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Au Bonheur Des Dames
Publié dans Le Soir Echos le 18 - 03 - 2013

Essaouira, Bamako, Marrakech, Cotonou, quel artiste n'a pas rêvé à ces villes aux noms enchanteurs ? C'est cette géographie du sud que nombre de peintres ont exploré au cœur des différentes capitales africaines afin qu'elles soient ainsi évocatrices d'art. Un art qui prend vie au rythme du quotidien et qui s'inscrit dans la rumeur de la rue ou des espaces clos pour révéler un autre visage : celui de la création en mouvement. Une spirale, insufflée par la vie, la nature, l'humain. Découvrir l'exposition « Traces de femmes : ici et demain » en temps réel, invite au spectacle, à toucher du doigt la sensibilité, à approcher l'intimité des œuvres qui défilent sous votre regard. Surtout lorsque cette rencontre picturale réunit des destins de femmes au parcours atypique, aux œuvres tournées vers l'Afrique et l'Europe. Née d'une quête d'échanges et d'une riche expérience artistique, lors d'une résidence qui s'est tenue à Ifitry, près d'Essaouira, l'exposition « Traces de femmes, ici et demain » propose un dialogue qui s'inspire des différents états vécus par la femme ainsi que des problématiques auxquelles, elle doit souvent faire face. Valse dictée par la remise en question du vécu imposé, le sens des rites de la tradition, le rapport à l'autre et avec soi-même, les représentations du corps et de la jouissance, l'implication éthique et politique dans la société contemporaine. Cette exposition inédite, présentée à la Villa des Arts de Casablanca, met en lumière les œuvres de Malika Agueznay (Maroc), Dalila Alaoui (Maroc), Sandra Ancelot (France), Clara Carvajal (Espagne), Pélagie Gbaguidi (Bénin/Belgique), Michèle Magéma (R.D. du Congo/France), Ingrid Mwangi Robert Hutter (Kenya/Allemagne), Khadija Tnana (Maroc), Monia Touiss (Maroc/Espagne), Marina Vargas (Espagne). Selon Mustapha Romli, Michèle Desmotte et Landry-Wilfrid Miampika, initiateurs de ce projet, cette résidence à Ifitry est le fruit « d'un séjour qui a été un véritable laboratoire de partage et d'échanges fructueux autour de la création et ses liens avec la question féminine. Les résultats de cette résidence, jalonnés de pièces pleines d'originalité, montrent d'une artiste à l'autre, un éventail de styles, de modalités formelles qui singularisent le travail de chacune ».
On sait les femmes de la Méditerranée toujours réunies, telle de jeunes louves en meute dans une profonde intimité en nourricières qui chantent la vie, et mères, ou veuves qui pleurent la disparition. Aussi, ce pure moment d'art, rappelant l'histoire de ces œuvres d'exception incarne notamment la voix de ces artistes qui disent à leur façon les destins de leurs expressions multiples se déclinant tour à tour par la peinture, la photographie, la vidéo-installation, la sculpture, et les performances.
Paroles de femmes
Pour Sandra Ancelot, l'invitation à vivre cette résidence a été particulièrement forte car, « je nais, mais je ne suis pas forcément. Je pense à ma Femme première, celle qui m'a fondée depuis des générations, issue de la «lignée mère». Je pense aux maisons que ces femmes ont habitées ou construites. Ce sont des femmes muettes dans des maisons silencieuses. La maison gronde, les murs tremblent ». Elle poursuit, « je pense immédiatement à toutes mes sœurs, mes mères, mes filles, toutes cultures confondues. Elles sont sans voix, dans leurs maisons qui vrombissent en silence. Quand je parle de femmes premières, il s'agit de celles que l'on reçoit en naissant et qui se conjuguent avec celle que l'on est. La mémoire de nos ancêtres femmes nous habite et oriente notre inscription au monde. De cet héritage, j'ai reçu l'effacement, la résistance. J'exprime l'héritage que je peux mettre au monde, les autres restent sous le voile de la pudeur et vivent dans la poétique de ma pratique artistique. Du mutisme, naît ma dyslexie qui participe du même geste de soustraction au monde et de confusion à la parole. Je répète des gestes domestiques. Je perpétue les rêves de mes aïeules ».
Lors de cette résidence, Sandra Ancelot a de plus, proposé aux artistes du projet de participer à une performance. Raisons qui ont motivé ce choix ? « Ces notions extérieures à la matérialité du corps et à la mémoire du corps sont propriétés d'une nouvelle temporalité : le futur. Elles s'opèrent par le biais de passages, de transferts rituels ainsi qu'à travers des objets de transferts. Ma jupe de mariée est un objet de transfert, elle permet le passage du rêve à la réalité de ce rêve. La jupe a le rose des fleurs, des foulards des campagnes balkaniques; le rose des foulards de l'Atlas. C'est le rose des petites filles qui infuse leurs rêves de mariées et de princesses. C'est un rose chair de femme. La jupe est aussi un abri, une maison-mère, un lieu de refuge. Cette jupe est réellement ma robe de mariée, elle est empreinte de mon histoire.
Lors de mes performances, ce personnage tente de s'extraire du monde sensible par la mécanique de la course, de sauts, par l'emprunt d'objets volants. Les voiles s'actionnent comme des ailes et propulsent. C'est une mise en orbite réelle et symbolique ».
« Traces de Femmes : Ici et demain », met en scène des œuvres dans leur créativité diffuse, d'une beauté criante comme l'intimité et la dignité de ces auteures.
« Traces de femmes : ici et demain » Du 15 au 25 mars 2013 à la Villa des Arts de Casablanca.


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