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Un 1er Mai pas comme les autres !
Publié dans L'opinion le 30 - 04 - 2024

Depuis le début de l'actuel mandat, la saine émulation qui règne entre le gouvernement, le patronat et les syndicats laissait entrevoir un éventuel aboutissement du pacte social. Si les précédents gouvernements ont trouvé du mal à créer un terrain favorable pour le dialogue, de sorte à déboucher sur un texte consensuel, capable de dénouer les milles et un blocages au sein de l'Hémicycle, l'actuel Exécutif a pu fédérer les esprits, à deux reprises. Le 30 avril 2022, les parties concernées ont mis fin au statu quo d'un dossier enfoui depuis des années dans les tiroirs du ministère de l'Emploi. En plus de la très attendue revalorisation des salaires, un canal de dialogue solide a été instauré de sorte à créer un cadre propice au traitement des dossiers épineux, tels que celui du droit de grève ou encore celui de la réforme du Code du travail. Des acquis aujourd'hui couronnés par un deuxième accord, qui prévoit une augmentation salariale pour les fonctionnaires, une nouvelle hausse du SMIG et du SMAG et quelques mesures fiscales en faveur de la classe moyenne, qui gagneraient à être développées dans l'avenir.
C'est dire que ce 1er Mai, les célébrations de la journée internationale des travailleurs seront plus joviales que les précédentes, bien que certains griefs de la classe laborieuse sont toujours à l'ordre du jour. Il s'agit en l'occurrence du droit de grève, pomme de discorde entre les syndicats et le patronat, qui, en contrepartie de la somme ajoutée au salaire minimum, s'attend à de grandes reconfigurations des lois liées aux ruptures de contrats et à la gestion des grévistes.
Une ligne rouge pour les syndicats qui, depuis le lancement du dialogue social en 1996, se montrent intransigeants sur la question des libertés syndicales. A cela s'ajoute la très attendue réforme des retraites, dont on peine encore à voir le bout du tunnel, mais dont les nouveaux mécanismes sont évalués sérieusement par le gouvernement, les patrons de caisses et les partenaires sociaux. Et il ne faut surtout pas oublier la prolifération des emplois précaires et des contrats à durée limitée (contrats courts ou intérim), qui continue de fragiliser l'écosystème de l'emploi au Maroc. Ce dernier round du dialogue social est une victoire pour la classe laborieuse, mais il n'en demeure pas moins qu'il reste du chemin à parcourir.


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