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Une enquête IFAAS-CDVM
Le marché marocain s'ouvre à la finance islamique Les particuliers et les investisseurs «intéressés» par les «Sukuk»
Publié dans L'opinion le 14 - 12 - 2012

Lentement, mais sûrement, la finance islamique arrive au Maroc. Un projet de loi relative à la titrisation des créances est déposé au secrétariat général du gouvernement et le CDVM vient de rendre publique une étude intitulée «Sukuk, quel potentiel de développement au Maroc ?». Celle-ci est accompagnée de quelques détails d'une étude de marché menée par le cabinet IFAAS dans le cadre d'un projet d'analyse et d'évaluation du potentiel de la finance islamique au Maroc, et qui permet de mieux apprécier le marché Retail.
Par ailleurs, et afin de pouvoir déterminer le potentiel de l'épargne institutionnelle pouvant être drainée par les instruments financiers islamiques (principalement les Sukuk), le CDVM (conseil déontologique des valeurs mobilières) a mené une étude ciblée auprès d'un échantillon d'émetteurs et d'investisseurs institutionnels marocains
Dans le préambule de l'étude qu'il a réalisée, le CDVM note que Maroc, de par sa situation géographique, aux portes de l'Afrique, de par sa politique et son contexte de développement économique, a de grands atouts à faire valoir pour se positionner en tant que réel hub africain de la finance. Fort d'un projet structurant (CFC-Casablanca Finance City) et d'une réelle volonté de réformer son marché des capitaux, le marché financier marocain devrait consolider son attrait, auprès de la population locale dont le potentiel d'épargne demeure encore sous exploité et aussi auprès des pays excédentaires en liquidité.
Dans cette optique, la mise en place d'un cadre légal régissant la finance islamique présente plusieurs avantages : sur le plan interne, répondre à un besoin latent qui s'inscrit dans une politique de bancarisation de la population et sur le plan externe, contribuer activement et sereinement au développement de la finance islamique marocaine sur l'échiquier international.
Au même titre que la finance conventionnelle, la finance islamique a besoin d'organes de contrôle et de régulation que ce soit pour le secteur bancaire, pour les marchés financiers ou encore pour le secteur de l'assurance et celui de la microfinance. Sur un plan structurel et organisationnel, le Maroc dispose d'une infrastructure financière et institutionnelle adéquate pour accueillir la finance islamique. Les autorités de contrôle et les acteurs privés en
présence ont des caractéristiques et des outils qui peuvent être très facilement adaptés.
Si d'un point de vue légal et réglementaire il y a encore des aménagements à apporter pour clarifier certains aspects techniques et permettre à la finance islamique de se développer dans un environnement sécurisé, et qui sont prises en charge dans le cadre des importantes réformes législatives engagées par les autorités financières marocaines (refonte de la loi bancaire introduisant les banques participatives et refonte de la loi sur la titrisation introduisant les sukuk), il est possible d'ores et déjà de constater que sur le plan institutionnel les «ingrédients» sont déjà réunis.
Largement mis sous les projecteurs au lendemain de la crise financière qui a démarré en 2008, les principes de la finance islamique ont souvent été présentés comme de bons remèdes à certains maux de la finance conventionnelle à condition qu'ils puissent s'intégrer dans un cadre organisationnel global.
Par ailleurs, en dehors des aspects réglementaires et fiscaux, le principal challenge de la finance islamique reposera sur l'innovation pour que soient proposés des produits qui réunissent à la fois les critères de conformité à la réglementation, de conformité aux préceptes islamiques mais également de rentabilité financière et économique. En outre, le marché marocain se présentant, aussi bien au niveau «Retail» qu'institutionnel, comme un marché de l'offre et non comme un marché de la demande, il appartient donc aux acteurs financiers de construire cette offre de manière intelligible. En la matière, les Sukuk, instruments phares dans l'industrie financière islamique, apportent des solutions et des alternatives fortement intéressantes pouvant répondre aux besoins de tous les agents économiques, que ce soit l'Etat pour ses besoins de financement, mais aussi les PME, les grandes entreprises qu'elles soient cotées ou non, les banques et aussi les assureurs. Les Sukuk répondent d'un côté aux agents qui ont besoin de liquidité, et d'un autre côté ils Introduction apportent une solution de diversification aux investisseurs soucieux de trouver des produits financiers conformes à leurs exigences éthiques.
Quel potentiel
pour les Sukuk au Maroc ?
