès, écolière au CM1, née dans les années 2000
Je veux avoir plus de liberté que ma mère lorsqu'elle était jeune. Je sais que si je suis digne de confiance, j'aurais droit à plus de liberté alors je ne vais jamais mentir. Pour l'instant, je n'aime pas avoir des adultes sur le dos, mais je sais que je dois attendre d'avoir 18 ans pour pouvoir réclamer plus de liberté.
Sa perception des autres générations
Je ne sais pas vraiment comment c'était à l'époque de mon arrière-grand-mère, mais je sais que ça a changé en mieux..


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