L'annonce a été faite le 1er mars, à l'occasion de la deuxième édition du Jazz with Jajja, un cadre d'échanges et de mentorat réunissant le chef de l'Etat et la jeunesse. L'initiative vise à organiser une activité encore largement informelle mais de plus en plus stratégique pour l'emploi des jeunes. Le financement sera déployé via une coopérative d'épargne et de crédit (SACCO), afin de faciliter l'accès aux ressources pour les créateurs regroupés en associations professionnelles. Influenceurs, vidéastes, podcasteurs et producteurs de contenus digitaux pourront ainsi investir dans leur matériel, professionnaliser leurs activités et améliorer leur rentabilité. Pour les autorités, la création de contenus dépasse désormais le simple cadre du divertissement. Elle représente un levier économique capable de promouvoir les entreprises locales, de stimuler la consommation nationale et de générer de nouvelles sources de revenus dans l'économie numérique. Les créateurs sont perçus comme des relais modernes du marketing et de la communication, capables d'influencer les comportements de marché grâce aux plateformes sociales. Un marché en forte croissance À l'échelle du continent, la création de contenus numériques connaît une expansion rapide. Selon les projections du cabinet Coherent Market Insights, le marché africain pourrait atteindre 5,1 milliards de dollars en 2025 et avoisiner 30 milliards d'ici 2032, avec un taux de croissance annuel estimé à près de 29 %. En mettant en place un mécanisme financier dédié, Kampala ambitionne de soutenir la professionnalisation du secteur et d'accroître sa contribution à la croissance économique nationale. Au-delà du financement, l'initiative pourrait favoriser l'émergence d'un écosystème plus structuré, intégrant formation, partenariats avec les marques et meilleure monétisation des contenus. Un défi d'inclusion numérique L'impact du programme dépendra toutefois de l'élargissement de l'accès à Internet et aux réseaux sociaux, encore limité dans le pays. À la fin de 2025, environ 11,4 millions d'Ougandais utilisaient Internet, soit un taux de pénétration de 22 %, selon DataReportal. Les réseaux sociaux comptaient pour leur part 2,4 millions d'utilisateurs, représentant seulement 4,6 % de la population. Ces chiffres illustrent à la fois le potentiel de croissance du secteur et les défis structurels à relever pour faire de la création de contenus un véritable moteur de développement économique en Ouganda.