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OMS vs Trump : à qui la faute ?
Publié dans Maroc Diplomatique le 16 - 04 - 2020

Mardi 14 avril 2020, alors que le monde compte près de 2 millions de personnes infectées au Covid-19, Donald Trump décide du gel de la contribution américaine à l'Organisation Mondiale de la Santé. Depuis, ces deux derniers se renvoient la balle quant à la mauvaise gestion de l'épidémie, et l'OMS risque d'être paralysée suite à ce pas dangereux de Trump.
Les raisons du gel
« Nous nous demandons si la générosité de l'Amérique est utilisée à bon escient », disait Trump lors de l'annonce du gel de la contribution américaine. Avec une contribution à hauteur de 22%, en 2019, au budget de l'Organisation, cette décision risque de paralyser le fonctionnement de l'OMS. Ce que reproche Trump, c'est la mauvaise gestion de la pandémie : elle n'aurait pas « réussi à obtenir des informations fiables, de façon rapide et transparente auprès de la Chine ». En effet, Il y a quelques semaines déjà, Trump reprochait à l'OMS d'entretenir une certaine proximité voire d'adopter un comportement pro-chinois.
Parmi les raisons de ces accusations, les instructions de l'OMS après que les Etats-Unis ont décidé de la suspension des liaisons avec la Chine et de l'entrée sur leur territoire des personnes y ayant séjourné. Une décision qui avait été critiquée par l'OMS en janvier, qui dénonçait des mesures allant à l'encontre du commerce international et du tourisme. Trump accuse alors l'OMS d'avoir donné des informations qui ont induit en erreur le monde entier, notamment à travers une communication qui disait que : « D'après les dernières informations, il n'y a pas de preuve établissant une transmission de virus entre humains ».
L'OMS coupable ?
Donald Trump n'est pas le seul à avoir manifesté son mécontentement vis-à-vis de la gestion par l'OMS. Si ce dernier a reproché aussi à l'organisation le refus d'envoyer des experts en Chine pour estimer l'ampleur de la situation, d'autres comme Taiwan ont déclaré que leurs avertissements concernant une « pneumonie atypique » adressés, dès la fin du mois de décembre, avaient été ignorés. Un article publié le 29 janvier par nos confrères du journal Le Monde, expliquait comment la Chine aurait fait pression pour retarder l'annonce de l'épidémie, via son représentant au comité d'urgence lié au Covid.
La « politisation » du virus
Si la remise en question de la gestion de la pandémie par l'OMS peut être justifiée, Donald Trump ne demeure pas moins responsable de la situation chaotique aux Etats-Unis. Plusieurs couacs et déclarations durant lesquelles il minimisait l'importance du virus, « grippe corona » disait-il, qui disparaîtrait en Avril, lui ont valu d'importantes critiques dans le monde entier. Le pays est, aujourd'hui, l'épicentre de l'épidémie et les tergiversations se poursuivent. En plein pic, Trump réfléchit déjà à une réouverture de l'économie alors que l'Etat de New-York compte plus de cas que l'Italie. Volonté de « politiser le virus » selon le Directeur général de l'OMS qui a appelé à « ne pas utiliser le virus afin de marquer des points en politique », et volonté de détourner l'attention de la mauvaise gestion américaine. En effet, force est de rappeler qu'en mars, le président américain accusait l'OMS de mentir sur les chiffres du taux de mortalité qui était estimé à 3.4%. Un chiffre faux selon lui, qui se situerait, en réalité, en dessous des 1% déclarait-il.
Suite à l'annonce de ce gel, le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, parle d'une volonté de « changement radical » : « Par le passé, l'OMS a fait du bon boulot. Malheureusement, cette fois, elle n'a pas fait de son mieux, et nous devons faire en sorte de faire pression pour changer radicalement cela ».
La communauté internationale s'est insurgée contre cette décision qui va paralyser l'OMS, alors que des recherches de vaccins notamment sont en cours. Si l'OMS essuie des critiques depuis plusieurs années, il convient toutefois de se rappeler que les premiers impactés par une asphyxie de l'organisation pourraient être les pays du sud, qui, contrairement aux pays développés ne disposent pas tous d'Instituts de veille sanitaires et pour qui les rapports, les recommandations, les directives et les actions des équipes sur place peuvent être précieuses.


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