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Le FMI félicite le Maroc pour la «rigueur» de ses politiques macroéconomiques et les réformes structurelles et politiques mises en œuvre, qui lui ont permis de bien résister à la crise mondiale et de «répondre à des besoins sociaux pressants»
Publié dans L'opinion le 09 - 11 - 2011

Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu, le 5 octobre 2011, les consultations au titre de l'article IV avec le Maroc1. Le jeudi 3 novembre de la même année, Le FMI communique sur ces consultations et félicite le Maroc pour la «rigueur» de ses politiques macroéconomiques et les réformes structurelles et politiques mises en œuvre, qui lui ont permis de bien résister à la crise mondiale et de «répondre à des besoins sociaux pressants».
Lire ci-dessous le détail de des conclusions du FMI.
Plusieurs années successives de politiques macroéconomiques saines et de réformes politiques ont permis au Maroc de faire face à la crise internationale de 2008 et de satisfaire les exigences sociales apparues dans le cadre du Printemps arabe. Dans cet environnement difficile, le Maroc a présenté de bons résultats économiques tout en améliorant ses indicateurs sociaux.
Malgré une reprise lente dans la zone euro — le principal partenaire commercial du Maroc — la croissance globale du PIB devrait atteindre 4½ à 5 %, soit l'un des taux les plus élevés de la région, dénotant la forte croissance du secteur non agricole — tourisme compris – ainsi que le rebond de la production agricole. A un niveau d'environ 9 %, le chômage reste stable, bien que le chômage urbain et celui des jeunes restent élevés. La baisse des prix alimentaires du marché intérieur observée en 2011 du fait de l'augmentation de l'offre locale de produits alimentaires, et les subventions en vigueur qui ont permis de contenir les tensions inflationnistes liées à la hausse des cours mondiaux devraient contribuer à limiter à 1½ % environ la hausse moyenne de l'inflation.
En 2011 et en réponse à des mouvements sociaux, les autorités ont augmenté les dépenses publiques dans certains domaines. Le maintien des prix de certaines denrées et du carburant à des niveaux stables sur fond de hausse des cours mondiaux des produit de base entraînera une augmentation des subventions des produits alimentaires et pétroliers pour atteindre environ 5½ % du PIB en 2011, soit un niveau nettement supérieur au 2,1 % du PIB inscrit au budget 2011. De plus, la hausse générale des salaires d'un montant nominal de 75 dollars EU environ, devrait augmenter la masse salariale de 0,2 % du PIB, la portant à 10,7 % du PIB.
Dans le même temps, les autorités ont pris d'importantes mesures compensatoires qui permettront de limiter le déficit budgétaire à environ 5,7 % du PIB. Les autorités se préparent à mettre en oeuvre des mesures d'ajustement budgétaire à partir de 2012 pour abaisser ce déficit à 3 % du PIB sur le moyen terme, ce qui ramènerait le total de la dette publique à 50 % du PIB environ à moyen terme.
Le solde extérieur courant s'est légèrement détérioré sous l'effet des chocs des termes de l'échange. Le déficit du compte courant pourrait atteindre 5 % du PIB à fin 2011. Malgré la bonne tenue des exportations du Maroc (phosphates et dérivés compris) et l'augmentation des transferts des marocains de l'étranger et des recettes touristiques en dépit de l'attentat terroriste du 28 avril à Marrakech, le renchérissement des importations dû à la hausse des cours mondiaux des produits alimentaires et pétroliers ne devrait pas être totalement compensé. Le taux de couverture des réserves de change brutes devrait légèrement fléchir, à fin 2011, tout en demeurant à un niveau confortable de 5 mois d'importation de biens et services.
Le secteur financier du Maroc a accompli des progrès considérables mais il doit mobiliser plus de ressources pour épauler le développement financier et une expansion adéquate du crédit.
Le ratio de fonds propres du système a augmenté de 12,3 % à fin 2010, contre 11,8 % en
2009 et les prêts improductifs ont régulièrement diminué, de 6,1 % du total des crédits en
2008 à 4,8 % en 2010. Mais la qualité des portefeuilles semble s'être quelque peu dégradée depuis 2009, comme le montre la hausse du coût du risque en 2009-2010 et la légère augmentation du ratio des prêts improductifs au cours des cinq premiers mois de 2011. Les efforts visant à renforcer les fonds propres se poursuivront.
Les autorités n'ont pas relâché l'effort de mise en oeuvre d'un programme ambitieux de réformes structurelles pour accroître la productivité. Dans ce cadre, un comité à été mis sur pied pour améliorer le climat des affaires afin de continuer à attirer l'IDE.
Évaluation par le Conseil d'administration
Les administrateurs ont félicité les autorités pour la rigueur des politiques macroéconomiques mises en oeuvre et les réformes structurelles et politiques qui ont permis au Maroc de bien résister à la crise mondiale et de répondre à des besoins sociaux pressants. Pour l'avenir, les administrateurs ont constaté que des défis majeurs subsistent, notamment du fait de l'incertitude des perspectives économiques en Europe et dans la région, du nécessaire assainissement des finances publiques face à de fortes revendications populaires et de la nécessité de la mise en oeuvre rapide d'un programme ambitieux pour stimuler l'emploi et susciter une croissance inclusive. Le rétablissement des marges de manoeuvre pour absorber les chocs et l'accélération des réformes sont essentiels pour renforcer la résilience de l'économie et jeter les bases d'une croissance forte sur le moyen terme.
Les administrateurs ont souligné que la maîtrise et la réorientation des dépenses publiques, notamment par la réforme du système de subvention généralisé seront essentielles pour la
soutenabilité budgétaire à moyen terme. Un système de subvention bien ciblé serait moins coûteux et mieux adapté à la satisfaction effective des besoins des couches les plus défavorisées. Les administrateurs ont encouragé les autorités à redoubler d'efforts pour améliorer le recouvrement des recettes en élargissant la base d'imposition et en renforçant l'administration fiscale; ils ont aussi félicité les autorités pour la mobilisation d'une part plus importante de l'épargne intérieure afin de fournir plus de ressources au secteur financier.
Les administrateurs ont noté que la transition vers un régime de change souple serait de nature à renforcer le cadre de politique monétaire de la banque centrale et, de pair avec les réformes structurelles, à accroître la compétitivité à l'avenir. Ils partagent l'avis des autorités que le calendrier doit être attentivement étudié et coordonné avec l'ensemble des politiques macroéconomiques et les mesures préparatoires nécessaires afin de préserver la viabilité budgétaire à moyen terme et la stabilité financière.
Les administrateurs ont insisté sur l'importance cruciale que revêt la stimulation de la croissance pour abaisser le chômage et améliorer les conditions de vie. Ils ont encouragé les autorités à poursuivre les réformes structurelles engagées et prévues, en améliorant en particulier l'efficience et la composition des dépenses publiques. Les administrateurs se sont accordés sur le fait qu'un surcroît d'efforts s'impose pour améliorer la gouvernance, le climat des affaires et l'intégration commerciale au plan régional et mondial, ainsi que pour renforcer le capital humain, accroître l'investissement privé et continuer d'attirer l'IDE. De nouvelles réformes en vue d'améliorer la souplesse du marché du travail et d'abaisser les coûts de recrutement de la main d'oeuvre restent aussi essentielles pour réduire le chômage des jeunes.
1 Conformément aux dispositions de l'article IV
de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque
année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration. À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs,
et ce résumé est communiqué aux autorités du pays


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