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Green Business Où en sommes-nous ?
Publié dans L'observateur du Maroc le 24 - 12 - 2010

La notion de développement durable a initié de profondes mutations, non seulement dans les gestes au quotidien, mais également dans l'univers de l'investissement et de l'entreprise. Avec ce concept, de nouveaux termes sont apparus et un nouveau lexique est né. On parle aujourd'hui d'entreprises écologiques, de projets verts et de green business, que Bouchra Boukili, femme d'affaires et présidente de l'association Agissons Vert, définit comme «l'ensemble des activités économiques liées directement ou indirectement à la protection de l'environnement, à la gestion des ressources rares, aux énergies renouvelables…».
Or bien que le green business constitue un véritable levier pour les entreprises, il a longtemps été considéré comme l'apanage des écolos et autres amoureux de la nature. Il aura fallu du temps avant que les grandes puissances, qui sont aussi les plus grands pollueurs de la planète, en prennent conscience. Aujourd'hui, plus de 80% du capital risque américain ont été investis dans l'économie verte. Plus de 615 milliards de dollars ont été investis par son concurrent, la Chine, hissant le pays au rang de 2e plus grand investisseur mondial dans le vert. Selon les experts, le domaine connaît aujourd'hui un rythme soutenu de croissance et créerait 4 fois plus d'emplois que dans les autres secteurs. «A moyen terme, le marché vert mondial pourrait atteindre plus de 4500 milliards de dollars, dont la moitié en dehors des domaines spécifiques de la protection des milieux et des énergies renouvelables», précise B. Boukili. «D'ici 2030, plus de 20 millions d'emplois supplémentaires, principalement pour des énergies issues de la biomasse ou du solaire», selon le dernier rapport de l'Organisation mondiale du travail. Green business, green building, green Tech, la vague verte s'étend à tous les domaines de l'économie.
Le Maroc dans tout cela ?
Le Maroc aussi n'échappe pas à cette fièvre écologique. L'élaboration d'une charte nationale globale de l'environnement dans le cadre des hautes orientations royales en est la preuve. L'économie verte au Maroc constitue non seulement une question de conscience écologique, mais un filon porteur. «Outre sa dépendance énergétique, la question de l'eau reste pour le Maroc un enjeu primordial à la fois pour l'économie et pour une population de plus en plus croissante. Cette question de changement de comportement n'est plus une question de mécénat mais plutôt une histoire de bon sens», affirme Boukili. Avec ses multiples atouts climatiques et géographiques, «le Maroc pourrait servir de vitrine à cette “nouvelle économie”», estime B. Boukili.
Même s'il n'existe pas encore de statistiques précises sur le volume de ce marché au Maroc, les grands chantiers en cours prouvent que le pays est en train d'emboîter le pas aux grandes puissances. Avec la construction d'ici 2019 de cinq centrales solaires d'une puissance totale de 2000 MW et une augmentation de l'ordre de 2280 MW du parc éolien, le royaume est en train de bâtir un nouveau modèle économique. Un modèle qui lui permettrait d'ailleurs de réduire sa dépendance actuelle vis-à-visde l'extérieur en matière d'approvisionnement énergétique, évaluée à 96%.
Rappelons à cet effet que Mme Amina Benkhadra, ministre de l'Energie, des Mines, de l'Eau et de l'Environnement, a annoncé que le pays va investir plus de 31,5 milliards de DH dans les énergies renouvelables d'ici 2020 afin de porter la part des énergies renouvelables à plus de 40% de la production totale.
Ce nouveau modèle économique fait également du Maroc un terrain d'investissements et d'expérimentations privilégié pour les nombreuses entreprises étrangères qui travaillent désormais sur les technologies vertes, et qui se font de plus en plus nombreuses. Cependant, cette conscience est encore limitée dans les stratégies et plans gouvernementaux. Les entreprises marocaines ne suivent pas et se montrent encore hésitantes à investir dans le développement durable. «Elles prennent conscience de leur impact sur l'environnement à des degrés très divers en fonction des secteurs d'activité», affirme Jean Dubearnes, expert et Directeur Associé de Massolia*. Pour beaucoup de sociétés, la question de l'environnement peut sembler un peu éloignée, moins stratégique. «Pourtant, elles ont tout à gagner en se dotant d'une image responsable: relations avec les partenaires étrangers sensibilisés, image de marque auprès des consommateurs...», souligne J. Dubearnes. Si certaines se montrent encore réticentes à investir dans le vert, d'autres y voient déjà un filon porteur. C'est le cas de Greenberry (voir entretien) qui a commencé à commercialiser les premiers sacs biodégradables au Maroc en février 2010 et compte aujourd'hui parmi ses clients les principales enseignes marocaines de distribution. Greenberry n'est pas un cas isolé. Le leader du secteur des huiles de table, Lesieur Cristal, a investi plus de 15 millions de DH dans la construction d'une station de traitement des eaux usées pour résoudre la problématique du traitement des boues générées par le processus de fabrication. L'entreprise a également inauguré une centrale de production de vapeur, utilisant le grignon d'olive comme combustible et couvrant plus de 30% des besoins en énergie de l'usine. «Encourager les entreprises à s'impliquer dans une démarche verte, c'est aussi favoriser la prolifération de porteurs de projets «green business» afin d'accompagner cet engouement», explique J. Dubearnes. Pour ce faire, plusieurs labels et autres catalyseurs ont été mis place comme Le Label CGEM pour la Responsabilité sociale de l'entreprise (RSE) ou encore ‘'clef verte'' de la Fondation Mohammed VI pour promouvoir l'ecotourisme. Aussi, une loi a été promulguée en juillet 2010 rendant obligatoire la production et l'utilisation des sacs plastiques dégradables à partir du 1er janvier 2011
Quant au coût de l'attitude verte, il est un peu difficile de l'évaluer de façon définitive. Cela dépend largement du type d'entreprise, des produits et services qu'elle commercialise, de l'impact qu'elle a sur son environnement.
