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Cet inquiétant vent chaud qui commence à souffler de l'Est : L'Algérie, un prochain « Failed State »
Publié dans L'opinion le 29 - 01 - 2015

« Chergui » est ce vent chaud venant de l'est, peu apprécié parce qu'il assèche tout sur son passage. Depuis quelques temps, on le sent souffler de manière inquiétante. Un cumul de petits signes alarmants laisse penser qu'il faudrait peut être s'attendre à hausse de chaleur à l'est du Oued Isly, telle qu'elle pourrait provoquer une tornade qui dévasterait ce pays voisin.
Dimanche 25 janvier, les forces de sécurité marocaines ont arrêté un ressortissant algérien, qui serait l'un des tueurs du citoyen français enlevé, en septembre de l'année dernière, en Algérie, Hervé Gourdel. A Beni Drar, aux environs d'Oujda et des frontières algériennes, une cache d'armes a également été découverte, contenant des armes, des explosifs et du matériel de communication.
Sachant que le groupe jihadiste qui a enlevé et assassiné Gourdel opérait dans les montagnes de Kabylie, à quelques 500 kms des frontières marocaines, il est effarant de constater qu'un terroriste membre dudit groupe, qui doit sûrement figurer parmi les individus les plus recherchés en Algérie, ait pu franchir toute cette distance jusqu'au Maroc, sans se faire repérer et intercepter. Si ce n'est pas de l'incompétence de la part des services de sécurité algériens, ça y ressemble beaucoup.
Puis il y a cette mise en état d'alerte des troupes des Forces Armées Royales stationnées au sud-est du pays, selon le journal électronique « Le360 ». Des renforts auraient été également déployés dans cette zone, afin de contrer d'éventuelles infiltrations de bandes de trafiquants pourchassés par l'armée mauritanienne. Ces groupes narcoterroristes, rapporte de son côté le journal arabophone « Al Massae », auraient fait de la région désertique s'étendant aux confins du Maroc et de la Mauritanie un repère surnommé « Kandahar ». Outre des mauritaniens, ces groupes seraient aussi composés d'algériens et de polisariens.
Le début de l'année, en Algérie, a été, d'autre part, marqué par un événement des plus curieux. Les habitants d'Aïn Salah, à Tamanrasset, dans le sud algérien, ont multiplié les manifestations pour protester contre les projets d'exploitation de gisements de gaz de schiste dans leur région. C'est la première fois, depuis l'indépendance du pays voisin, que les habitants de cette région sortent dans la rue exprimer leur mécontentement.
Il faut souligner que cela fait, quand même, plusieurs décennies que les richesses en gaz naturel sont extraites du sous-sol de ladite région, sans que ses habitants en profitent. Mais ils ne s'en sont jamais soulevés pour autant. D'ailleurs, c'est plus pour protéger le territoire ou ils vivent des conséquences écologiques désastreuses de l'extraction du gaz de schiste qu'ils ont élevé, pour la première fois, la voix, que dans le but de réclamer la part des revenus gaziers qui leur est due.
Les médias officiels algériens ont eu, d'ailleurs, beau ressortir, comme d'habitude, l'histoire de la fameuse « main invisible étrangère » qui tirerait sur les fils des événements dans le sud algérien, plus personne ne semble la gober dans le pays voisin. C'est que les habitants d'Aïn Salah ont la réputation d'être des gens très pacifiques, pas du tout portés, par nature, sur la contestation. Aculés, écœurés, ils viennent, toutefois, de s'y mettre eux aussi...
L'empressement avec lequel les dirigeants algériens veulent commencer à exploiter les gisements de gaz de schistes dans le pays voisin est, par ailleurs, fort instructif sur l'état de ses finances publiques. Avec un baril de pétrole à 45 dollars, les dirigeants algériens ne savent plus à quel saint se vouer pour boucler le budget.
La provision de devises, quelques 200 milliards de dollars, engrangée durant la période de vaches grasses du baril de pétrole à plus de 100 dollars ? Elle existe bel et bien, mais... pas en Algérie ! Ces fonds faramineux ont été déposés à l'étranger et il n'est pas aussi facile de les faire rapatrier que le commun des citoyens algériens pourrait se l'imaginer, à en croire les explications d'un ancien ministre des finances, Ghazi Hidouci, lors d'une émission de débat télévisée. Si les cours du pétrole devaient rester plus longtemps aussi bas, l'Algérie en serait même amenée, d'après lui, à emprunter pour couvrir ses besoins en liquidité. Et comme il s'agit d'un pays à risques multiples et élevés, il est évident que le coût pour l'Algérie du loyer de l'argent en serait non moins élevé.
