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Entretien Aziz Bouslamti: » Seule une aide soutenue des autorités publiques nous permettra de continuer d'exister »
Publié dans L'observateur du Maroc le 15 - 02 - 2021

Aziz Bouslamti, président du Groupement Professionnel des Prestataires de l'Evénementiel au Maroc (GPPEM)
2020 a été une hécatombe pour le secteur de l'événementiel. Une étude publiée récemment fait état d'une situation catastrophique pour les professionnels. Un appel est donc lancé au gouvernement pour éviter le pire. Explications de Aziz Bouslamti, président du Groupement Professionnel des Prestataires de l'Evénementiel au Maroc (GPPEM)
L'Observateur.info : Quel est l'état des lieux actuel du secteur de l'événementiel au Maroc et quelles perspectives de relance pour 2021?
Aziz Bouslamti : Nous savions que la situation du secteur de l'industrie de l'événementiel était catastrophique. Mais afin de le prouver concrètement le GPPEM a mandaté le Cabinet VQ pour la réalisation d'une étude. Les résultats font ressortir une situation de grave crise qui dure depuis près d'une année et qui risque de durer encore quelques mois si rien n'est fait.
Justement, le GPPEM a réalisé une étude pour mesurer l'impact de la crise sanitaire sur le secteur. Quels en sont les principaux résultats ?
D'abord nous savons aujourd'hui que l'industrie de l'événementiel est la plus touchée et la plus impactée de tous les secteurs, par la crise engendrée par la pandémie Covid-19. Ainsi, 93,5% des opérateurs estiment qu'il s'agit de la pire conjoncture qu'ils n'aient jamais connue puisque que cela s'est traduit par une baisse de leur chiffre d'affaire de plus de 75%. Certaines entreprises du secteur ont eu recours aux crédits bancaires, Damane Oxygène pour 30% et Damane Relance pour 20%, et aux aides de l'état. Néanmoins, 63% des sondés les estiment insuffisantes et non régulières. Il ressort de ces chiffres qu'une bonne partie des acteurs de l'événementiel ont privilégié les recours « domestiques » pour renflouer leurs trésoreries (aide familiale et amis, outre la vente de biens immobiliers et mobiliers).
Y-a t-il eu des licenciements dans le secteur et des fermetures des entreprises ?
Il ressort de l'étude que 35% des entreprises du secteur de l'industrie de l'événementiel ont fermé et 23,5% des opérateurs ont mis en vente une partie ou l'ensemble de leurs biens. Ils ont aussi dû subir le règlement de différends à l'amiable, (60% des litiges), pour éviter les procédures judiciaires longues et onéreuses. Concernant les licenciements, 26% des entreprises sondées ont appliqué une baisse de plus de 50%, des effectifs permanents. Ces taux risquent d'augmenter.
Qu'en est-il des freelances du secteur ?
Le GPPEM est conscient que les indépendants (freelances) sont des plus impactés du secteur. D'ailleurs dès le début de la crise nous avons demandé aux opérateurs de soutenir cette communauté tellement importante pour le secteur, mais tellement fragile. Ainsi l'étude nous informe que 51% des entreprises sondées ont appliqué une baisse de +50%, des indépendants. 69% ont procédé à des coupes budgétaires dans le poste relatif aux freelances. Ceux qui disposent d'un statut juridique/fiscal ont pu bénéficier des aides proposées dans le contrat cadre signé lors de la 10ème réunion du CVE.
Que préconise le GPPEM pour sauver ce qui reste à sauver ?
D'abord il faut préciser que près de 60% des opérateurs sondés n'ont aucune visibilité commerciale pour 2021, et les 40% restants ont des promesses qui ne seront pas tenues si l'autorisation de reprise des rassemblements n'est pas accordée par les autorités publiques. L'étude du GPPEM a également identifié les attentes des opérateurs du secteur de l'industrie de l'événementiel, qui pensent que seule une aide soutenue des autorités publiques leur permettra de se maintenir.
Pour ce faire, le GPPEM propose le renforcement des aides aux salariés selon l'échelle des salaires, le cadre et la compétence. Il faudra une exonération totale des charges fiscales et sociales pour les exercices 2020/2021, un report des échéances bancaires de 2020 et 2021 sans intérêts et l'octroi de crédits sans intérêts pour les entreprises du secteur qui en auront recours durant les prochains mois. Néanmoins, la solution idoine est la reprise de l'organisation d'événements en présentiel
Quand pourra-t-on parler d'une réelle reprise du secteur et un retour au même niveau que celui de 2019 ?
Au niveau international, on annonce que si l'événementiel présentiel ne reprend pas au plus vite, le retour à la normale n'est envisagé qu'en 2023. Car les grands événements nécessitent des délais de préparation de plus d'une année. Au Maroc, sans autorisation des rassemblements, comme celle qui a été accordée aux cafés/restaurants, centre commerciaux... la reprise n'est point envisageable. D'un autre côté, le lancement de la campagne nationale de vaccination par Sa Majesté le Roi Mohammed VI nous a redonné espoir. Nous espérons terme que la vie reprendra son rythme habituel. Mais bien qu'elle ait pour objectif de déboucher sur l'immunité collective, elle nécessite du temps. Et le temps est un luxe que les opérateurs du secteur de l'industrie de l'événementiel ne peuvent plus se permettre.
Quels enseignements à tirer de cette crise ?
La crise nous a démontré que seuls les secteurs structurés peuvent bénéficier d'un grand soutien de la part des autorités publiques. D'ailleurs nous nous sommes attelés à trouver des solutions au secteur dès fin février 2020. Le contrat cadre signé est le résultat de mois de travail de la commission de veille du GPPEM. Aujourd'hui le GPPEM a décidé de travailler en étroite collaboration avec notre ministère de tutelle, celui de l'industrie, pour l'élaboration d'un plan d'actions qui devra mener à la restructuration du secteur de l'industrie de l'événementiel. Nous ne sommes pas à l'abri d'une autre crise, il faut disposer de tous les outils qui nous permettraient de mieux réagir pour soutenir le secteur le cas échéant.


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