Il aura fallu près de huit ans pour achever la réalisation de cette icône de la modernité marocaine et africaine. Le 1er novembre 2018, Sa Majesté le Roi Mohammed VI lançait les travaux sur la rive du Bouregreg. Le résultat est aujourd'hui visible à 60 kilomètres à la ronde : une silhouette fuselée qui évoque, selon la volonté de son maître d'ouvrage Othman Benjelloun, président du Groupe O Capital, « une fusée posée sur son pas de tir rappelant ainsi l'élan du Maroc vers l'avenir». La tour distribue sur 55 étages et 102.800m2 une combinaison peu courante : bureaux haut de gamme, appartements, hôtel Waldorf Astoria, observatoire et galerie d'art. En pied de tour, un ponton fluvial offre un accès direct au Bouregreg. L'ingénierie du bâtiment, réalisée par BESIX et TGCC, repose sur un concept « Shell & Core » qui concentre les fonctions techniques dans un noyau décentré, libérant côté nord de vastes plateaux ouverts sur la lumière. La façade sud abrite 3 900 m2 de panneaux photovoltaïques haute performance, ce qui vaut à la tour les certifications LEED Gold et HQE Exceptionnel. La prouesse tient autant à l'ambition technique qu'à la cohérence : Ces panneaux alimentent le bâtiment en énergie tout en affichant une silhouette nette. Ecrin d'art L'intérieur est l'autre pari du projet. Maîtres artisans et designers ont produit près de 7.000 œuvres signées par 143 artistes marocains et internationaux. Portes monumentales, sculptures géantes, fresques murales, calligraphies de plâtre ciselé : l'ensemble forme un parcours artistique qui évite la tentation décorative pour s'ancrer dans une identité revendiquée. Au sommet, la coiffe en forme de fusée abrite l'observatoire du 50e étage, d'où une scénographie numérique permet de lire le patrimoine des deux rives. Au 51e, sur 22 mètres de hauteur, l'exposition permanente « Le ciel parle arabe » célèbre les savoirs astronomiques de l'âge d'or arabo-andalou. Le choix de cette thématique, à cette altitude, dit quelque chose d'intentionnel sur la façon dont le Maroc entend projeter son histoire. La tour est déjà présente sur les nouveaux billets de 200 dirhams émis par Bank Al-Maghrib. Entre le Théâtre Royal et la ligne à grande vitesse Al Boraq, elle s'inscrit dans la skyline d'un Rabat qui se construit méthodiquement en capitale culturelle. Signal envoyé au continent: Une ville qui assume ses ambitions, en hauteur.