Tourisme : cinq fédérations adhèrent au programme DATA-TIKA    Maroc : le HCP prévoit une croissance de 4,7% au deuxième trimestre 2026    Une première en Afrique : OCP réussit une émission obligataire hybride de 1,5 milliard de dollars    Hydrocarbures : le Conseil de la concurrence confirme l'asymétrie des prix à la pompe    Akhannouch : 738 MDH de soutien direct aux familles de 3,4 millions d'élèves    Akhannouch : « Nous avons transformé le pays à travers des réformes profondes »    Maroc-Comores : Signature d'un accord pour renforcer la coopération dans l'aviation civile    Entreprises : La CGEM revendique un bilan 2023-2026 « solide »    Kia élue «Best Manufacturer» aux TopGear.com EV Awards 2026    La Chine inaugure le plus grand porte-conteneurs électrique intelligent au monde    Maroc : les importations d'hydrocarbures bondissent à 361.000 barils par jour en mars    Christophe Lecourtier officiellement nommé directeur général de l'AFD    Turquie : la police ordonne 162 arrestations pour apologie des fusillades scolaires    Stuttgart : Bilal El Khannouss relance la machine et fait taire les critiques    LDC : Brahim Díaz remplacé, le Real s'effondre : le choix qui change tout    Ligue des Champions : Achraf Hakimi, dernier Lion de l'Atlas en mission    Mondial 2026 : Gianni Infantino confirme la présence de l'Iran malgré les tensions    Une plainte à 7 millions de dollars vise Lionel Messi pour rupture de contrat    Liverpool : Gravement blessé, Hugo Ekitike contraint de renoncer à la Coupe du monde 2026    Le Maroc et les USA tiennent leur 14e Comité consultatif de défense et signent une FdR    Marrakech : Les citernes almohades de Sidi Bou Othmane à l'honneur aux Journées du Patrimoine    Alerte météo : vague de chaleur de vendredi à dimanche dans plusieurs régions    Bryan Adams à Casablanca : Le rock dans sa forme la plus épurée    Moussem : A Moulay Abdellah, on prie, on galope, on danse... et maintenant on appelle d'offres    Abiy Ahmed et Ndayishimiye scellent une nouvelle étape de coopération    Booder de retour sur scène avec "Ah... l'école !", un spectacle entre rires et regard lucide sur l'éducation    Espagne : Polémique autour de l'exclusion des Sahraouis de la régularisation des sans-papiers    Croissance, investissement, emploi : Akhannouch met en avant un cap économique renforcé    Marruecos - España: Coordinación de seguridad reforzada en Las Palmas    CNP: Bensaid defiende la interacción del gobierno con el Tribunal Constitucional    GNV deploys two LNG vessels on Tangier Med route for Marhaba 2026    Quand la diplomatie chinoise redessine les équilibres entre le Moyen-Orient et le Pacifique    Maroc - Espagne : Coordination sécuritaire renforcée à Las Palmas    Réseaux sociaux : Macron pousse l'Europe à dire stop pour les moins de 15 ans    Mohamed Hmoudane : La littérature et la poésie s'invitent à la Fondation Hassan II pour les MRE    Dominique Ouattara découvre les richesses culturelles du Maroc à Abidjan    Maroc - Espagne : La coopération a permis d'arrêter 153 jihadistes depuis 2015    Le Maroc intègre un groupe stratégique américain pour sécuriser le Mondial 2026    Le temps qu'il fera ce mercredi 15 avril 2026    La chanteuse Katy Perry dans la tourmente après des accusations d'agression sexuelle    Les opérateurs de l'industrie cinématographique appelés à s'adapter aux dispositions du nouvel arsenal juridique avant le 31 août 2026    Réorganisation du CNP: Le gouvernement intègre les observations de la Cour constitutionnelle    Maroc-Gabon : un partenariat bilatéral appelé à monter en puissance    Taroudant accueille la 11e édition du Moussem des écoles traditionnelles    Santé : 15 nouveaux hôpitaux livrés en 2026 et 3.000 lits supplémentaires au Maroc    Les Etats-Unis intègrent le Maroc dans la sécurisation du Mondial 2026    Le nouveau spectacle de Booder En tournée à Casablanca et à Marrakech    Double évènement. Lancement de « Rabat Capitale mondiale du livre UNESCO 2026 » à la veille du 31e SIEL    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Magazine : Soyons fous, aimons l'art
Publié dans L'opinion le 26 - 06 - 2022

Maintenant que la saison chez les galeristes s'achemine vers l'arrêt d'activité et que le Maroc organisait le 22 juin la Nuit des musées et des espaces culturels, faisons un tour d'horizon de quelques coups de coeur de l'année. Plusieurs expressions s'y mêlent. Le choix, lui, est consciencieusement subjectif.
Les constellations de Saïd Afifi
L'artiste quitte la Terre pour la scruter en plongée. Il frictionne sa tête d'étoiles et envoie de curieuses ondes à la planète qui le contient depuis près de quatre décennies. Il se rue sur Google Earth pour s'ouvrir un boulevard aérien sur le monde. Des vues qu'il transforme en caresses administrées avec la délicatesse d'une femme désappointée. Il redessine et peint ce que la nature laisse comme espace pour la création.
En intitulant cet agrégat d'oeuvres «Les constellations de la Terre», Saïd Afifi renvoie à la science sa copie, lui signifiant que cette Terre constelle bel et bien lorsqu'on sait la lire... S'armant des avancées technologiques, il remet les pendules à leurre. Tel un pays qui déclassifie des dossiers sensibles restés longtemps secrets, Afifi s'engage à démystifier des prises de vues livrées comme réalités réelles en les triturant sans retenue, avec art. Et puis, nous ne savons pas trop ce qui nous emballe ou intrigue dans la particularité de cette approche. C'est, profondément, tout son intérêt.

