Invité de l'émission YES WE CAN, en marge de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 organisée au Maroc, Alassane N'Dour, ancien international sénégalais, qualifie cette édition continentale de tournant pour le football africain. Depuis Rabat, où il a suivi plusieurs rencontres, l'ancien Lion de la Teranga insiste d'abord sur un élément central : la qualité des infrastructures. « Cette CAN est différente, principalement grâce aux conditions offertes aux équipes », observe-t-il. Camps de base dédiés, terrains d'entraînement modernes, stades aux standards internationaux : autant de facteurs qui, selon lui, ont un impact direct sur le niveau de jeu et la fluidité des matchs. Des infrastructures qui changent le jeu Pour Alassane N'Dour, la stabilité logistique accordée aux sélections constitue une avancée majeure. « Les équipes ne sont plus contraintes de se déplacer constamment. Elles travaillent dans la continuité, dans des environnements adaptés, ce qui favorise la concentration et la performance », explique-t-il. Résultat : un football plus technique, plus rythmé, et des rencontres plus ouvertes, marquées par une hausse du nombre d'occasions et de buts. Il souligne également que ces conditions rapprochent la CAN des standards des grandes compétitions internationales, notamment européennes. « Les joueurs évoluent sur des pelouses comparables à celles qu'ils connaissent en club. Ils ne sont pas dépaysés », note-t-il. Une CAN devenue vitrine mondiale Au-delà du terrain, Alassane N'Dour observe une évolution plus large : la visibilité croissante de la CAN sur la scène internationale. « Aujourd'hui, la Coupe d'Afrique attire les regards de l'Europe, de l'Amérique et d'ailleurs. Elle n'est plus seulement un rendez-vous africain », affirme-t-il. La présence de stars évoluant dans les plus grands championnats européens contribue, selon lui, à repositionner durablement la compétition dans le paysage du football mondial. Cette exposition accrue renforce également la dimension économique de l'événement. Sponsoring, droits médias, attractivité touristique : « La CAN est devenue une industrie à part entière », résume l'ancien international, estimant que le continent n'exploite encore qu'une partie de ce potentiel. Le Maroc, une référence organisationnelle Interrogé sur le rôle du pays hôte, Alassane N'Dour considère que le Maroc a placé la barre très haut. « Cette édition peut clairement servir de référence pour les prochaines CAN », affirme-t-il, tout en reconnaissant que reproduire un tel niveau d'organisation représentera un défi pour de futurs pays organisateurs. Selon lui, le Royaume démontre surtout qu'un événement continental peut être pensé dans une logique de long terme : infrastructures pérennes, formation, professionnalisation des métiers du sport et amélioration de l'expérience des équipes comme des supporters. Enfin, Alassane N'Dour insiste sur la responsabilité des anciens joueurs dans cette phase de transformation. « Notre rôle, c'est la transmission », rappelle-t-il, appelant à accompagner la jeune génération, non seulement sur le plan sportif, mais aussi dans la compréhension des enjeux économiques et professionnels du football moderne. Son constat est clair : la CAN 2025 ne se limite pas à une compétition réussie. Elle révèle un football africain plus structuré, plus visible et plus ambitieux. Reste désormais, selon lui, à transformer cet élan en stratégie durable pour que le continent tire pleinement profit de son immense vivier de talents.