One Retail, filiale de H&S Group, acquiert la chaîne de coffee shops Dahab    Guerre au Moyen-Orient : le Maroc doit-il craindre le choc pétrolier ?    Casablanca accueille GITEX Future Health Africa    Des équipes marocaines brillent à la Huawei ICT Competition    Stellantis Maroc lance l'ECO BONUS pour accélérer la transition énergétique    La Chine renforce son économie intelligente... l'industrie de l'intelligence artificielle atteint 173,9 milliards de dollars    Grâce à une technique moderne... hausse de 8 mètres du niveau des eaux souterraines dans certains bassins du Sud-Est    Mohamed Ouahbi promu sélectionneur des Lions de l'Atlas    La page Walid Regragui se tourne pour les Lions de l'Atlas    Inondations : 15.000 familles bénéficient d'une aide directe de 6.000 dirhams    Produits du Sahara : le gouvernement britannique apporte de l'eau au moulin du Polisario    Mohamed Ouahbi à la tête des Lions de l'Atlas avec João Sacramento comme adjoint    Andrés Iniesta proche de rejoindre la direction technique des Lions de l'Atlas    Chelsea surveille de près la pépite marocaine Gessime Yassine    Mohamed Ouahbi officially Atlas Lions' new coach as Regragui steps down    Le Portugais João Sacramento nommé premier adjoint de Mohamed Ouahbi à la tête de la sélection marocaine    Culture de l'olivier : les plateformes de démonstration d'Al Moutmir boostent rendement et revenus des agriculteurs    Abou Dhabi: six personnes blessées par des débris de drone    Inondations : le gouvernement verse 6.000 dirhams à 15.000 familles évacuées    Rappel du ministre de l'Intérieur concernant l'opération de recensement relative au service militaire    La FRMF et Fouzi Lekjaa rendent hommage à Walid Regragui lors d'une cérémonie à Rabat    Entre Idéologie et Realpolitik : le Maroc face à la tourmente moyen-orientale    Cold wave and heavy rain forecast in Morocco this weekend    Souss-Massa: Vientos violentos arrasan con 1 500 hectáreas de invernaderos    La date des élections des membres de la Chambre des représentants fixée au 23 septembre prochain    CAN féminine 2026: La compétition reprogrammée du 25 juillet au 16 août    Pékin accueille l'ouverture de la quatrième session de l'organe législatif suprême de la Chine    Crèches privées: Ce que prévoit le projet de décret adopté en Conseil de gouvernement    Genève met les adversaires du Maroc dans l'embarras... un soutien croissant à l'initiative d'autonomie au Conseil des droits de l'homme    Enlèvement d'enfants : L'Intérieur dément les fausses informations relayées sur Internet    8 mars 2026-Droits des femmes : Une condition essentielle pour mettre fin au VIH    « Rass Jbel » : quand la légende de « Al Hayba » prend racine au Maroc    Comediablanca revient à Casablanca après une tournée internationale remarquée    Paris : une exposition rend hommage aux soldats marocains des deux guerres mondiales    Sahara : L'heure de vérité pour une MINURSO en sursis    La Cour d'appel de Marrakech réduit les peines des deux Algériens pour insulte au drapeau et à la monnaie    Les températures attendues ce jeudi 5 mars 2026    Le temps qu'il fera ce jeudi 5 mars 2026    Climat scolaire : OTED propose un dispositif d'évaluation du programme anti-harcèlement    L'armée US prévoit une domination « totale et absolue » du ciel iranien    Attaques iraniennes : le Conseil du Golfe et l'UE convoquent une réunion d'urgence    Azoulay : Un Ftour Pluriel d'anthologie qui fera date    UNESCO : Tanger relance sa candidature au patrimoine mondial    Guerre en Iran : Le deux poids deux mesures de religieux marocains    « On Marche » 2026 : à Marrakech, la danse contemporaine au souffle du Ramadan    Loubna Jaouhari signe son premier stand-up le 8 mars 2026 au théâtre Diwan de Casablanca    Caftans au Maroc #2 : Le caftan de Fès, emblème d'un savoir-faire ancestral    Safi : Après les crues, la reconstruction et la revalorisation du patrimoine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Marocains bloqués en Irak et en Syrie : Vers le rapatriement des familles des anciens djihadistes
Publié dans L'opinion le 14 - 01 - 2021

Bloquées depuis des années dans des prisons et des camps syriens et irakiens, les familles des anciens djihadistes marocains souffrent le martyre. Les députés appellent à un rapatriement imminent.
Ils vivent dans des camps de réfugiés, surpeuplés, dans des conditions insalubres, sans éducation et parfois sans soins de base. Ils sont pourtant nés de parents marocains. Mais leurs parents ou conjoints, ont rejoint les camps des terroristes, et à ce titre, leur rapatriement est problématique.
C'est dans ce sens que la Commission des Affaires étrangères, de la Défense nationale et des MRE, à la Chambre des Représentants, a tenu mardi 12 janvier une réunion pour écouter les familles des anciens djihadistes marocains, tout en étudiant les modalités de leur rapatriement. Ces dernières, qui sont toujours coincées dans les zones de guerre, continuent de vivre une situation déplorable, du fait qu'elles croupissent dans des prisons et des camps de réfugiés.
Une situation prise au sérieux par les membres de le Commission qui a lancé une mission exploratoire, dont l'objectif est de s'enquérir de la réalité du vécu et des conditions de ces familles, représentées par un collectif national d'associations qui plaident leur cause.
