L'ONG mauritanienne Mémoire et Justice a saisi, jeudi, le Conseil des droits de l'homme (CDH) de l'ONU de la question des citoyens Mauritaniens victimes d'enlèvement, de détention arbitraire et de liquidation physique sommaire par le groupe séparatiste du Polisario, avec le soutien de la sécurité militaire algérienne. Intervenant en plénière de la 17ème session du CDH, le représentant de cette ONG, Ahmed Achleychel, a rappelé que dans les années 1970, des Mauritaniens ont été pris pour cible dans les camps de la milice du polisario, qui les a séquestrés dans des prisons, où des dizaines d'innocents ont été torturés et liquidés. Le destin de certains d'entre eux demeure inconnu à ce jour, a-t-il précisé. Ayant été lui-même victime de détention et de disparition forcée dans les camps de Tindouf en Algérie, l'intervenant a apporté son témoignage devant le Conseil de cette expérience douloureuse, soulignant qu'il s'agit d'un déni des droits sociaux et économiques les plus élémentaires, conjugué à des pratiques de torture, de violence, d'humiliation, de viol et d'enlèvement, en l'absence de toute protection internationale. Aujourd'hui, les victimes souffrent de voir leurs tortionnaires circuler en toute quiétude, sans remords de leur passé et les familles des victimes attendent toujours d'être fixées sur le sort des leurs et d'en faire le deuil dignement, a ajouté le délégué de Mémoire et Justice, tout en imputant à l'Algérie une lourde responsabilité sur ce dossier macabre, puisque les atrocités précédemment citées se sont déroulées sur son territoire et avec la complicité de sa sécurité militaire. Les victimes et leurs familles portent leur espoir sur votre honorable Conseil afin que cessent leurs souffrances et que justice leur soit enfin rendue, a souligné M. Achleychel, lançant un appel aux autorités algériennes afin d'élucider le sort des centaines de Mauritaniens disparus sur leurs territoires.