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Mémoire et histoire sportives : Entre stars et anti-héros
Publié dans L'opinion le 11 - 05 - 2013

Mohammedia a, récemment, rendu un vibrant hommage à Houcine Khachane, ancien joueur international de l'USM.
Ce fut une occasion pour des retrouvailles de plusieurs générations d'anciens joueurs de Hassan Akesbi, Moluay Lahcen, Ahmed Faras, premier Ballon d'Or africain au Maroc, à Nouredine Naybet.
CONFUSION ENTRE
PASSE ET PRESENT

La fête s'est déroulée sous les yeux de dizaines d'adolescents, présents dans les tribunes et qui sont venus soutenir leur club de prédilection, le Raja qui a bien voulu animer cet hommage. Mohamed Boudrika s'est même payé un bain de foule en venant remettre un chèque personnel à Houcine, joueur sarcastique et extravagant. Du moins aux yeux de ceux qui l'appréciaient en tant qu'artiste du ballon. Tout autant que Acila, également présent et qui nourrit toute une mythologie qui confond passé, présent et futur dans la tête du spectateur nouvellement investi de la tâche supportériste.
On a, certes, applaudi Houcine, mais générationnellement, les jeunes supporters étaient coupés de ces acteurs qui ont fait vibrer le stade Bachir, à l'époque de leur succès et de leur «starisation», qui remonte aux années 70.
A chacun ses vedettes et son époque et ils font «vieux jeu» ceux qui croient pouvoir monopoliser l'imaginaire et gommer les différences historiques.
Il suffit qu'on arrête de jouer pour être conjugué au passé et jeté dans la boîte noire de la mémoire sportive.
Le foot est fait pour être consommé à chaud dans le cadre de l'histoire immédiate, de l'Ici et maintenant.
 Larbi Banbarek l'avait testé, à son détriment, avant de se renfermer dans l'une de ses plus hautes solitudes, tout autant que Mahjoub, Tibari, Khalfi, Bettache, Driss Joumad, Chicha...
LA STAR SANS DOUBLE

On a pourtant essayé de faire durer le plaisir, y compris outre-tombe, à titre posthume, mais les auteurs des hommages ont vite déchanté car en sport il n'y a pas de double à la star.
Deux tournois en hommage au Père Jégo, un à la mémoire de Bouchaïb Ghalmi, deux pour Saïd Belkola et il n'y a que le Tournoi Ahmed Antifit qui ait tenu pour atteindre sa 26ème édition.
 Que d'absences pesantes, dans un réel qui souffre du mal de l'ingratitude a-historique.
Comme s'ils n'ont jamais existé, après nous avoir laissé des exploits qui témoignent en leur faveur et déclassent leurs successeurs, vrais ou supposés. 
Le philosophe Abdelkebir Khatibi parlait de «morts vivants» et de «vivants morts».
 Heureusement que des ethnologues, issus de l'émigration, ont réhabilité la Perle Noire et Hassan Akesbi, à Marseille, à travers des recherches rigoureuses, qui les réconcilient avec leur Histoire. La nôtre quelque part, car il faut faire durer le plaisir, en faisant un maximum de transferts sur sa vedette de prédilection.
 A chacun la sienne, encore qu'il faille qu'on comprenne que chacun valorise sa star au point d'y voir la meilleure du monde. 
Et cela participe, quelque part, à la crise du sport, à travers l'absence d'une identification à des héros positifs, qui implique une dénégation constante, innée ou héritée et qui se conclue par le rejet de l'autre voire du Moi culpabilisé et frappé d'une incapacité chronique.
On peut y trouver une explication, en partie du moins, à la violence verbale, affichée par les adolescents dominateurs des stades et des endroits où ils ont marqué leur territoire.
DES SLOGANS BOUDES PAR LES ADULTES

Au Bachir, on a monté une tribune pour des spectacles musicaux, lors du jubilé Houcine. Mais quand Bourgogne est venu chanter les Ghiwanes on lui a rétorqué: «La, la, la, Nta Machi Rajaoui» (Non, Non, Non, toi tu n'es pas Rajaoui).
On vous fait l'économie d'autres slogans, portant sur le libidinal qui pèse sur le subconscient de jeunes frustrés, peu soucieux de la présence féminine, dans un stade pourtant en fête vraie ou supposée. 
Finalement on les écoute mais on ne les entend pas ces adolescents des stades, qui essaient de faire passer des messages, à travers des slogans codés, répugnants pour les uns, provocateurs et répréhensibles pour les autres mais jamais cernés comme expression d'un mal être: Celui de l'absence d'une prise en charge conséquente et à temps de nos stars d'hier à aujourd'hui.
Pourquoi avoir tant attendu avant de voir du côté de Houcine, une star livrée à l'oubli et à la dépossession, malgré une grande carrière de joueur avéré y compris par ses concurrents? 
Et puis combien de Houcine ne meublent-ils pas un horizon footballistique obstrué et figé dans ses préjugés ? 
Mais n'ajoutons pas à la sinistrose ambiante et espérons qu'on trouve les moyens de valoriser nos stars pour qu'elles meublent notre économie ludique, au lieu de passer pour des sous-modèles aux yeux de jeunes en pleine construction de leur personnalité. 
 Houcine, longtemps martyrisé et contraint de s'adonner à des boulots précaires a eu ce mot à l'attention de ses pairs, après le jubilé: «Il y a d'autres anciens joueurs qui méritent d'être plus soutenus que moi, espérons qu'ils aient droit à la même gratitude et qu'on ne les laisse pas tomber!».
Ancien joueur mais toujours artiste, Houcine.


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