Assurance: Sanlam Maroc et Allianz Maroc fixent les termes du projet de fusion    L'enseigne de burger halal BiG M ouvre son restaurant au Maroc    Aéroports du Maroc : hausse du trafic passagers de 14,7 % en janvier    Le Maroc accueillera la 9e Réunion ministérielle conjointe avec les Etats du CCG    Le joueur du Real Madrid, Thiago Pitarch : «Je n'ai pas encore décidé de mon choix entre le Maroc et l'Espagne»    Défense des Lions de l'Atlas : Ouahbi contraint de reconstruire    Marruecos acogerá la 9a Reunión Ministerial Conjunta con los Estados del CCG    Morocco to host 9th Joint Ministerial Meeting with Gulf Cooperation Council    Nicole Kidman partage l'impact de son séjour au Maroc sur l'éducation de ses enfants    Mondial 2026 : l'Iran répond fermement à Trump qui juge « inappropriée » sa participation    Lions de l'Atlas : Hakimi confiant pour la nouvelle ère Ouahbi    Les pays du Golfe expriment leur gratitude à SM le Roi Mohammed VI pour ses positions de soutien et sa solidarité claire face à l'agression iranienne    Bourse de Casablanca : ouverture proche de l'équilibre    Transport de devises. Important rappel de la Guardia Civil aux Marocains se rendant à Ceuta    Irak : 4 membres d'équipage tués dans le crash d'un ravitailleur américain    Le Timeless Festival revient pour une deuxième édition à Anfa Park    Gastronomie : Une Marocaine conquis le cœur des Kényans    Labels «Musée du Maroc» : La FNM distingue cinq institutions    Morocco sets Zakat Al Fitr for 2026 at 25 DH per person    Le Maroc prépare un plan pour rapatrier ses ressortissants liés à l'Etat islamique depuis l'Irak    Tourisme rural : le Maroc mise sur le glamping et la farm hospitality    Pistaches : nouveau record d'importations    Grève nationale des notaires du 18 mars au 5 avril 2026 contre le projet de loi 16.22    Espagne: L'artisanat marocain primé à Séville    Environnement : le reverdissement du Maroc en un an    Industries manufacturières : hausse de l'indice de la production de 4%    Le temps qu'il fera ce vendredi 13 mars 2026    CDH: Omar Zniber appelle à renforcer l'action collective contre les discours de haine    Le Maroc accueille la prochaine Réunion ministérielle conjointe avec les États du CCG en reconnaissance du rôle du Royaume    Guerre contre l'Iran : le pétrole flambe et les marchés mondiaux vacillent    Agressions iraniennes : le Maroc réaffirme sa solidarité avec les pays du CCG    Les températures attendues ce vendredi 13 mars 2026    Estivage 2026 : Mohamed Mehdi Bensaid annonce de nouvelles colonies de vacances    Désarmement: Le Maroc clôt sa présidence de la Conférence de l'ONU    Le Lionceau Wassim Dardake passe professionnel à Toulouse    OM : Aguerd opéré pour tourner la page de plusieurs mois de douleur    Fixation du montant de la Zakat Al-Fitr au Maroc à 25 dirhams pour l'année 2026    Tanger-Tétouan-Al Hoceima : lancement du "Budget citoyen" pour la deuxième année consécutive    Tendansia présente Le Porteur d'Histoire à Rabat et Casablanca    Le tribunal espagnol refuse l'extradition d'un Marocain condamné pour une traversée clandestine mortelle    L'Espagne adopte un décret pour garantir les soins de santé aux migrants sans papiers    Maroc : une plateforme judiciaire soulève des questions sur la protection des données et la présomption d'innocence    Les USA ont dépensé 11 mds USD les six premiers jours de la guerre au MO    La star de «Emily in Paris» va produire un thriller d'action se déroulant au Maroc    La Chine clôt les travaux du Comité national de la Conférence consultative politique du peuple chinois et mise sur un bon départ du 15e Plan quinquennal    Le stade Prince Moulay Abdellah sacré meilleur stade du monde en 2025    Genève : Le Polisario pointé lors d'une conférence sur les enfants soldats    Rachid Talbi El Alami représente SM le Roi à la cérémonie d'investiture du nouveau président chilien    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Pass sanitaire : Le débat sur sa légalité partage la société
Publié dans L'opinion le 24 - 10 - 2021

Au moment où le pass vaccinal suscite les plus vives oppositions au sein du débat public, plusieurs questions se posent sur l'urgence de cette mesure qui n'est pas préconisée par l'OMS. Le Maroc s'y attache souverainement face au risque d'un nouveau variant. Le Comité scientifique nous en explique les raisons.
