Après les nombreux revers, le Polisario limoge son représentant à Genève    Syrie : Réouverture de l'ambassade du Maroc à Damas    L'ambassadeure de l'UE rend hommage à 23 boursiers marocains du programme Erasmus+    Maroc : Arrestation d'un Français d'origine algérienne visé par un mandat d'arrêt international    Jazzablanca 2025 : Maalem Bekkas and Waaju bridge Morocco and the UK through Gnaoua-Jazz    Maroc : Le chercheur Mimoun Aziza compile ses écrits sur le Rif et l'Espagne    Talbi Alami s'entretient à Paris avec la présidente de l'Assemblée nationale française    Linda Yaccarino quitte son poste de PDG de X d'Elon Musk    CAN féminine : la Zambie s'impose face au Sénégal au terme d'un match spectaculaire    Ligue des Champions : L'UEFA change une nouvelle fois les règles    ANME : Le projet de loi relatif au Conseil National de la Presse, une étape essentielle pour combler le vide institutionnel    La président Donald Trump impose un droit de douane de 30 % sur les importations algériennes, une riposte du régime d'Alger est peu probable    Forum de l'alternance: le Maroc et la France affûtent leur coopération dans l'enseignement supérieur    Bancarisation: les nouvelles révélations de Bank Al-Maghrib    Bientôt des « Visites Mystères » pour renforcer la qualité des hébergements touristiques au Maroc    Mehdi Bensaïd plaide pour une refonte du droit de la presse à l'aune des mutations du métier    Sahara marocain: Un consensus international irréversible autour de la marocanité du Sahara et un appui soutenu à l'Initiative marocaine d'autonomie comme seule solution politique à ce différend régional    Le Maroc et le Brésil déterminés à inscrire leur partenariat dans la durée au service d'un avenir plus intégré et plus prospère (M. Zidane)    Info en images. Voie express Fès-Taounate : Lancement des travaux de la 3e tranche    M-Automotiv renforce son réseau à Casablanca avec Panadis Auto    Infirmerie : quatre Lions de l'Atlas de retour, cap sur la reprise    Défense : Le Maroc avance vers la souveraineté industrielle avec le véhicule blindé WhAP 8×8    La Chambre des conseillers adopte en deuxième lecture le projet de loi relatif à la procédure civile    Etats-Unis – Afrique : Donald Trump reçoit cinq chefs d'Etat africains à Washington    Prévisions météorologiques pour le jeudi 10 juillet 2025    Justice : la détention préventive en net repli    Fortes averses orageuses avec grêle locale et rafales de vent mercredi dans plusieurs provinces (bulletin d'alerte)    Gaza: une vingtaine de morts dans des attaques israéliennes    Espagne: Pedro Sánchez annonce « un plan national de lutte contre la corruption »    Texas: le bilan des inondations dépasse les 100 morts    CCM : La fiction locale devient la vraie star des salles obscures    La Dance World Cup 2025 accueille pour la première fois le Maroc et consacre la danse orientale comme art folklorique    Etats-Unis : Selon les médias algériens, le Congress aurait rejeté à 98% le classement du Polisario comme mouvement terroriste [Désintox]    CAN 2025 - CAN Féminine 2024 : Danone alimentera 10 000 volontaires et 5 000 journalistes    Spain supports Morocco's customs closure in Melilla citing bilateral agreement    Belgique : Le Collectif contre l'islamophobie dans le viseur des renseignements    FRMF / LNFP : La Ligue communique au sujet des A.G. des clubs    CAF / LDC- CCAF : la date du tirage au sort des deux tours préliminaires dévoilée    HUSA / Amir Abdou : à peine arrivé, déjà sur le départ !?    Feuille de route pour l'emploi: Le gouvernement enchaîne les réunions, le chômage en ligne de mire    BLS lève 500 millions de dirhams pour soutenir son développement logistique au Maroc    Découverte scientifique : Le lien révélé entre nos ancêtres et les pharaons [INTEGRAL]    Patrimoine ivoirien Le Tambour parleur Ebrié retourne au pays    Renaissance Pharaonique : Le Grand Egyptian Museum fait peau neuve    Summer Grill by George, la nouvelle escale culinaire de Mazagan Beach & Golf Resort    Voie express Fès-Taounate : Lancement des travaux de la 3e tranche pour un coût de 324 MDH    Ventes de ciment : un premier semestre d'excellente facture !    CAN féminine (Maroc-RD Congo): Les Lionnes de l'Atlas visent la pole position    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La fumeuse autodeterminationnite aigüe des gouvernants algériens
Publié dans Maroc Diplomatique le 26 - 12 - 2020


Par Abdessamad MOUHIEDDINE
Les gouvernants d'Alger ne cessent d'opposer le principe du « droit d'autodétermination des peuples » à celui de « l'intégrité territoriale » dont se réclame le Maroc quant à ses provinces sahariennes. Cette posture belliqueuse n'a rien de noble. Elle n'a qu'un objectif : nuire au droit inaliénable du Maroc à son intégrité territoriale. Focus.
