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Vacances d'été
L'étranger en vogue chez les Marocains
Publié dans L'opinion le 22 - 07 - 2019

Les Marocains se font de plus en plus nombreux à préférer l'étranger comme destination de leurs vacances d'été, suivant les tendances en réponse chacun à des exigences et besoins divers. Ce changement révélateur d'une métamorphose sociétale, dont l'impact économique est évident, soulève nombre de points pour réflexion et débat.
Avec l'émergence d'une classe moyenne qui n'hésite pas à se projeter vers de nouveaux horizons, la liste s'allonge chaque année de nouveaux postulants qui ont mordu à l'hameçon, dans un moment où ceux qui en ont pris goût bien avant, leur fidélité leur a valu des facilitations-récompenses, à l'instar de visas longue-durée, question de les fidéliser encore davantage.
Car pour les plus rompus, et leur cercle ne cesse non plus de s'élargir, le voyage hors du territoire, auquel ils consacrent un budget conséquent, est effectué au moins deux fois par année, pour les vacances d'été et celles du Nouvel an.
Et à n'en juger que par le nombre de visas délivrés en 2018 aux Marocains par les services consulaires français à eux seuls, ils seraient environ 400.000 à avoir obtenu l'accès à l'espace Schengen.
Ce chiffre fait du Royaume le deuxième pays pour la délivrance de visas français, après la Chine, un constat dressé et claironné par les autorités françaises à haut niveau. "Jamais dans l'histoire la France n'a délivré autant de visas aux Marocains qu'en 2018", assure le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors d'une récente visite à Rabat.
Cela sans compter les visas délivrés par les autres ambassades européennes et celles d'autres pays, ou encore les dossiers rejetés qui se comptent également par milliers.
Et sans besoin d'être bon spécialiste, rien que pour les frais engagés, non-remboursables pour ceux dont les demandes de visas n'ont pas été satisfaites, le calcul, additionné aux dépenses propres aux voyages, mène facilement vers des milliards de dirhams qui transitent chaque année vers l'étranger.
En effet, ces voyages ont coûté près de 19 milliards de dirhams (MMDH) en devises au titre de 2018, en progression de 9% par rapport à 2017, année qui avait déjà enregistré une hausse de 21%, selon les chiffres de l'Office des changes.
En 2018, les dépenses de voyages des Marocains à l'étranger ont augmenté de 1,55 MMDH pour s'établir à 18,9 MMDH, soit une hausse plus forte que celle des recettes touristiques en devises engrangées par le Maroc (+1 MMDH), d'après les mêmes chiffres.
Et la facture ne va que s'alourdir à coup sûr avec l'augmentation de la dotation touristique décidée en 2019 et qui passe à jusqu'à 100.000 DH par personne par an.
Ces 19 milliards de dépenses constituent une importante sortie de devises, dont l'évolution constante risque d'aggraver le déficit qui pénalise la balance commerciale du Maroc.
Cette tendance, de plus en plus en vogue chez les jeunes, couples ou familles, a donc au moins un côté sombre, économique en l'occurrence, mais les Marocains ont adopté ce "style de vie", un choix irréversible d'autant plus motivé par une offre étrangère envoûtante.
"Ça fait pratiquement quatre ans que je passe mes vacances en famille hors du Maroc. Un ami avant moi m'a parlé de son aventure et, à l'entendre, je n'ai pas vraiment trop hésité à me convaincre. Au début c'était un peu dissuadant, surtout en termes des formalités pour l'obtention du visa et la paperasse y afférente, mais une fois arrivé à destination, on sent toute suite que ça vaut le détour !", résume Amine El Yazidi, un entrepreneur de 38 ans, père de deux enfants de 15 et 10 ans.
"Même les enfants ont été piqués et ce sont eux qui désormais effectuent toutes les démarches, de la prise de rendez-vous pour visa à la réservation du bateau et aux propositions d'hébergement, tellement l'offre est abondante, le tout en un clic", illustre-t-il, vraisemblablement soulagé alors que s'approche le départ.
Et comme des milliers d'estivaliers marocains, la famille El Yazidi a jeté son dévolu sur l'Espagne pour la deuxième année consécutive, mais cette fois-ci au nord de la péninsule ibérique, toujours en voiture.
"Si tout se passe comme envisagé, le congé à l'étranger c'est vraiment la vie où tout a un goût!", philosophe Nabil Ghazi, un ingénieur informaticien qui, lui, en couple, opte pour l'avion.
Offres attractives pour les vols low-cost qui nous reviennent très moins chers, d'autres offres aussi diversifiées qu'alléchantes proposées pour tous les goûts en termes d'accueil et de divertissement, un cadre où le rapport qualité-prix prend tout son sens, "c'est irrésistible", argue-t-il.
Effectivement, si pour des destinations lointaines (Brésil, Turquie, Amérique du nord....), l'aérien demeure l'unique voie possible, d'autres, ceux en particulier en partance pour l'Europe, font la traversée en bateau avec leurs propres véhicules, l'idée logique et compréhensible étant de profiter à plein régime des leurs vacances à travers une mobilité libre envisagée à travers tout l'espace Schengen, en pleine saison estivale.
Les adeptes du shopping ne sont pas non plus désenchantés: ils profitent des périodes de soldes pour s'approvisionner en gros, pour des produits de qualité à des prix abordables.
C'est dire que l'offre est vraiment irrésistible ! En quête de voyages qui les transforment et transforment leur manière de voir, que ce soit pour le culturel ou le balnéaire, pour le dépaysement ou pour la découverte, tout le monde y trouve son compte.
"Notre cher pays est pourtant beau et ce ne sont pas les atouts touristiques qui manquent, mais le voyage en interne (...) nous est plus coûteux qu'à l'étranger, pour un service, à vrai dire, souvent en deçà des attentes", déplore Mohamed Belmoudden, un super dénicheur des offres "last-minute", lui qui parfois prend l'avion ou tente la traversée de la Méditerranée même en week-end.
Interrogés à ce sujet, nombreux sont les adeptes du voyage à l'étranger qui pointent du doigt d'emblée le rapport qualité-prix, décisif dans leurs choix, tout en réitérant qu'en termes de développement, la façade méditerranéenne du Royaume, à titre d'exemple, n'a rien à envier à la rive Nord.
Cependant, le voyage à l'étranger pour les vacances, s'il est annonciateur d'un manque à gagner pour le Maroc sur le plan économique, contribue à n'en point douter à forger la personnalité du citoyen marocain, favorisant, à un prix certainement, l'émergence d'une génération plus réceptive et plus ouverte sur d'autres civilisations, d'autres cultures et d'autres langues, à l'ère où les nouvelles technologies rendent le globe de plus en plus exigu.
Une offre agressive dédiée, capable de persuader cette frange, épine-dorsale de la société et qui se fait entendre, contribuera indubitablement à stopper cette "fuite" effrénée et à asseoir les bases d'un tourisme interne fort, à la hauteur du statut de ce secteur, pilier de l'économie national et l'un des moteurs les plus puissants de la croissance et du développement.
"La numérisation, les nouveaux modèles d'activité économique, le coût plus abordable des voyages et les changements sociétaux devraient continuer à modeler notre secteur. Les destinations, tout comme les entreprises, doivent s'adapter pour rester compétitives", avertit le Secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme, Zurab Pololikashvili.


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