Quelques jours après sa mise en place, le pass vaccinal peine à se faire appliquer dans les lieux publics comme décrété par le gouvernement. Pour cause, l'incompréhension d'une partie importante des citoyens, dont les non vaccinés, qui ne s'adaptent pas aisément à la décision prise par l'Exécutif. Pourtant, c'est une décision pressentie et préparée depuis longtemps.
Au moment où les voix s'élèvent pour dénoncer une mesure liberticide, la question fait son entrée à la Chambre des Représentants. Le groupe istiqlalien « Pour l'Unité et l'Egalitarisme » s'apprête à interroger le ministre de la Santé et de la Protection sociale sur les mesures prises pour accompagner la gestion de la crise sanitaire.
Le pass vaccinal au coeur de l'Hémicycle
Evidemment que le pass vaccinal sera au coeur des discussions, et Khalid Ait Taleb sera dans l'obligation de donner des raisons convaincantes et bien argumenter la décision de l'Exécutif afin de rassurer l'opinion publique. C'est d'autant plus vital que les parlementaires sont tout aussi divisés que la société civile sur l'obligation du passeport vaccinal, surtout après que la Chambre des Représentants ait avisé ses membres de l'obligation de présenter le pass pour entrer à l'Hémicycle.
Le camp du refus a d'ores et déjà maugréé : c'est le cas du groupe parlementaire du PJD qui s'est opposé frontalement au passeport controversé, alléguant, dans un communiqué, des arguments constitutionnels tel que le droit à la libre circulation garanti par l'article 24 ; idem pour la députée du PSU Nabila Mounib qui a fait état d'une mesure qui outrepasse les limites de la Constitution, tout en faisant part de sa volonté de saisir la Cour Constitutionnelle. Loin d'être une bisbille, cet avis est partagé par plusieurs citoyens qui remettent en question l'obligation du pass au moment où le pays a vacciné plus de 65% de sa population.
Les experts appellent à la pédagogie
Au-delà de l'agora législative, le pass vaccinal suscite des commentaires au sein de la communauté scientifique. Jaâfar Heikel, épidémiologiste et expert en économie de la santé, se déclare ardemment pour la vaccination, à condition de donner aux gens réticents le temps d'être convaincus.
Pour l'expert, il est fondamental de faire de la pédagogie sur les vertus de la vaccination, proposant une mise en place progressive du pass vaccinal allant de 6 à 8 semaines. Ceci est possible, selon M. Heikel, surtout « qu'il n'y a pas d'urgence épidémiologique ».
Cet avis est partagé par Tayeb Hamdi, expert en politiques et systèmes de santé, qui, bien qu'en faveur du pass vaccinal comme mesure incitative à la vaccination, préconise une approche plus pédagogique de la part de l'Exécutif qui aurait dû, selon lui, annoncer une date préalable de l'entrée en vigueur du pass vaccinal au lieu de le décréter immédiatement.
Pourquoi le pass vaccinal ? La réponse est simple aux yeux de M. Hamdi : les cinq millions de personnes non vaccinées jusqu'à présent représentent toujours une menace épidémique, d'autant plus que le risque de l'apparition d'un nouveau variant est à prendre au sérieux.
