Consacrée par la Constitution en tant que principe qui fonde l'Etat démocratique et ses institutions, la gouvernance est un état l'esprit et une culture dont se prévalent les sociétés démocratiques et qu'elles s'approprient. Elle est mise en œuvre dans sa corrélation avec la reddition des comptes qui est un impératif propre au mandat, celui-ci étant le moyen et le mécanisme de la représentativité en matière de démocratie. La gouvernance relève de la responsabilité dans son entendement juridique et moral et des obligations qui en découlent, ainsi que du respect des normes en la matière. Conçue de cette manière et à travers les définitions pertinentes qui lui sont attribuées, la gouvernance ne peut être assimilée à un compte de recettes et de dépenses justifiées par des factures et des documents. Elle se définit à travers la conformité aux normes de comportements et actions stratégiques des organes dirigeants, et le respect des lois et réglementations. La gouvernance ne se réduit pas à des opérations comptables, des investissements réalisés ou de rentabilités recherchées sans rapport avec les objectifs et les missions de l'entreprise publique inscrits dans la politique de l'Etat. Les organes de direction de l'entreprise doivent se préoccuper du cadre d'évolution de celle-ci, de l'impact de leurs choix, stratégies et actions sur son environnement et sur les parties prenantes en particulier. Les entreprises publiques effectuent des investissements colossaux se montant à 128 MMDH en 2012. A lui seul, le Groupe Al Omrane compte investir 8 milliards de dirhams, après en avoir réalisé 6,5 milliards en 2011. Le groupe est en charge de missions stratégiques sociales et économiques qui ne peuvent, à l'évidence, être évaluées en terme de volume d'investissement, de mises en chantiers, d'achèvements, de livraisons, de créations de titre fonciers, de démolition de baraques, et même de nombre de ville déclarées sans bidonvilles. Le domaine d'intervention du Groupe Al Omrane est éminemment social et complexe. Il comporte de nombreux enjeux sociaux, humains et économiques fondamentaux. Les activités du groupe, dans le cadre des missions stratégiques sur qui lui sont confiées, mettent à contribution les intérêts stratégiques et vitaux de ses parties prenantes que sont ses propres employés et salariés, l'Etat, les populations, pauvres, à bas et moyen revenus et celles habitants des logements insalubres et menaçant ruine, les promoteurs immobiliers, les différents partenaires, les clients- fournisseurs, les collectivités locales et l'opinion publique. Les missions d'Al Omrane revêtent un caractère stratégique économique et social du fait qu'elles mettent à contribution et concernent des parties prenantes qui sont les populations, outre plusieurs secteurs de l'économie et autres partenaires, avec lesquelles le groupe est lié par une sorte de contrat avec obligation de résultat et d'information répondant aux critères et spécificités des missions du groupe et au droit au logement. Un investissement de 8 milliards de dirhams n'a de signification que s'il se traduit dans un bilan social, et non comptable, la disparition complète des bidonvilles du paysage urbain et par l'amélioration des conditions d'habitat des ménages habitant des logements insalubres. Il n'a de sens que si la population à moyen revenu trouve un logement adapté à ses conditions financières, que si les nouvelles villes voient le jour avec des équipements et des logements répondant aux besoins des populations. La relation vitale du groupe Al Omrane avec ses parties prenantes et l'opinion publique et la bonne gouvernance dont ses organes de direction et ses services doivent se prévaloir lui imposent la transparence et l'obligation d'information qui la fonde. Al Omrane est un géant présent en permanence dans la relation avec ses partenaires et l'opinion publique. En tant que tel, il a du mal à s'esquiver, comme il le fait, de la scène publique où ses missions lui imposent de figurer. Al Omrane entretient une contradiction et une défaillance par rapport à ses missions, à la bonne gouvernance et à la transparence en se confirmant dans l'opacité et le mutisme. Dans une telle situation, l'image du groupe se construit à partir des aspects négatifs de sa gestion, des informations et échos auxquels donnent lieu certaines pratiques attribuées au groupe sur le plan de la commercialisation de ses produits.