Pour le directeur des opérations de Orun, Khalil Thiero engagé dans la structuration des industries culturelles et créatives, la CAN dépasse largement le cadre sportif. « C'est un moment rare où plusieurs nations africaines se retrouvent au même endroit, au même moment, sous le regard du monde », souligne-t-il. Une concentration humaine, médiatique et symbolique qui ouvre, selon lui, des perspectives concrètes pour les entrepreneurs, les créateurs et les marques africaines. L'entrepreneur ivoirien insiste particulièrement sur le potentiel encore sous-exploité des industries culturelles et créatives sur le continent. Longtemps perçues comme secondaires ou folkloriques, elles constituent pourtant, à ses yeux, un levier économique majeur, capable de générer de l'emploi, de structurer des filières et de renforcer le soft power africain. « Maîtriser la chaîne de valeur culturelle, de la création à la diffusion, c'est aussi une forme de souveraineté », explique-t-il. Dans ce contexte, l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations 2025 au Maroc illustre, selon lui, la capacité du continent à accueillir des événements d'envergure internationale, tout en valorisant ses talents et ses savoir-faire. Il salue notamment la qualité des infrastructures, l'organisation logistique et l'accueil, qu'il considère comme des éléments structurants pour renforcer l'attractivité du pays et, plus largement, de l'Afrique. Pour Orun, cette dynamique sportive constitue un terrain propice à la mise en réseau des créateurs africains et à la professionnalisation de secteurs encore largement informels. Accompagnement, structuration, bonnes pratiques et accès aux marchés figurent parmi les priorités évoquées par Khalil Thiero pour transformer la création artistique et artisanale en actifs économiques durables et exportables. Une chose est sûre pour lui: la CAN 2025 agit comme un révélateur. Révélateur du potentiel africain, de la nécessité de faire confiance aux talents locaux, mais aussi de l'importance de connecter sport, culture et économie dans une vision intégrée du développement du continent. Une approche résumée par une conviction simple, partagée sur le plateau de YES WE CAN : l'Afrique peut réussir, collectivement.