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La fin d'un régime autoritaire
Publié dans L'opinion le 17 - 01 - 2011

Qui l'aurait cru et qui pouvait imaginer qu'en l'espace de quelques jours, et après des manifestations populaires et des heurts avec les forces de l'ordre, le régime autoritaire et policier de Ben Ali allait s'écrouler comme un château de cartes ?
Le soulèvement populaire avait, certes, à l'origine des revendications sociales, pour l'amélioration des conditions de vie des couches démunies et pour l'établissement de la justice sociale en ce qui concerne la répartition des richesses nationales, mais avait aussi des motivations politiques.
Le peuple tunisien avait ras-le-bol de la dictature dont il a souffert aussi bien sous Bourguiba qu'après la prise du pouvoir par Ben Ali qui a promis le « changement » mais qui a gouverné avec une main de fer.
Le régime de Ben Ali a privé le peuple tunisien de tous ses droits politiques et humains en confisquant la liberté d'expression et d'opinion et en mettant tous les opposants dans les prisons ou en les obligeant à se réfugier ailleurs.
Ben Ali, qui a installé le système du parti unique et qui a truqué les élections pour se donner une majorité confortable et docile, a détruit les structures politiques et syndicales. D'ailleurs, même l'économie sur laquelle il a mis l'accent a été mise exclusivement au service d'une élite composée essentiellement de ses proches et de lobbies agissant pour le compte de Ben Ali et de sa famille et d'intérêts étrangers.
Cette approche, basée sur la distinction entre le politique et l'économique, entre le développement et l'établissement de la démocratie politique et sur l'affaiblissement des partis politiques et de la société civile, était de toute évidence vouée à l'échec.
Maintenant que Ben Ali a quitté le pouvoir et s'est réfugié en Arabie Saoudite, le peuple tunisien, qui a compté plusieurs morts dans ses rangs à l'occasion de ce soulèvement, s'attend donc à l'instauration de la démocratie authentique, qui garantit les libertés publiques, individuelles et collectives, qui permet l'expression de la volonté populaire en toute liberté et sans crainte de répression et de poursuites judiciaires avec des dossiers préfabriqués.
Il s'attend à des élections réellement représentatives et à des partis politiques qui émanent de la base populaire et qui agissent en tant qu'acteurs politiques pour concrétiser les revendications populaires.
Le peuple tunisien exige des gouvernants de la nouvelle ère l'application d'une politique qui accorde la priorité au social, à l'économique, à l'émancipation politique et au respect des droits humains. Il exige la relance de la vie politique, la fin des privilèges et la lutte contre la corruption et la contrebande qui ont marqué le régime de Ben Ali.
La Tunisie se trouve maintenant à la croisée des chemins et des choix décisifs doivent être faits pour tourner la page du passé et garantir l'avènement d'une nouvelle ère de démocratie, de liberté et de justice sociale.
Nous ne pouvons que saluer et respecter la volonté du peuple tunisien et nous lui souhaitons progrès et prospérité pour contribuer à l'édification du Grand Maghreb basé sur la complémentarité et l'exploitation commune des potentialités économiques et humaines au service de la concrétisation des aspirations populaires.
La dictature et la répression finissent par détruire les bases des régimes de ceux qui les choisissent comme système de gouvernement et n'accordent aucun intérêt aux revendications des peuples.


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