Contactée par nos soins, une source bien informée nous confie que « les députés estiment que les familles d'anciens djihadistes, détenues dans des camps de réfugiés clandestins ou dans des prisons gérées par les autorités kurdes après la chute de l'organisation de l'Etat Islamique, doivent être rapatriées en urgence vu leur situation critique ». Et d'ajouter que les membres de la Commission parlementaire ont évoqué ce sujet lors d'une réunion récente avec le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, de sorte à trouver une solution illico presto.
Néanmoins, le problème qui se pose est d'ordre sécuritaire puisqu'il faut s'assurer que les femmes et les enfants des anciens djihadistes ne présentent pas un risque de radicalisation. Toutefois, sur ce registre, le Maroc dispose de toutes les ressources nécessaires pour relever les défis posés par la radicalisation et le terrorisme. Les différents services de renseignement marocains travaillent de manière très étroite avec la France, l'Espagne et le Portugal dans le cadre d'un G4 sécurité. Ils coopèrent aussi avec d'autres agences étrangères, notamment celles des Etats-Unis et de Belgique. Pour ce qui est de la déradicalisation, le Royaume a fait ses preuves en la matière depuis les attentats de 2003.
Boucler la mission dans 3 mois maximum
La Commission parlementaire va élaborer un rapport qui sera rendu public dans un délai qui ne dépasserait pas trois mois, ajoute notre source, soulignant que les travaux progressent rapidement. La mission exploratoire, qui est le socle dudit rapport, va se pencher sur les modalités de rapatriement de ces Marocains, prenant en considération les expériences de pays européens qui ont connu la même situation, notamment la France, l'Allemagne ou encore la Grande Bretagne dont des ressortissants étaient engagés dans les rangs de « Daech » ou le « Front Al-Nosra », et qui ont également été incarcérés dans les prisons irakiennes ou syriennes. Par ailleurs, les députés concernés par la mission exploratoire ne manqueront pas de se rendre dans les camps de réfugiés, si les circonstances l'imposent.
Cela dit, la priorité sera accordée aux enfants et aux épouses qui ont été pris au piège dans une situation qui ne les concerne même pas, nous indique Abdelaziz Bekkali, membre de la Coordination nationale des Marocains prisonniers ou bloqués en Syrie et en Irak. D'ailleurs, ces derniers ont appelé, en novembre dernier, SM le Roi Mohammed VI à intervenir pour les rapatrier au Maroc, dans des lettres reçues par la Coordination.
« Les conditions de détention de cette catégorie de Marocains sont lamentables et la souffrance des enfants et des femmes est indescriptible », a souligné Abdelaziz Bekkali, ajoutant que la Coordination plaide pour leur rapatriement dans les plus brefs délais et leur intégration sociale, après leur arrivée. S'agissant des ressortissants marocains engagés dans des activités terroristes, leur sort demeure inconnu pour le moment. Les autorités marocaines pourraient soit les déférer devant la justice par l'intermédiaire du parquet antiterroriste, soit laisser les autorités irakennes et syriennes procéder à leur jugement.

Saâd JAFRI
3 questions à Abdelaziz Bekkali
Le processus d'insertion sociale de ces personnes aura des retombées positives
Nous avons contacté Abdelaziz Bekkali, membre de la Coordination nationale des Marocains prisonniers ou bloqués en Syrie et en Irak, pour nous livrer sa perception de la mission exploratoire lancée par les élus de la Nation.
- Quelle est votre lecture de la mission exploratoire mise en place par les membres de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense nationale et des MRE ?
- C'est une initiative qui donne une bouffée d'espoir pour les familles d'anciens djihadistes, qui vivent une situation précaire dans les camps de réfugiés en Syrie ou en Irak. Les conditions de détention de cette catégorie de Marocains, qui sont majoritairement des femmes et des petits enfants, sont lamentables et leur souffrance est indescriptible, d'où la nécessité de les rapatrier en urgence. Par ailleurs, la Commission insiste sur la mise en place d'un processus d'insertion sociale, ce qui aura des retombées positives.
- Quid des poursuites juridiques que risquent ces personnes ?
- L'ancien patron du Bureau central des investigations judiciaires, Abdelhak Khiam, avait déclaré que rien ne s'opposait au retour des femmes et leurs enfants dans leur pays. Les autorités marocaines ne comptent pas les poursuivre du fait qu'elles ne les considèrent pas comme terroristes.
Cela dit, l'initiative prise en faveur de leur rapatriement reflète une prise de conscience globale sur les conditions de vie inhumaines dans les camps où elles sont séquestrées.
Pour ce qui est des personnes impliquées, nous souhaitons qu'ils soient rapatriées, poursuivies et condamnées et qu'elles purgent leurs peines pour enfin retrouver leurs familles.
- Comment ces personnes seront-elles réinsérées dans le tissu social ?
- Le Maroc est considéré comme un modèle en matière de déradicalisation, du fait qu'il s'attaque aux sources de l'extrémisme. Nous souhaitons que les personnes rapatriées bénéficient du programme Mossalaha qui incite à procéder à des révisions idéologiques. Dans le cadre de ce programme, des spécialistes sont là pour accompagner ces victimes de l'extrémisme à changer de paradigme. D'ailleurs, ces opérations ont même abouti à l'octroi de grâces royales au profit de plusieurs condamnés.
Recueillis par S. J.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.