Grâce à la relative sécurité et à l'attrait des rendements qu'ils offrent sur le moyen et le long terme, les sukuk ont trouvé un succès auprès des investisseurs institutionnels (banquiers et assureurs) ainsi qu'auprès de certains profils de particuliers à fort potentiel. Ce type de produit peut également être un intéressant support d'investissement distribuable par les banques commerciales. A l'image d'une offre de produit obligataire retail, il est également
possible d'imaginer une offre de produits composée de sukuk et d'autres supports qui permettrait de réunir les critères d'un placement sécurisé, rentable et conforme aux préceptes de la Sharia.
Dans le cadre d'un projet d'analyse et d'évaluation du potentiel de la finance islamique au Maroc, le cabinet IFAAS a mené une étude de marché qui permet aujourd'hui de mieux apprécier le marché retail. Un point d'attention particulier a été porté sur le potentiel d'épargne des marocains et leur appétence à souscrire à une offre d'épargne ou de placement conforme aux préceptes de la Charia.
Sur le plan méthodologique, le questionnaire de ce sondage mené sur les principales régions du Royaume, a été administré à un échantillon de 800 personnes constitué d'hommes et de femmes, âgés de 18 ans à 55 ans, toutes catégorie socio professionnelle (CSP) confondues, résidant en milieu urbain et rural et, bancarisés ou non.
En termes de couverture géographique, l'enquête a été conduite dans les villes et les communes rurales avoisinantes de Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Fès, Tanger, et Oujda. L'échantillon a été constitué selon la méthode des quotas.
Les variables de quotas préconisées sont la région, le milieu de résidence, le sexe, l'âge et la CSP. Lors de la constitution de l'échantillon IFAAS a veillé à une sur-représentativité des CSP A, B et C (CSP AB : revenu supérieur à 10000 dhs/mois ; CSP C: revenus de 5000 à 10000 dhs/mois, CSP D : revenus inférieur à 5000 dhs/mois). Le questionnaire a, par ailleurs, été traduit en arabe dialectal et pré-testé lors d'une enquête pilote avant son utilisation sur le terrain.
Les principaux aspects d'investigation ont porté notamment sur le niveau de connaissance et de compréhension de la clientèle cible des produits et services financiers islamiques et l'étendue de cette compréhension ; la perception des consommateurs des produits et services financiers islamiques; leur niveau actuel d'équipement en produits financiers ; leur capacité d'épargne ; leur comportement si les produits financiers islamiques étaient disponibles sur le marché marocain ; leur prédisposition à y souscrire ; leur sensibilité au pricing ; leur prédisposition à accepter un surcoût et si oui jusqu'à quel montant, leur exigence en matière de conformité à la Sharia, leur perception à l'égard des produits d'assurance, d'assurance-vie, etc…
Taux de bancarisation de la cible
Moins d'une personne interrogée sur deux déclare être bancarisée (46%). Ce taux est plus élevé chez les femmes (35%) que chez les CSP D (33%) et les personnes peu instruites (31%).
Les particuliers n'ayant, ni compte bancaire, ni crédit auprès d'une société de Financement évoquent comme principale raison :
- L'absence de besoin (50%), particulièrement en ce qui concerne les 18-24 ans (60%) ;
- Un revenu faible ou irrégulier (41%) relevé principalement auprès des 55-65 ans (62%) et des résidents en milieu rural (50%) ;
- Les raisons religieuses ne sont citées que par 9% des personnes non bancarisées.
Produits bancaires utilisés
par la cible
Cité par plus de trois personnes bancarisées sur quatre, le compte courant est le produit bancaire le plus utilisé. Globalement (76%). Cependant, les femmes ont un peu moins accès à ce produit (60%).
Le compte d'épargne est le second produit le plus utilisé (16%), et affiche davantage de succès auprès des 18-24 ans (31%).
La carte bancaire (12%) est le 3ème produit bancaire le plus évoqué, suivi du crédit personnel (7%) et du crédit immobilier (5%).
Capacité d'épargne de la cible
Près de 50 % déclarent épargner régulièrement un certain montant allant de moins de 300 Dhs (15%) jusqu'à 2500
Dhs (9%) par mois. Parmi les individus qui n'épargnent pas ou très peu, on note, une tendance plus relevée parmi les femmes (54%) et les 55-65 ans (61%).
Attrait des produits
de la finance islamique
Interrogés sur leur intérêt pour les produits de la finance islamique s'ils étaient disponibles au Maroc, les particuliers expriment, dans leur écrasante majorité, une opinion positive, 97% d'entre eux se disent très intéressés ou plutôt intéressés par ce type de produits.
Parmi les femmes interrogées on note une forte proportion « très intéressée » (88%).
Il en est de même chez les personnes ayant un diplôme universitaire (88%) et chez les 25-34 ans, plus de 85% d'entre eux se déclarant « très intéressés ».
