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L'université marocaine, quel avenir ?
Publié dans Libération le 15 - 01 - 2009

«La réforme de l'université » , étant entendu que la réforme du système sera soumise à une évaluation impartiale et continue. Nous attendons donc de notre gouvernement de prévoir, dans le budget de l'Etat, les crédits nécessaires à la mise en œuvre des dispositions de la charte »'. Extrait du Discours du Trône (lundi 30 juillet 2001).
Dix années déjà écoulées après l'adoption de la Charte de l'éducation de la formation et de la réforme de l'enseignement supérieur. Des dysfonctionnements et l'isolement sont les deux grands maux qui rongent la majorité des universités marocaines aujourd'hui. Les dysfonctionnements se manifestent par une mauvaise gestion des ressources allouées aux universités et par le non-respect des normes pédagogiques prévues dans le système LMD (licence, master, doctorat). Quant à l'isolement, il s'agit du fait que les universités sont en général complètement déconnectées de leur environnement et de la société. Cette situation pousse plusieurs acteurs à remettre en question la mission même de l'université marocaine et à douter de l'efficacité de ses activités.
Les statistiques alarmantes et les rapports des organisations internationales classent notre pays en queue des nations en matière d'enseignement. L'Etat marocain avoue aujourd'hui qu'il s'agit d'une véritable crise, tout en évoquant l'évolution et la progression de la réforme universitaire. Une réforme jugée superficielle et futile par nombre d'observateurs. D'autres croient à la nécessité de réformer cette réforme !! Il suffit au lecteur de se référer aux multiples analyses, recherches, témoignages et observations d'enseignants et de chercheurs sur le terrain, pour se rendre compte de l'indigence de l'enseignement et des formations dispensées. Ces constatations sont nettement visibles via un regard sur l'état actuel de nos universités, en pleine dégradation. Malheureusement, c'est une vérité qu'on ne peut nier, notre système éducatif, notamment celui de l'enseignement supérieur dont nous sommes praticiens et acteurs, est dans un état critique. Les crises s'accentuent d'année en année sans arrêt.
Malgré de nombreuses ‘'retouches'' apportées à l'université marocaine, ce secteur vital pour la nation souffre toujours dans sa globalité de nombreux problèmes liés à la gestion et à la formation. Pour ce qui est de la gestion et malgré les mesures nouvelles structurelles fondamentales au niveau administratif et les slogans qui l'accompagnent : transparence, bonne gouvernance, égalité des chances, compétitivité, des critères à la base des nominations d'une bonne partie des responsables de ce secteur: le clientélisme, l'allégeance, le copinage et le népotisme, persistent toujours. Ainsi de nouveaux procédés et habitudes nuisibles, sont apparus dans l'enceinte de l'université et qui n'ont rien à voir avec l'université et les universitaires. Qu'attendons-nous d'une société dont les universités sont ainsi gérées ? Universités qui devraient en principe être un modèle pour le reste de la société. Il est difficile d'imaginer une société arriérée dotée d'une université forte ou vice-versa.
Pour ce qui est de la formation qui est la raison d'être essentielle de ces établissements, le non-respect des normes académiques prévues par le système LMD en matière d'encadrement, de qualité et d'évaluation, sont les principales anomalies qui nuisent à la formation, bien entendu que le niveau d'un établissement universitaire ne tient pas au nombre d'étudiants, de chaises, de tables, bref, de places pédagogiques, comme c'est le cas actuellement pour certaines facultés. Il se mesure plutôt par la qualité et la diversité de l'enseignement dispensé, du savoir et des connaissances produites et sur des normes académiques et les techniques d'enseignement et de recherche éprouvées. Les règles et les méthodes en cours relèvent malheureusement plus du ‘'dépannage ‘' ou du ‘' bricolage ‘' que d'approches pédagogiques rigoureuses.
Autre phénomène grave, la majorité des établissements supérieurs sont en permanence désertés par le corps enseignant et même par certains responsables !!!, ce phénomène est plus aigu dans les provinces excentrées. Ajouté à ceci le fait que la majorité des étudiants sont souvent déboussolés et considèrent l'université comme un passe-temps. Tout cela a transformé nombre de nos établissements en ‘'cadavres'' qui attendent leurs funérailles. Notre devoir moral et éthique en tant qu'enseignants, mais aussi nos droits de citoyens, ne sont-ils pas justement d'apporter des critiques objectives, constructives, pour dénoncer les anomalies et les aberrations afin de mieux les combattre et ainsi rendre plus efficientes la formation et la gestion des ressources humaines et matérielles de nos établissements ?
Une bonne université est en fait, le garant de l'avenir de la nation. En plus de sa mission essentielle de dispenser le savoir, l'université doit rayonner sur la région où elle est implantée et sur le pays en entier. Elle doit engager les grands débats sur ce que sera le Maroc de demain et ce qu'elle deviendra elle-même dans les années à venir. Elle doit anticiper les problèmes scientifiques, techniques et sociaux et être à l'écoute du tempo de la société. Elle doit également préparer le pays à engager les mutations nécessaires pour lui assurer sa place dans le monde en pleine mutation. L'université marocaine, au lieu de contribuer au développement et participer à la modernisation du pays, est considérée par certains, depuis l'indépendance comme une source de subversion qui devrait être réprimée. Dans les meilleures conditions, elle est regardée comme une gigantesque machine qui produit des armées de diplômés-chômeurs.
L'année écoulée (2008) fut marquée par l'élaboration du programme ‘'quinquennal d'urgence 2009-2012 ‘' pour la réforme du système éducatif national. Ce plan vise, selon ses concepteurs, à accélérer le rythme de l'application des dispositions de la Charte nationale d'éducation et de formation, pour assurer l'efficience du système éducatif national. Tout le monde reconnaît pourtant que le problème n'est pas dans la réforme en tant que texte, mais plutôt dans sa matérialisation sur le terrain.
C'est ainsi que des questions demeurent posées sur le meilleur moyen de mettre effectivement en application ce nouveau programme. Enfin, nous souhaitons attirer l'attention sur le fait que ce projet qui aurait dû en principe faire l'objet d'un large débat et impliquer toute les composantes et les instances représentatives au sein de tous les établissements, est passé inaperçu dans la plupart des universités. Chose qui nous pousse à poser la question suivante : Quel sera encore le sort de ce programme ?
* Faculté des Sciences et Techniques Errachidia.


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