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Les femmes enceintes prennent encore trop de médicaments
Publié dans Libération le 24 - 08 - 2019

Prendre un médicament pendant la grossesse n'est jamais anodin. Tout le monde a encore à l'esprit l'affaire du Distilbène. Ce médicament, prescrit aux femmes enceintes jusqu'en 1977 afin de limiter le nombre de fausses couches, a provoqué des malformations génitales chez leurs enfants, mais aussi leurs petits-enfants. Désormais, la prudence est maximale. Pourtant, selon une étude franco-canadienne publiée en juillet dans la revue Plos One, les femmes enceintes sont toujours nombreuses à consommer trop de médicaments en France.
Grâce aux données anonymisées de la sécurité sociale, plus de 36.000 grossesses menées à terme entre 2010 et 2013 ont pu être analysées. Conclusion: neuf femmes enceintes sur dix ont pris des médicaments, trois prescriptions en moyenne. Entre 19% et 30% d'entre elles étaient traitées pour une dépression, 11% à 15% pour de l'asthme, 1% à 8% pour un diabète et le reste pour de l'hypertension. Des chiffres plus élevés que dans d'autres pays, qui reflètent une tendance générale à la surconsommation de médicaments en France.
«Nous sommes très préoccupés par le fort taux de médication des femmes enceintes», indique Dominique Martin, directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). «Ces chiffres élevés sont inquiétants car si pour certains médicaments, nous connaissons les risques, pour d'autres non», poursuit le Dr Sylvain Bouquet, médecin généraliste et membre du groupe de travail «Reproduction, grossesse et allaitement» à l'ANSM.
En effet, «depuis 1964, les femmes enceintes, considérées comme personnes vulnérables, ne peuvent généralement être incluses dans les cohortes sur lesquelles sont testés les médicaments avant leur autorisation de mise sur le marché», explique Dominique Martin. «Avant d'autoriser la mise en vente d'un médicament, des études sont effectuées sur des femelles animales enceintes. A minima, deux modèles animaux sont utilisés, un rongeur et une autre famille d'espèce», précise-t-il.
Malgré cela, des effets indésirables peuvent se manifester après la commercialisation du médicament, comme ce fut le cas avec le Distilbène et la Dépakine. «Chez les femmes enceintes, on identifie souvent des problèmes dans la population après la commercialisation des médicaments. Ce n'est qu'après que nous identifions le mécanisme d'action sur le bébé ou la maman, mais nous en sommes encore à l'âge de pierre dans ce domaine», déplore le Pr Anick Bérard, épidémiologiste à l'hôpital de Sainte-Justine (Canada) et auteur principale de l'étude.
«Une fois qu'un médicament est commercialisé, nous restons vigilants. A l'Agence du médicament, une cellule composée de scientifiques, médecins et pharmaciens est dédiée aux risques liés à la prise de médicaments chez les femmes enceintes et effectue des analyses», précise encore son directeur.
Des interdictions abusives
Dans le doute, faudrait-il tout interdire? En France, un système de pictogramme permet de signaler les médicaments dangereux. Mais en pratique, il est mal utilisé. «Une quinzaine de substances sont tératogènes chez l'humain (provoquent des malformations chez le fœtus, NDLR) et une quarantaine sont foetotoxiques, ce qui représente environ 10% des spécialités sur le marché», souligne le Centre de référence sur les Agents Tératogènes, qui recense sur son site tous les médicaments dangereux pour la femme enceinte. «Seules ces spécialités devraient disposer d'un pictogramme pour attirer l'attention des professionnels de santé et des patientes en raison de leur effet nocif avéré chez l'humain. Or, environ 60 à 70 % des spécialités vont se voir apposer un pictogramme ''Interdit'' ou ''Danger''».
«Certaines femmes, en voyant le pictogramme de la femme enceinte barrée sur leurs médicaments, arrêtent des traitements dont elles ont impérativement besoin. Cela peut mettre en danger leur vie et la poursuite de leur grossesse», s'alarme le Dr Sylvain Bouquet. En effet, même pendant la grossesse, certaines maladies nécessitent de ne pas interrompre le traitement. «Il peut y avoir des risques à ne pas traiter la maladie, pour la mère comme pour l'enfant», souligne le Pr Bérard. Dans le cas d'une dépression, par exemple, l'arrêt des traitements peut provoquer une décompression de la maladie pouvant avoir de graves conséquences.
L'automédication n'est pas sans risque
Alors comment s'y retrouver? «Les médecins et les patientes doivent être dans le dialogue permanent: les médecins devraient informer des risques et limiter au maximum les prescriptions sans mettre en danger la femme», estime le Dr Bouquet. «Durant la grossesse, il faut accepter certains symptômes, parfois désagréables, afin de limiter les risques pour l'enfant, sans pour autant mettre en danger sa santé. C'est une question de balance bénéfice-risque.»
Surtout, cette période particulière nécessite d'éviter l'automédication, c'est-à-dire de ne pas arrêter, modifier ou commencer un traitement sans avis médical. «Certains produits de large consommation et facilement accessibles comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent être dangereux (Ibuprofène, Nurofen par exemple, NDLR)», signale Dominique Martin. «Après le sixième mois de grossesse, ils peuvent notamment provoquer des effets rénaux ou cardio-pulmonaires chez le futur enfant».
Les traitements réputés «naturels» ne sont pas en reste: «Nous déconseillons l'utilisation d'huiles essentielles pendant la grossesse, certaines peuvent être dangereuses pour la mère comme pour l'enfant (armoise, absinthe, sauge officinale...)», insiste-t-il.


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