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Le paradoxe marocain : une sélection mondiale, des clubs à la traîne
Publié dans Lions De l'Atlas le 04 - 06 - 2025


Supporters marocains durant le Mondial 2022
Le paradoxe marocain : une sélection mondiale, des clubs à la traîne ! Depuis son parcours historique lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, la sélection nationale du Maroc s'est installée dans l'élite du football mondial. Classés actuellement à la 12e place au classement FIFA, les Lions de l'Atlas figurent dans le Top 15 mondial depuis maintenant plus de deux ans, aux côtés des grandes nations du football.
Une performance remarquable, fruit d'un projet structuré de la FRMF, d'un encadrement de haut niveau et d'un vivier de joueurs binationaux formés et évoluant dans les plus grands championnats européens.
Mais à l'autre extrémité de l'échiquier, le constat est tout autre lorsqu'il s'agit du football local. Le championnat marocain, la Botola Pro, peine à exister sur la scène internationale. Aucun club marocain ne figure dans le Top 100 mondial selon le classement établi par l'IFFHS (Fédération internationale de l'histoire et des statistiques du football) début mai 2025.
La Renaissance Sportive de Berkane, pourtant vainqueur de la dernière Coupe de la Confédération africaine, n'apparaît qu'à la 128e place. L'AS FAR occupe la 146e position, tandis que le Raja de Casablanca pointe à la 163e.
Fait encore plus surprenant : le Wydad de Casablanca, unique représentant du Maroc lors de la dernière Coupe du Monde des Clubs, ne figure même pas dans le Top 500.
Une fracture structurelle entre élite et base
Cette contradiction s'explique par plusieurs facteurs. D'un côté, la sélection nationale bénéficie d'une large base de joueurs formés à l'étranger, principalement en Europe, où les standards techniques, tactiques et physiques sont plus élevés. Achraf Hakimi, Eliesse Ben Seghir, Bilal El Khannouss ou encore Brahim Diaz sont autant d'exemples de talents binationaux qui ont choisi de défendre les couleurs du Maroc, tout en ayant bénéficié d'un développement dans des structures professionnelles de premier ordre.
De l'autre, les clubs marocains souffrent encore d'un retard en matière d'organisation, d'infrastructures, de professionnalisation et de gestion sportive. Si la FRMF a investi massivement dans les centres de formation, comme le prestigieux Complexe Mohammed VI à Maâmora, les clubs locaux tardent à capitaliser sur ces avancées. Le manque de compétitivité continentale régulière, l'instabilité technique et administrative, ainsi que les départs précoces des jeunes talents vers l'Europe affaiblissent leur capacité à briller durablement sur la scène internationale.
Des clubs formateurs mais pas encore performants
Ironiquement, nombre de joueurs internationaux marocains actuels ont été détectés ou repérés dans les clubs locaux avant de s'envoler très tôt vers l'Europe. La Botola joue donc souvent un rôle de tremplin, sans avoir les moyens ni les structures pour conserver ses meilleurs éléments ou développer une identité de jeu capable de rivaliser avec les clubs africains ou mondiaux de premier plan.
Le contraste entre la sélection, vitrine internationale du Maroc, et ses clubs, encore cantonnés à des performances régionales, illustre l'un des grands défis du football marocain : réussir à hisser la Botola Pro au niveau de la dynamique impulsée par l'équipe nationale. Cela passe par un travail de fond sur la formation locale, la gouvernance des clubs, les infrastructures, et surtout la compétitivité sur le long terme.


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