«Une chose est certaine: plus l'entreprise se projette vers le futur, et anticipe ses stratégies à long terme, plus l'intégration d'une attitude plus respectueuse de l'environnement sera bénéfique, même sur un plan purement financier puisqu'elle sera amenée à rationaliser l'utilisation des ressources, et donc faire des économies d'énergie, de matières premières», assure J. Dubearnes.
La démarche Green Business
S'inscrire dans l'engagement durable engendre indéniablement un bouleversement intégral au sein de l'entreprise afin qu'elle puisse répondre aux exigences et standards des éco-activités. C'est d'ailleurs ce bouleversement qui crée des appréhensions de la part de beaucoup d'entreprises marocaines, malgré la mise en place de nombreux outils financiers nationaux comme le Fonds de dépollution industrielle (Fodep) ou le Fonds national de l'environnement (FNE). Mais, pour ce faire, toute entreprise souhaitant adopter la Green Attitude doit suivre la démarche recommandée par de nombreux experts et qui passe par la réalisation d'un diagnostic à tous les services afin de révéler les mesures à prendre pour agir, la définition du business model dans le green business, la réalisation d'une étude de marché sur le marché visé, la quantification des investissements et la recherche des capitaux nécessaires. L'entrepreneur désirant se placer sur ce marché devra prendre en compte les spécificités du secteur (marché non maturé, manque de visibilité, environnement juridique instable, risque d'un effet de bulle, etc.).
(*) Massolia : MASSOLIA.COM®, le premier site maghrébin d'experts, dédié à 100% à l'écologie.
«Aujourd'hui la prise de conscience est générale, la dimension écologique n'est plus optionnelle.»
Rim Rherras, Directeur Développement GREENBERRY.
L'Observateur du Maroc. Le Maroc constitue-t-il un marché prometteur pour le Green Business ?
Rim Rherras. De par les orientations stratégiques de notre pays et son engagement à promouvoir et à ancrer les principes et les pratiques d'un développement durable, des chantiers de grande envergure ont été lancés sous le haut patronage de sa Majesté Mohammed VI. Le Green business, jusqu'alors «trend de niche» et émergent au Maroc, se voit doté d'un potentiel certain et d'une réalité économique de plus en plus avérée. Des opportunités business dans différents domaines s'ouvrent: les énergies renouvelables, l'efficacité énergétique, le traitement et la valorisation des déchets, les produits éco-compatibles... les mots d'ordre étant le respect de l'environnement et la préservation des ressources, et ceci de manière durable et profitable aussi bien pour les entreprises que pour la communauté.
Les entreprises marocaines commencent-elles à prendre en compte la dimension écologique dans leurs investissements ?
Aujourd'hui la prise de conscience est générale, la dimension écologique n'est plus «optionnelle» à présent. Les entreprises qui négligeraient cette dimension s'exposeraient au minimum à une désaffection du grand public. C'est frappant par exemple dans le secteur automobile où les constructeurs se livrent une guerre commerciale sur fond d'écologie : taux d'émission de CO2, moteur hybride aujourd'hui, voiture électrique demain... Plus proche de nous et dans notre environnement quotidien, beaucoup d'entreprises sont concernées par ce fait. Cela passe notamment par la conception d'emballages éco-compatibles, ou la distribution de sacs biodégradables dans les magasins...
Quelles sont vos perspectives pour les années à venir ?
La société Greenberry est opérationnelle depuis février 2010. Son lancement d'activité s'est opéré dans un cadre "écologiquement" favorable : le lancement de la concertation régionale pour la charte de l'environnement en janvier 2010 et la célébration de la Journée de la Terre en avril 2010 ont constitué une plateforme très positive pour sensibiliser les acteurs de la plasturgie, aussi bien les producteurs que les utilisateurs (la grande distribution, les pharmacies…). Certains opérateurs ont adopté la solution d2w par engagement citoyen, mais aussi pour l'impact positif que cela pouvait apporter à leur image de marque vis-à-vis du grand public. La problématique du plastique étant l'une des problématiques environnementales les plus visibles dans notre pays, elle a été adressée en priorité par le législateur.
Comment les entreprises compensent-elles la différence de prix entre sac normal et sac biodégradable ?
Il convient de ne pas analyser ce surcoût uniquement en termes financiers, mais également en termes d'image... Le gain en termes d'image de marque et de positionnement (entreprise verte, avant-gardiste) est bien supérieur au surcoût minime que représente le passage vers des produits dits éco-compatibles comme les plastiques oxo-biodégradables. Les plastiques (tels ceux utilisés pour les sacs, les emballages...) ont de nombreux avantages (coût, flexibilité, mais aussi une barrière microbienne et une protection efficace pour les aliments), mais souffrent d'un gros désavantage, rédhibitoire vis-à-vis du grand public : leur très longue longévité et le risque de pollution que cela entraîne. Les plastiques oxo-biodégradables d2w, grâce à leur dégradation en quelques mois, suivis de leur bio-assimilation par les microorganismes, offrent une solution adaptée à ce problème.


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