Chimérique gaz de schiste
Hocine Malti, ancien vice-président de la Sonatrach, la compagnie pétrolière du pays voisin, auteur d'un livre intitulé « Histoire secrète du pétrole algérien », affirme, en connaisseur du domaine, qu'il faudrait au minimum cinq années pour développer les capacités d'extraction du gaz de schiste. Ce qui expliquerait la hâte des dirigeants algériens à commencer le plus tôt possible les démarches indispensables. Sauf que les besoins en financements de l'État algérien sont autrement plus pressants et cinq ans à attendre, c'est vraiment trop long. En attendant, c'est une véritable frénésie de l'exploitation de tous les gisements d'hydrocarbures conventionnels connus qui secoue les dirigeants algériens, dans le but d'augmenter la production et, par conséquent les revenus. Ce qui est le comble de l'idiotie, puisque le marché international souffre déjà de saturation et que la demande y est atone. Plus d'hydrocarbures déversés sur ce marché ne ferait, alors, que renforcer le mouvement baissier des cours.
Mais encore plus que le terrorisme « résiduel », qui fait pourtant toujours pas mal de ravages dans le pays voisin, que l'état des finances publiques, mis sous pression par la chute des cours du pétrole, la menace imminente qui pèse sur l'Algérie est celle de l'instabilité politique.
Dans ce pays maghrébin ou les présidents ont toujours été « choisi » par les hauts gradés de l'armée, avant d'être élus par le peuple à travers des parodies de scrutin, il y a une rupture de stock de candidats potentiels « présentables », alors que Bouteflika est mourant. Personne ne semble avoir idée de ce qui pourrait se passer en Algérie, si Bouteflika venait à décéder prochainement. La guerre des clans fait déjà rage à Alger, mais aucun des clans qui s'affrontent pour occuper Al Mouradia, après Bouteflika, ne semble assez puissant pour être en mesure de prendre définitivement l'ascendant. Encore moins de tenir fermement les rennes du pouvoir, même s'il venait à y accéder.
Sept ans après la rédaction du rapport de l'Office européen anti-fraude sur les détournements des aides humanitaires destinés aux habitants des camps de la honte de Lahmada, en Algérie, il a été « déterré » et publié. Ce qui laisse entendre que ceux, à Bruxelles, qui l'avaient « enterré » pendant toutes ces années, ont senti le vent tourner.
Aussi difficile que c'est à croire, l'Algérie réunit actuellement tous les ingrédients d'un prochain « Failed State », un État défaillant. Et c'est sa propre élite politique qui accélère sa déliquescence. Quand on entend Abdelmalek Sellal s'exprimer, on a du mal à admettre qu'il s'agit d'un chef du gouvernement. Il est plus célèbre, auprès de l'opinion publique algérienne, pour ses dérapages verbaux que pour ses réalisations.
L'Algérie n'est pourtant pas un pays en déficit de compétences. Sauf que ce sont des mafieux et des imbéciles, qui leur servent de couverture, qui s'accaparent le pouvoir. Pour avoir tenté de renverser la vapeur, feu Boudiaf s'est fait éliminer. Les élites politiques algériennes s'adonnent démesurément à leur sport favori ; la lutte pour le contrôle du pouvoir et les passe-droits qui vont avec, sans prendre conscience que le navire est entrain de prendre l'eau. Ou alors, ces élites s'en moquent éperdument. Quand le naufrage deviendra imminent, ils fuiront le navire comme des rats pour aller profiter du butin du pillage organisé placé à l'étranger.
Le Chergui qui souffle sur les marches orientales du Royaume ne fait que commencer, comme les situations politique, sécuritaire, économique, sociale et financière semblent l'indiquer. Ce n'est donc plus vraiment le moment d'ouvrir le portail frontalier, mais plutôt celui de le garder bien fermé. Nul envie de voir le Maroc se faire éclabousser par ce qui ne va pas manquer de se produire à l'est de l'Oued Isly.


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