Le dream de Benbouchta et Selfati
Quelle rupture configurent ces deux artistes ! Rupture avec eux-mêmes, rupture avec le conventionnel, rupture avec l'art tel édicté, rupture avec l'émotion aplatie jusqu'à la béatitude. Un duo-couple où la malice créative fait sourdement du bruit. Une fusion que l'apriori ne semble pas leur donner raison, à elle comme à lui. Mais voilà, ils séduisent comme humains, troublent comme agitateurs. L'une à côté de l'autre, l'une sur l'autre, l'une dans l'autre et l'oeuvre globale s'exprime à voix haute, à résonnance inédite.
L'aimant repoussant du départ se traduit par un rapprochement insoupçonné, celui de la recherche de l'entente qui traverse de longs moments de tâtonnements. Deux univers que seule l'ouverture vers l'autre est capable de marier. Deux univers aussi distincts que communs. La force de dire ou de suggérer est quasiment identique, l'un dans sa redoutable forêt, l'autre dans une douce violence. A partir de cette fragilité partagée, on peut décliner et enfanter, créer et «déranger». Amina Benbouchta et Ilias Selfati, une aventure à futurs rebonds...

« Horiezontalisme » d'un Collectif
Un manifeste autour de l'art est toujours un évènement. D'autant que nous y sommes conviés que rarement. Les années passent et les préoccupations évoluent. Ici, à travers «Horiezontalisme», nous sommes «confrontés» à une autre lecture de l'art entre peinture et vidéo. L'art contemporain dans ses différentes dimensions. Une exposition d'oeuvres inédites peintes ou filmées.
Sept artistes s'y déploient, les uns ironisant, les autres évoquant des situations qui frôlent la dramaturgie. Parmi ces empêcheurs de tourner en rond, Amina Benbouchta, Mohamed El Baz, Simohammed Fettaka, Youssef Ouchra et le maître de cérémonie YounessAtbane. Laissons à présent parler le manifeste, texte cogité par le plasticien-chorégraphe Atbane et le chimiste-metteur en scène Henri Jules Julien.

« Informe » d'Ibn El Farouk
C'est à partir de la lumière qu'on s'aventure à tamiser ce qui éblouit. Et c'est le jaillissement sans forme aucune qui prend forme. Du coup, on s'évertue à regarder entre les lignes. Le travail d'Ibn El Farouk serait-il une menace de mort adressée à la photographie ambiante, à cette même photographie « classique » qui subit depuis bail de troublantes destructions techniques ? C'est à en rire, puisque quand on décide d'exécuter une cible, on ne l'informe pas du forfait, on le réalise. Ibn El Farouk choisit d'exécuter des transformations avec de stupéfiantes intrigues. « Informe » est structurellement difforme, subtilement difforme. Et c'est ce qui rend l'artiste-photographe bouleversement fébrile lorsqu'il est invité à phraser sur ses oeuvres.
Deux techniques, deux approches et c'est parti avant qu'il ne tousse pour ensuite repartir. Oui, il est passionné, oui il l'exprime avec forte exubérance. Et pour cela, il a de quoi plaider. Il déshabille le cliché pour plus tard le draper de multiples abstractions. Il est certainement le seul à pouvoir flirter avec la raison, la pure sienne.

L'« Ici et maintenant » de Mohamed Hamidi
Il y a un bel étourdissement et on ne sait à quel sein se vouer. Cette assertion serait-elle vierge d'arrières pensées ? Voire... Mohamed Hamidi demeure une belle brèche dans notre quotidien tumultueusement repli sur le ça et le moi. Ce tumulte s'inscrit dans le conservatisme démoli, dans le non-dit rageusement déconstruit. Hamidi est là pour tout nous dévoiler, d'une main de maître, d'une approche composite, d'un bouillonnement mêlé. Aucune inadvertance ne s'en dégage. Il est ce résistant qui agit sans jamais se subvertir. Et cela dure depuis une soixantaine d'années. Sans véritable discontinuité. Lorsqu'il «écrit» une oeuvre, les esprits se lèvent. C'est, finalement, à une idée de l'art qu'il nous invite à croire.
Quoique pour l'actuel accrochage, fruit d'une résidence à la Galerie 38, des panneaux découpés investissent une «ruelle» de l'espace prenant l'allure d'un boudoir, la scénographie les empêchant de se faufiler entre fresques et sculptures, les léguant à leur propre sort. Ainsi va «Ici, et maintenant», la couleur trônant avec majesté. Mohamed Hamidi ne cesse de flirter avec cet érotisme à l'esthétique caressant nonchalamment l'âme. Une poésie désarmante se dégage d'oeuvres méticuleusement suggestives. Elle vous tient pour ne plus vous lâcher. Ca versifie, ça prose, ça ankylose.
Anis HAJJAM


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.