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Bonne feuille : Jibril, il y a 42 ans...
Publié dans L'opinion le 16 - 01 - 2022

Sous l'intitulé «Les fonctionnaires clochardisés», Mohamed Jibril écrit en avril 1980 ce texte imbibé de dérision, teinté d'esprit, marqué par un certain désarroi.
«Lourde et tracassière, peu aimable et peu probe : l'administration ne dément guère d'habitude son image publique. A tel point qu'elle n'apparaît plus que comme cette chose anonyme, impassible et imperméable, dont les fonctionnaires ne sont que les rouages d'une stérile routine. Mais cependant, 'l'inventivité' et 'l'effort' ne sont pas toujours absents dans ces bureaux somnolents et les fonctionnaires ne se réduisent pas à des entités impersonnelles et sans surprises comme des numéros de SOM (administration gérant les traitements des fonctionnaires). A tel point que parfois, il leur arrive de mal cadrer avec le décor habituel de leur fonction. Certains reviennent en arrière à une pratique 'archaïque' dont les paysans étaient coutumiers mais non les fonctionnaires, à savoir l'usure. D'autres par contre, paraissent devancer leur époque et, rompant avec la loi du moindre effort en vigueur, se livrent à des records 'stakhanovistes' au bureau. L'originalité de ces pratiques serait-elle le signe des difficultés accrues de la vie devenant de plus en plus chère et inquiétante ? C'est ainsi qu'on entend aujourd'hui parler de ces étranges personnages qui prêtent volontiers de l'argent à leurs collègues, à l'approche des fins de mois avec, pour contrepartie, un certain pourcentage en sus lors du remboursement. L'affaire conclue, leurs débiteurs leur remettent un chèque daté par anticipation avec le montant usuraire convenu. Il faudrait les imaginer reniflant la dèche des petits camarades de service à partir du 15 du mois où ceux-ci sont en quête d'u prêt urgent à n'importe quelle condition. Il est vrai que les premiers courent parfois des risques, comme celui des chèques sans provision. D'autres, pour boucler leurs fins de mois, paient davantage de leur propre personne. Ce sont les besogneux des heures supplémentaires. Ce sont aussi, phénomène plus récent, ceux qui font le travail des collègues contre rémunération par ces derniers. Ceux qui ont les moyens de payer pour faire exécuter par d'autres leur tâche, créent comme une sorte de bourse du travail bureaucratique assez inattendue. S'agit-il de ces fonctionnaires trop occupés par leurs activités 'secondaires' comme dans ces secteurs où certains bénéficient de trafics sur la chose publique ou utilisent leur fonction pour exécuter des travaux au profit de commanditaires privés ? Quoi qu'il en soit, il se trouve bien des nécessiteux pour débarrasser ces 'privilégiés' de l'ingrate corvée quotidienne réglementaire. Ceux-là hantent les bureaux sans discontinuer : ils sont là très tôt le matin, encore somnolents. Ils sont là entre midi et 14 heures, desséchés sur la paperasse comme les sandwiches qui leur servent de repas. Ils sont là souvent après 18 heures et en rentrant chez eux le soir, c'est encore un dossier restant qui leur tient compagnie sous le bras.
Paupérisation et dévalorisation
La fonction publique qui paraissait, il y a quelque temps encore, comme une sorte de refuge sécurisant, paraît bien atteinte par la paupérisation et la dévalorisation. Voilà que réapparaissent spontanément, en pleine bureaucratie 'moderne', des pratiques similaires à celles que connaissent les secteurs pauvres 'traditionnels' : tenter de survivre, gratter ce que l'on peut, peiner davantage pour un menu bénéfice, être en butte à l'usure et autres pressoirs, n'accorder aucune valeur à son temps. La dégradation du niveau de vie de la masse des petits fonctionnaires (et agents ou employés) peut, en effet, engendrer des situations et des comportements que naguère ils auraient trouvé indignes de leur statut. C'est peut-être cela le 'rapprochement' effectif de l'administration et de la majorité des administrés ?»
Mohamed Jibril in Lamalif, 1980.


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