Inspirée par des affaires judiciaires bien réelles, l'histoire suit Hanane, une mère dont le bébé a été volé à la naissance. Obsédée par l'idée de le retrouver, elle infiltre le réseau responsable du trafic en se forgeant une nouvelle identité. Sous le nom de Maria, sage-femme, elle s'introduit dans un gang féminin qui opère dans un quartier populaire, avec un objectif : détruire le système de l'intérieur. Mais très vite, la série dépasse la mécanique du thriller. Ce que Hanane découvre n'est pas seulement un gang, mais les rouages d'une véritable industrie. Derrière les figures visibles se cache une organisation plus vaste, plus puissante, presque intouchable. Un thriller porté par des femmes L'un des partis pris majeurs de la série est d'avoir imaginé un réseau criminel entièrement féminin. À la tête du trafic, Chama, autoritaire et méthodique. Autour d'elle, Bouchra, Awatef, Amina, des femmes insérées dans le tissu social du quartier, à la fois invisibles et centrales dans un système redoutablement organisé. Ce choix narratif fort, pensé dès l'origine par l'équipe d'écriture, brouille les attentes et donne à la série une tonalité singulière. Ici, la violence est diffuse, souterraine, faite de pressions sociales, de manipulations et d'emprise. Le quartier lui-même devient un personnage à part entière : ses ruelles, ses commerces, ses lieux de passage structurent les alliances et les trahisons. Une écriture entre enquête et émotion Le trio de scénaristes composé par Basma El Hijri, Imane Azmi et Jawad Lahlou, a nourri la genèse du projet à partir d'affaires révélées dans la presse marocaine, notamment celle de Fès en 2024. Mais 3ech Tma3 n'est pas un reportage fictionnalisé. La série assume pleinement le passage du fait divers à la dramaturgie. Le réel a fourni la matière brute : la fiction explore l'intime, le coût humain, les dilemmes et les contradictions. La narration repose sur une double trajectoire : la quête intime d'une mère et la révélation progressive d'un système criminel structuré. L'information est distillée avec précision : le spectateur avance au même rythme que l'héroïne, partage ses doutes, ses erreurs et ses découvertes, dans une tension constante. Un casting d'envergure Pour incarner cette fresque sombre et vibrante, la série réunit un casting remarquable : Meryem Zaïmi, Saadia Ladib, Amine Ennaji, Mounia Lamkimel, Faty El Jaouhari, Bouthayna Elyaaqubi, Saad Mouaffak, Saadia Azgoun ou encore Ayoub Abounnasr. Sous la direction d'Ayoub Lahnoud, les comédiens donnent chair à des personnages complexes, jamais réduits à des archétypes. Victimes, complices, stratèges, mères, exécutantes : chacun évolue dans une zone grise où le bien et le mal ne sont jamais séparés par une ligne claire mais par un choix. Ancrée dans le réel sans didactisme, la série produite par Ali N' Prod, interroge les fractures sociales, les silences administratifs et les complicités invisibles. Plus qu'un thriller, c'est une plongée dans les visages derrière le crime : mères dépossédées, femmes prises dans leurs propres contradictions, quartiers où tout se sait mais rien ne se dit. Diffusée chaque soir à 19h30 sur Al Aoula pendant le Ramadan.