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Mohammedia : Le parc de la ville se transforme en pseudo-parking...
Publié dans L'opinion le 17 - 07 - 2024

Jadis un écrin de verdure au cœur de la Cité des fleurs, le parc de l'ex-Fedala n'est plus que l'ombre de lui-même. Ce qui fut autrefois un havre de paix et de nature pour les habitants s'est métamorphosé en un espace goudronné, dénué de charme et de vie.
Il y a à peine quelques années, le parc de Mohammedia, appelé « le parc » tout court par ses habitués, offrait un spectacle enchanteur aux grands et aux petits, aux locaux et aux visiteurs. Les allées ombragées serpentaient entre les parterres fleuris, invitant à la promenade. Les rires des enfants résonnaient tandis qu'ils s'ébattaient sur les pelouses verdoyantes. Les familles y venaient en nombre le week-end, pique-niquant à l'ombre des grands arbres. Le parc était le poumon vert de la ville, un lieu de détente et de convivialité apprécié de tous.
Aujourd'hui, s'y aventurer, c'est ne pas s'empêcher de constater avec effarement l'ampleur du désastre qui y a pris place. La végétation luxuriante est devenue un sol aride et poussiéreux pris d'assaut par des rangées de voitures stationnées. L'odeur des fleurs a fait place aux effluves d'essence et de gaz d'échappement.
"C'est un crève-cœur de voir ce qu'est devenu notre parc", se lamente Fatima, 68 ans, habitante de longue date du quartier. "J'y amenais, il y a à peine quelques années, mes petits-enfants jouer et pique-niquer. Maintenant, il n'y a plus rien à voir, juste des voitures".
La transformation du parc en parking géant semble avoir été progressive. Le manque de précipitations pluviométriques a d'abord entraîné le dépérissement des espaces verts. Puis, peu à peu, les voitures ont commencé à envahir les lieux.
Les cafés et restaurants qui bordent le parc ont vu d'un bon œil cette évolution, y voyant une opportunité d'attirer plus de clients motorisés. "C'est pratique pour nos clients de pouvoir se garer juste devant", reconnaît le gérant d'un café branché. "Mais c'est vrai que cela a tué l'ambiance même du parc".
Face à ce désastre écologique et social, des voix s'élèvent pour réclamer une réhabilitation du site. Sur les réseaux sociaux, surtout sur les groupes des amoureux de la ville, les hashtags alertant les autorités sont viraux. "Nous demandons aux autorités de restaurer notre parc dans son état d'origine", commente Hassan, un fervent défenseur de la mémoire de la ville. "C'est un patrimoine de notre ville qu'on ne peut pas laisser disparaître", continue-t-il.
Contactée, la municipalité n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. Mais une chose demeure certaine : la disparition de ce poumon vert risque de laisser un grand vide dans le cœur des habitants de Mohammedia.
La pénurie d'eau est la réponse à tous les maux
A Mohammedia, comme dans le reste du pays, le constat est sans appel : la pénurie d'eau douce s'aggrave, exacerbée par la pression démographique. Tous les secteurs d'activité ainsi que les départements ministériels les plus dépendants à l'eau, tels que l'agriculture, l'industrie, la santé, le tourisme, etc., sont menacés.
Et les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le Royaume entre dans sa sixième année consécutive de sécheresse, une étape difficile que le pays n'a jamais expérimentée auparavant. Les barrages ne sont remplis qu'au quart de leur capacité en moyenne, tandis que le niveau des nappes phréatiques baisse. Aujourd'hui, les réserves annuelles d'eau par habitant du Royaume dépassent à peine 600 m3, soit quatre fois moins qu'il y a 60 ans.


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