Dans un contexte marqué par la pression climatique, la volatilité des marchés agricoles et l'impératif de souveraineté alimentaire, le Maroc mise sur l'intelligence collective. Le ministère de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, le ministère de l'Economie et des Finances, la Fondation OCP et l'Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) ont officialisé un accord de partenariat d'envergure visant à accompagner l'évolution structurelle de l'agriculture marocaine. Cette alliance traduit une volonté commune de rapprocher l'action publique de l'écosystème scientifique et technologique national. S'inscrivant pleinement dans la continuité des Hautes Orientations Royales et dans le cadre de la stratégie « Génération Green 2020-2030 », ce partenariat ambitionne de faire de la recherche, de l'innovation et du développement des compétences des leviers centraux d'une agriculture durable, inclusive et adaptée aux réalités économiques, sociales et environnementales du pays. Il s'agit aussi de renforcer l'efficacité des politiques publiques agricoles par une mobilisation accrue des avancées scientifiques et technologiques développées au Maroc. Souveraineté alimentaire La convention-cadre signée fixe un cap clair : consolider la souveraineté alimentaire du Royaume tout en renforçant la résilience des agriculteurs face au changement climatique. Plusieurs axes d'intervention complémentaires structurent cette coopération. Le premier concerne la santé des sols, avec un effort particulier sur l'adaptation raisonnée des pratiques de fertilisation aux besoins réels des cultures, afin d'améliorer durablement les rendements tout en préservant les ressources naturelles. Le partenariat accorde également une place centrale au renforcement des capacités des acteurs agricoles, à travers des actions de terrain, l'accompagnement technique, la mise à disposition de moyens de production et le développement de dispositifs de formation adaptés. Dans ce cadre, la collaboration s'appuiera sur les grandes institutions nationales de formation agricole, dont l'IAV Hassan II, l'ENA de Meknès, l'ENFI ou encore le CAES-UM6P, afin d'ancrer la montée en compétences dans les territoires. La résilience climatique constitue un autre pilier majeur de l'accord. Des programmes structurants seront soutenus, notamment le semis direct, l'agroforesterie, la réhabilitation des légumineuses, la création de fermes pilotes et la promotion d'une gestion durable et intégrée de l'eau. L'objectif est de proposer aux agriculteurs des solutions opérationnelles, accessibles et adaptées aux contraintes locales, en valorisant l'expertise nationale. Au cœur de cette dynamique, la science et la technologie jouent un rôle déterminant. Le partenariat prévoit le développement de nouveaux modèles de conseil agricole, l'intégration des outils numériques dans la mise en œuvre des politiques publiques et le soutien aux solutions AgriTech conçues au Maroc. Ces innovations devront répondre concrètement aux besoins du secteur et contribuer à une meilleure coordination entre les institutions autour d'un programme commun de recherche agronomique appliquée. Déclinée en conventions spécifiques d'une durée de trois à cinq ans, la coopération couvrira des thématiques stratégiques telles que la santé des sols, la gestion intégrée de l'eau, la formation agricole, la recherche appliquée et la coopération Sud-Sud. Chaque projet fera l'objet d'accords détaillant objectifs, livrables, calendriers, budgets et engagements respectifs. À travers cette initiative, les parties prenantes réaffirment leur engagement en faveur d'une agriculture marocaine plus innovante, plus inclusive et mieux armée face aux mutations à venir. Au-delà des frontières nationales, cette collaboration renforce également le positionnement du Maroc comme acteur clé de la coopération agricole Sud-Sud, en partageant son expérience et ses solutions avec d'autres pays du continent africain.