Intention de recours
à l'épargne islamique
Pour une grande partie des personnes souhaitant avoir recours à l'épargne islamique, le temps d'immobilisation de l'argent sur le compte ne dépasserait pas les douze mois (47%).
Cependant, une partie non négligeable évoque une conservation de un à cinq ans (27%), voire de plus de cinq ans (16%).
En ce qui concerne le montant de l'épargne islamique, les personnes interrogées sont plus d'un sur deux à évoquer une somme de 500 Dhs ou moins par mois (55%), alors que plus d'une personne intéressée par l'épargne islamique sur trois évoque un montant à épargner de plus de 700 Dhs par mois (32%).
Quel potentiel au sein
du marché corporate
et institutionnel marocain ?
Afin de pouvoir déterminer le potentiel de l'épargne institutionnelle pouvant être drainée par les instruments financiers islamiques (principalement les sukuk), le CDVM a mené une étude ciblée auprès d'un échantillon d'émetteurs et d'investisseurs institutionnels marocains.
Un questionnaire a été adressé à un échantillon d'émetteurs constitué de banques ainsi que d'entreprises cotées du premier compartiment ayant déjà émis des obligations cotées. Quant aux investisseurs institutionnels, le questionnaire a été adressé aux sociétés de gestion d'OPCVM.
Emetteurs : Les premières questions du sondage à destination des émetteurs ont porté sur leur expérience concernant les émissions d'obligations réalisées antérieurement. L'ensemble de l'échantillon déclare avoir réalisé avec succès son processus d'émission d'obligations. La quasi-totalité déclare avoir atteint son objectif de levée de fonds. Si 75% jugent l'expérience très réussie, l'ensemble des sondés a toutefois exprimé des réserves quant à la lenteur du processus (tenue d'assemblée générale, rédaction d'une note d'information,….) et du coût élevé d'une émission. La deuxième partie du questionnaire a porté sur la connaissance en matière de produits de financements islamiques. Tous les interviewés ont déclaré connaître la finance islamique et 90% connaissent en particulier les sukuk. 75% connaissent aussi les autres produits islamiques tels que la Mourabaha, l'Ijara et la Moudaraba.
Il en ressort également que 90% de l'échantillon pourrait envisager d'émettre un sukuk si le cadre légal et réglementaire au Maroc le permettait. 62% considèrent que c'est un instrument complémentaire aux produits de financement déjà existant et 25% le considère comme étant un substitut à l'obligation classique. La troisième partie concernait le choix de l'émission. Il a été constaté que 50% de l'échantillon choisirait d'émettre des sukuk à la place d'une obligation classique si les coûts relatifs à chaque instrument étaient identiques mais seulement 13% opteraient pour des sukuk sans considération de coût.
Par ailleurs, 62,5% de l'échantillon sélectionné serait intéressé par des investisseurs réticents aux instruments conventionnels pour des raisons religieuses et 62,5% des sondés préfèrent la cotation des sukuk pour des raisons de liquidité et de dynamisation du marché boursier.
Investisseurs : L'enquête menée auprès des investisseurs institutionnels révèle que les principaux facteurs qui motivent toute décision d'investissement sont la liquidité (100%), le rendement de l'instrument (92%), la sécurité de l'investissement (92%) et le besoin de diversification (62%). Cette prise de décision est également principalement conditionnée par la maturité de l'instrument, la stratégie d'investissement et le couple Risque-Rendement.
92% de l'échantillon déclare connaitre la finance islamique et les sukuk et 75% portent un avis positif sur cet instrument en insistant sur son attractivité pour drainer une épargne potentielle non captée par la finance conventionnelle et son utilité pour les besoins de diversification.
Le choix entre un investissement de sukuk ou d'obligation classique se décidera selon le couple risque/rendement de chaque instrument, la stratégie d'investissement du fonds, ainsi que les besoins de la clientèle qui peuvent aussi être motivés par des convictions religieuses. De plus, 100% déclarent qu'ils n'auraient aucun problème à investir dans des sukuk si l'instrument était attractif du point de vue financier et s'il répondait aux besoins des clients.
Quant à leur préférence en termes de maturité du produit, le tiers des sociétés de gestion préfèrent le court-terme dans un premier temps en raison de la nouveauté du produit sur le marché. Ils envisageraient de proposer d'introduire progressivement des maturités plus longues auprès de leur clientèle, une fois le produit plus connu.
92% des sociétés de gestion ayant répondu indiquent l'importance de la négociabilité du produit en raison de la liquidité et la préférence de leur clientèle ; et 8% préfèrent attendre de voir l'évolution de l'instrument avant de prendre la décision de le coter en bourse.


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