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Université Mohammed V : Pour la création de passerelles universitaires entre les écoles d'ingénierie et la faculté de médecine et de pharmacie
Publié dans L'opinion le 29 - 12 - 2025

Créer au Maroc des passerelles pédagogiques entre les écoles d'ingénierie et les facultés de médecine et de pharmacie, peut être d'une rentabilité pédagogique, scientifique, économique et industrielle.
Prendre l'exemple de l'école polytechnique de Paris.
À l'heure où les technologies transforment en profondeur la médecine, l'université ne peut plus fonctionner en silos.
Intelligence artificielle, imagerie médicale avancée, dispositifs biomédicaux, pharmacie numérique ou robotique chirurgicale sont désormais à la croisée des sciences de l'ingénieur et des sciences de la santé.
Face à ces mutations, l'université Mohammed V dispose d'un levier stratégique majeur : rapprocher durablement ses hautes écoles d'ingénierie et ses facultés de santé, en particulier la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, autour d'un projet pédagogique innovant et structurant.
Cette convergence n'est ni théorique ni futuriste.
Elle répond à un besoin réel du système de santé moderne, qui exige des profils hybrides capables de comprendre à la fois la complexité biologique du vivant et la logique technologique des outils qui l'explorent, le mesurent et le soignent.
Le médecin et le pharmacien de demain devront dialoguer avec l'ingénieur.
Mieux encore, certains devront être formés à cette double culture dès l'université.
À l'international, plusieurs expériences ont déjà démontré la pertinence de ces passerelles.
En Europe, des dispositifs légaux permettent à des diplômés d'écoles d'ingénieurs d'intégrer directement les études médicales ou pharmaceutiques à un niveau avancé, sous conditions académiques strictes.
Ces parcours ont donné naissance à une nouvelle génération de professionnels, à la fois cliniciens et concepteurs, chercheurs et innovateurs, capables de faire le lien entre laboratoire, hôpital et industrie.
S'inspirer de ces modèles, sans les copier mécaniquement, constitue une opportunité stratégique pour le Maroc.
L'université Mohammed V, par son histoire, sa taille et la diversité de ses composantes, est idéalement placée pour lancer une expérience pilote nationale.
L'objectif serait de créer un cadre pédagogique expérimental permettant à certains étudiants en ingénierie d'intégrer, après sélection, des parcours en médecine ou en pharmacie ( les sciences de la santé), et à terme d'ouvrir des formations véritablement interdisciplinaires.
Une telle initiative repose sur plusieurs piliers fondamentaux.
D'abord, un cadre réglementaire clair, élaboré en concertation avec les autorités académiques et les instances professionnelles, garantissant la qualité scientifique et la reconnaissance des diplômes.
Ensuite, une sélection rigoureuse des candidats, fondée sur l'excellence académique, la motivation et la cohérence du projet professionnel, afin d'éviter toute dilution des exigences de formation.
Sur le plan pédagogique, le programme devrait prévoir des modules de transition permettant aux étudiants issus de l'ingénierie d'acquérir les bases biologiques, pharmacologiques et éthiques nécessaires à une formation en santé.
En parallèle, des enseignements technologiques ciblés pourraient être proposés aux étudiants des filières de santé, afin de renforcer leur compréhension des outils numériques, de la modélisation, de l'analyse de données et de la conception de dispositifs médicaux.
L'un des atouts majeurs de ce projet réside dans la recherche appliquée.
Des projets communs, encadrés par des enseignants des deux disciplines, pourraient être développés autour de problématiques concrètes du système de santé marocain.
Imagerie médicale assistée par intelligence artificielle, dispositifs de diagnostic adaptés aux zones rurales, innovations pharmaceutiques à coût maîtrisé ou plateformes numériques de suivi thérapeutique sont autant de champs d'expérimentation possibles.
Ce rapprochement entre ingénierie et sciences de la santé ouvrirait également la voie à des partenariats renforcés avec l'industrie, les hôpitaux et les start-up technologiques.
Stages, laboratoires communs et chaires de recherche contribueraient à ancrer la formation dans la réalité économique et sociale, tout en favorisant l'émergence d'un écosystème national de l'innovation médicale.
Comme toute réforme ambitieuse, cette initiative comporte des défis. L'adaptation des étudiants à des cursus exigeants, la coordination entre structures universitaires, le financement et l'acceptabilité institutionnelle devront être soigneusement anticipés. Mais ces obstacles ne doivent pas masquer l'essentiel : la valeur stratégique d'un projet qui place l'université au cœur de la transformation du système de santé.
Si cette expérience pilote réussit à l'université Mohammed V, elle pourrait servir de modèle pour l'ensemble des universités du Royaume.
Elle participerait à la formation d'une élite scientifique capable d'innover localement, de réduire la dépendance technologique et de répondre aux besoins spécifiques de la population marocaine.
Plus qu'une réforme pédagogique, il s'agit d'un choix de vision.
Celui d'une université qui ne se contente plus de transmettre des savoirs cloisonnés, mais qui forme des esprits capables de relier les disciplines, d'anticiper les mutations et de construire la médecine et la pharmacie de demain, au service d'un Royaume séculaire. .


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