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"Crimes internationaux et droit des victimes à réparation, le cas de la guerre du Rif", de Mustapha Benchrif : Le réquisitoire
Publié dans L'opinion le 26 - 12 - 2014

Cet ouvrage constitue une these en Droit, revisitée et mise à jour, soutenue en 2011 devant l'université de Dunkerque. L'idée mattresses de cet ouvrage est la mise en oeuvre de la responsabilité des Etats colniaux de leurs crimes perpétrés contre la population et l'environnement lors de la guerre du Rif par l'emploi illicit d'armes classiques et chimiques. L'auteur, Mustapha Benchrif est Docteur en Droit, avocet au Barreau D'Oujda et invite aux universities de Droit. Le present ouvrage vient d'êttre présenté à la Bibliothéque nationale du Royaume du Maroc.
Cette étude se veut une introduction à un débat, à une réflexion que nous souhaitons fine et judicieuse pour appréhender la réalité de la guerre des gaz toxiques qu'a connu le Rif, les types des gaz employés, leurs effets à court et à long termes sur la population et l'environnement, explique d'emblée l'auteur.
Sur le plan politique, l'autorité du pouvoir central affaibli, constamment confronté à des contestations et aux luttes internes, ne pouvait s'exercer sur l'ensemble du territoire marocain. En effet, le pouvoir, de manière continue, disputé, voir partagé avec un autre sultan concurrent, prétendant la légitimité du trône à la place de celui en exercice, ou implicitement partagé avec des chefs guerriers de quelques tribus.
De ce fait, l'autorité du sultan et du Makhzen n'avait d'existence effective que dans les villes où elle est bien ressentie. Dans les régions rurales, à l'Atlas comme au Rif, elle était contestée en raison notamment de la nature répressive et coercitive du pouvoir central dont le Makhzen chérifien représentait le corps de l'Etat. Le Makhzen était perçu comme un système archaïque, traditionnel, régi par un ensemble de règles, non écrites et non dites, relevant plus du politique que juridique, ne se référant par conséquent à aucune loi, encore moins à un droit.
En général, les territoires, plus au moins insoumis à l'autorité du Makhzen, abritaient
Sur le plan économique, la formation socio-économique du Maroc précolonial articule deux modes de production: un mode de production Makhzen et un mode de production Qibla (tribu). Une conception partiellement partagée, notamment avec Paul Pascon, qui dans sa thèse sur le Haouz de Marrakech a relevé la nature précapitaliste du mode de production makhzenien dominant Pour le Rif précolonial, il était question d'une situation de dissidence permanente. Le sultan y est perçu en tant que symbole religieux et arbitre en temps de conflits intertribaux, et non comme pouvoir central répressif et collecteur d'impôts. D'autant plus que la gestion des communautés berbères n'exigeait pas un dispositif administratif et militaire pour s'assurer leur obéissance, bien que leur attachement à la liberté et à l'indépendance, les amenaient à des positions hostiles aux méthodes contraignantes du makhzen.
Après l'occupation d'Oujda et Casablanca en 1907, et celle de Fès en 1911, par la France, l 'Espagne opta pour la même politique graduelle en occupant Larache en 1911, et les villes d'El Ksar-el-Kir et Asilah en 1912.
Au vu de la pratique marocaine des traités, il s'avère que la signature des traités relevait jusqu'en 1912 de la compétence exclusive du sultan. Avant, le sultan, à défaut d'un parlement, recourait aux avis de ses vizirs (ministres) et des oulémas. L'exercice du pouvoir, ne renvoyait à aucun texte à valeur juridique d'autant plus qu'il n'existait pas de lois ou règlements.
La signature du traité de protectorat n'a pas manqué de susciter la montée de la résistance tant au Sud, au Nord (au Rif) et en Atlas. Des soulèvements populaires à Fès ont fini par précipiter la destitution du sultan Moulay Hafid signataire du traité de protectorat et l'intronisation de son frère Moulay Youssef après sa beia (allégeance) par les Oulémas de Fès. Evénement d'importance capitale, toutefois sans incidence aucune sur le statut du protectorat. La France n'avait d'autre préoccupation que de pacifier les foyers de rebellions et d'insoumissions, que Lyautey qualifiait de "fronts passifs " à neutraliser.
La stratégie coloniale de "pacification " adoptée, dans ce sens par le Résident Général, s'articulait autour du principe "faire du contrôle, beaucoup plus que de l'administration directe ".Lyautey, nommé Résident Général le 28 avril 1912, défenseur de la «loi "coloniale, se montra plus enclin à une politique d'association avec le sultan de manière à soumettre le Maroc sous le joug colonial sans trop de dégâts.
Mohammed Abdelkrim El Khattabi déclara l'alerte générale dans le Rif, la menace que représentait la présence espagnole pour un Rif libre et indépendant au moment où le général Sylvestre marchait sur Tafrssite qu'il occupa, sans affrontement, en 1920, alors que Berenguer , de son côté occupa pacifiquement la ville de Chaouen.
La bataille de Dhar Oubarane en Juin 1921, véritable débandade pour les troupes espagnoles, profila les aptitudes guerrières des combattants rifains, qui ne tarderont pas à se révéler lors de la bataille d'Anoual qualifiée de mère des batailles, véritable épreuve de force entre le mouvement rifain et le protectorat.
Suite à la bataille d'Anoual, triomphe sans précédant pour la résistance rifaine, Mohammed Abdelkrim El Khattabi, lors d'un congrès général tenu pour procéder à l'élaboration d'une stratégie de résistance et à l'élection des instances dirigeantes de la "République du Rif ", sera à l'unanimité élu chef et Emir (prince) du Rif, par des représentants et chefs de tribus de l'ensemble du territoire rifain. Reconnu «leader» par le Monde islamique, fut invité es qualité au congrès du Caire tenu à la fin de 1925, et par Ibn Saoud à titre de "Souverain " du Maroc au congrès de la Mecque. Le sultan du Maroc Moulay Youssef ne reçut jamais d'invitation.
Au congrès du Caire, comme celui tenu à la Mecque, Mohamed Abdelkrim El Khattabi fut reconnu comme représentant légitime du Rif, tant que Moulay Youssef est sultan des français. Il serait important de souligner que cette reconnaissance politique du Monde musulman d'Abdelkrim comme " Souverain marocain " à l'époque, en signe de solidarité, a un fondement logique et foncièrement religieux, vis-à-vis d'un pays musulman, donc frère qui est le Maroc dominé par des puissances européennes «autorisées "par les sultans (My Hafid et My Youssef), officiels du Maroc, de le gouverner dans le cadre du processus de «pacification « politique et l'applicabilité des dispositions du traité de protectorat franco-marocain du 30 Mars 1912.
La défaite de l'Espagne à Anoual lui fit perdre "le terrain qu'elle avait gagné pendant des années de guerre ". Le désastre d'Anoual révéla, en effet, la gravité des dangers de la "république du Rif " pour la présence du protectorat au Maroc. Le privilège colonial, censé être sécurisé, ne pouvait l'être, face à révolution populaire qui, outre son ascendance, gagne en termes de maturité et de crédibilité ; allant jusqu'à intimider, à plusieurs reprises, les forces françaises à Beni Zerwal et menacer d'occuper la ville de Fès
(Lire la suite vendredi prochain)


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