Que faire dans ce cas des réticents, qui se mobilisent déjà sur les réseaux sociaux en lançant des pétitions ? Tayeb Hamdi appelle à dissocier les anti-vax des personnes qui ont des craintes qu'il considère tout à fait légitimes, ces dernières doivent avoir toutes les assurances pour qu'elles soient convaincues de se faire vacciner volontairement avec toutes les facilités imaginables. « Les personnes hésitantes peuvent désormais se faire vacciner dans les hôpitaux et mises sous surveillance médicale », a-t-il indiqué, ajoutant que les personnes souffrant d'allergies de type choc anaphylactique ou oedème de Quincke ont la possibilité d'avoir un certificat de contre-indication.
Le Comité scientifique rassuré plus que jamais
Au sein du Comité scientifique, on considère que le pass vaccinal est une nécessité évidente, d'autant plus qu'une récente étude française publiée dans le Journal international de médecine, prouve l'efficacité de la vaccination : 93% de diminution du risque des cas graves, 85% de celui de la mortalité et 70% de réduction de la contamination. Ces chiffres varient, d'une infime proportion, selon les vaccins utilisés.
Donc, quoique l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ne préconise pas le pass vaccinal, le Maroc s'y attache souverainement au moment où le nouveau sous-variant apparu au Royaume-Uni inquiète. Saïd Moutaouakil nous explique la vision du Comité scientifique du pass vaccinal à la lumière de tout ce qui précède.
Anass MACHLOUKH
3 questions à Saïd Moutaouakil
« Il faut un travail de pédagogie pour convaincre les gens, loin du catastrophisme et du discours d'angoisse »

Saïd Moutaouakil, Professeur de réanimation, Directeur de la Clinique Oum Al Banine à Casablanca, a répondu à nos questions sur le débat actuel sur le pass vaccinal et les raisons qui justifient son application.
- L'imposition du pass vaccinal dans l'espace public provoque un vif débat dans la société civile, s'agit-il d'une mesure vraiment urgente, surtout au moment où la campagne de vaccination avance ?
- En effet, le pass vaccinal est de plus en plus utilisé dans le monde et suscite beaucoup de débats entre ceux qui voient cette mesure comme liberticide, et ceux qui y voient une mesure barrière rentrant dans le cadre des lois de l'urgence sanitaire comme la loi 2-20-292 au Maroc.
Le débat est presque idéologique, voire religieux. En appliquant le pass vaccinal, les autorités tâchent d'encourager les citoyens à se faire vacciner en masse pour pouvoir contrôler dans des délais raisonnables la pandémie et reprendre une vie presque normale. Il va sans dire que la vaccination reste le meilleur remède pour la prévention des formes graves et du décès par la Covid-19.
- Des personnes réticentes disent que le pass vaccinal n'est pas recommandé par l'OMS, que répondez-vous à cet argument ?
- Il est vrai que L'OMS ne le recommande pas pour l'instant, mais les recommandations de l'OMS ne sont pas contraignantes pour les pays. Chaque pays, au nom de sa souveraineté, peut décider pour lui-même. Concernant les personnes hésitantes, il faut les sensibiliser par un discours clair et honnête accessible à tout le monde. Ce discours doit éviter le catastrophisme et la culture de l'angoisse.
Albert Camus disait à propos de la peste : « Il n'y avait pour cela qu'un seul moyen qui était de combattre la peste. Cette vérité n'était pas admirable, mais elle n'était que conséquente ». J'ajouterai à ce point les arguments scientifiques mis en avant par une étude française qui montre que les personnes vaccinées ont plus de 90% de chance de ne pas présenter une forme grave de la maladie et de ne pas en mourir par rapport aux personnes non vaccinées.
- Nous sommes à presque 24 millions de personnes vaccinées, dont 21 millions ont eu les deux doses : se rapproche-t-on de l'immunité collective, selon les critères du Comité scientifique ?
- Je tiens à souligner que le Maroc a vacciné jusqu'à ce jour plus de 77% pour la première dose et de plus de 70% pour la deuxième. Nous nous approchons du 80%, gage d'une immunité collective. Ce but sera atteint dans les semaines à venir.

Recueillis par A. M.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.