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Enseignement supérieur : Nouvelle grève nationale de 72 heures fin septembre
Publié dans L'opinion le 30 - 09 - 2025

Les fonctionnaires de l'enseignement supérieur en grève nationale les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2025 pour dénoncer l'inefficacité du dialogue avec le ministère de tutelle et exiger des réponses immédiates à leurs doléances. Détails.
Le spectre de la crise plane de nouveau sur l'université publique en pleine année académique, après quelques semaines d'accalmie. Les fonctionnaires de l'enseignement supérieur s'apprêtent à déserter les amphithéâtres pendant trois jours, en réaction à la détérioration de la situation dans le secteur. En effet, le Syndicat national de l'enseignement supérieur, affilié à l'Union marocaine du travail (UMT), a annoncé une grève nationale de 72 heures les 30 septembre, 1er et 2 octobre 2025. Ce mouvement de protestation sera accompagné de sit-in devant les sièges des universités dans plusieurs villes du Royaume.
Le syndicat présente cette grève comme une « démarche de défense des acquis de l'enseignement supérieur et des droits légitimes des fonctionnaires de l'université publique et des cités universitaires ».
Il fustige par ailleurs ce qu'il qualifie de « politique de fuite en avant » adoptée par le ministère de l'Enseignement supérieur face à des revendications jugées légitimes et bénéfiques pour l'université publique. À ses yeux, le dialogue engagé entre le ministère de tutelle et les syndicats reste « formel et stérile », loin d'apporter des réponses concrètes aux véritables défis auxquels sont confrontés l'université et son personnel.
Le projet de loi-cadre n°59-24, portant réforme de l'enseignement supérieur, se trouve au cœur de cette crise. Ce texte est unanimement rejeté par les fonctionnaires de l'université, non seulement en raison de l'approche unilatérale du ministère, mais aussi pour ses dispositions qualifiées de « régressives », au point de remettre en cause les acquis de l'ensemble des composantes universitaires, fonctionnaires comme étudiants. Pis encore, le syndicat estime qu'il constitue « une menace directe contre la gratuité de l'enseignement » et appelle à son retrait immédiat ainsi qu'à sa remise sur la table du dialogue avec les partenaires sociaux.

Blocage d'un texte tant attendu...

Le syndicat exige également l'adoption sans délai du statut particulier des fonctionnaires de l'enseignement supérieur, toujours en suspens près d'un an après son élaboration. Le ministère de l'Enseignement supérieur attribue ce retard à l'absence d'un accord explicite des ministères des Finances et de la Réforme de l'administration, qui ont émis deux réserves à savoir la non-application des statuts aux établissements publics sous tutelle et la possibilité d'adopter le texte par simple décision plutôt que par décret.
Outre l'accélération de ce projet tant attendu, le syndicat réclame le maintien des acquis des professionnels, qu'il s'agisse de la revalorisation salariale négociée ou de l'amélioration des perspectives de promotion promue.
Il condamne en outre toutes les formes de restriction du droit de grève, appelant à l'unification des rangs syndicaux à travers la formation d'un front commun pour la défense de l'université publique et des droits de son personnel. Pour lui, ce front est une réponse aux tentatives « désespérées » minimisant l'ampleur de la mobilisation des fonctionnaires par la diffusion de chiffres erronés concernant les grèves. Il considère ces pratiques comme une violation flagrante du droit de grève, garanti par la Constitution et par les conventions internationales ratifiées par le Maroc.
Enfin, le syndicat souligne que le bureau national « salue la forte conscience militante incarnée par le succès de la grève nationale des 10 et 11 septembre 2025, marquée par une mobilisation sans précédent des fonctionnaires de l'enseignement supérieur et des cités universitaires, affirmant ainsi leur haut degré de conscience et leur engagement unanime autour de revendications justes et légitimes ».
Cette série de grèves intervient dans un contexte social tendu, marqué par de vastes mobilisations organisées ces derniers jours à Rabat et Casablanca par des groupes de jeunes affiliés au mouvement "GenZ". Pendant deux jours, les manifestants ont brandi des revendications à caractère social, appelant notamment à un meilleur accès aux soins de santé et à une éducation de qualité pour tous.


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