L'Algérie qui ne doit sa libération et même son existence qu'au principe de « l'autodétermination des peuples » ne peut l'opposer au Maroc qui s'est libéré, lui, du Protectorat qu'à la faveur de sa dénonciation des pratiques abusives ayant altéré ce même Protectorat. D'autant que « l'Empire chérifien » existait avant la signature du Traité de Fès instaurant le statut protectoral français. Sans évoquer le prestigieux et long parcours de l'Etat marocain, qui compte parmi les vieux du monde.
Parce qu'elle est née du principe d'autodétermination, l'Algérie en a fait un dogme universel applicable tous azimuts et opposable au reste de l'humanité. C'est comme si la monarchie marocaine s'employait un jour à imposer son statut fondateur de « Commanderie des croyants » au peuple algérien !
D'ailleurs, le droit à l'autodétermination, reconnu par les Nations unies et le droit international, n'implique pas nécessairement celui à l'indépendance. Et pour cause : même s'il a été rappelé dès l'article premier de la Charte de l'ONU, en 1945, même s'il a été institutionnalisé dans les années 1960 lors de la grande vague des décolonisations, l'ONU, en même temps, n'a cessé de rappeler le principe fondateur du droit international public : celui des Etats à préserver leur intégrité territoriale. L'antériorité et, par conséquent, la primauté du principe de l'intégrité territoriale sur celui de l'autodétermination des peuples ne fait aucun doute pour toute lecture équilibrée de l'abondante littérature juridique internationale en la matière.
En effet, nul besoin d'être un spécialiste chevronné du droit international pour affirmer que « l'intégrité territoriale constitue un principe de droit international déjà en place dans l'Antiquité grecque ». Elle évoque le droit et devoir inaliénable d'un Etat souverain à préserver ses frontières de toute influence extérieure. « C'est une caractéristique de la nation, lui fournissant le prétexte suffisant à l'entretien d'une armée pour en assurer la défense ».
Alors que le principe de « l'intégrité territoriale » est né depuis que les hommes se sont constitués en communautés partageant, outre une histoire et un destin commun, un même territoire et les mêmes valeurs du vivre-ensemble, le « droit à l'autodétermination des peuples » est né, quant à lui, dans des circonstances historiques spécifiques.
En effet, amorcé après la première guerre mondiale avec le démantèlement des grands empires européens multinationaux – Autriche-Hongrie et Empire ottoman –, ce droit des peuples à disposer d'eux-mêmes a été réactivé à la faveur du mouvement de décolonisation en Afrique, en Asie et ailleurs. Même dans l'esprit de ses initiateurs, ce droit ne saurait être opposables à l'intégrité territoriale des Etats-nations.
Ainsi, au lendemain de la première guerre mondiale (1914-1918) et de l'implosion des empires austro-hongrois et ottoman, il fallait doter les mouvements d'émancipation des peuples précédemment précédemment occupés par ces empires d'un outil légal et légitime leur permettant de bénéficier de la reconnaissance universelle. Les Etats-Unis, eux-mêmes nés de la libération du joug colonial britannique, étaient les premiers à promouvoir ce droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
Un véritable droit à l'autodétermination a pu être ainsi reconnu lorsqu'il était question pour des peuples de s'affranchir d'une domination étrangère, ce qui était cas du Sahara marocain longtemps occupé par l'Espagne. Il devient en revanche plus compliqué de l'admettre lorsqu'il s'agit de soutenir des ambitions indépendantistes fondées sur des spécificités distinguant une population du groupe national auquel elle était jusqu'alors liée, comme l'a attesté la Cour internationale de La Haye pour les tribus sahariennes. Ainsi, une telle revendication peut se heurter à la nécessité de contenir les forces centrifuges participant à une érosion de la notion même d'Etat dont la population comprise dans sa diversité représente un élément constitutif déterminant. Dans ce cas extrêmement particulier, l'exercice du droit à l'autodétermination semble impliquer une consultation démocratique, ce qui ne cesse d'être réaffirmé à la faveur des différentes élections dans les provinces sahariennes marocaines. Aussi, le droit des peuples à l'autodétermination externe s'oppose-t-il à l'Etat, c'est-à-dire à son droit à l'unité tel que stipulé dans l'article 2§7 de la Charte des Nations Unies.
La duplicité de l'Espagne et la France
Du fait de ce principe, le droit international considère la sécession séparatiste comme du domaine du droit interne de l'Etat concerné. Les démocraties apposent ce terme dans les déclarations constitutionnelles. Le séparatisme d'une zone dissidente est vu comme une atteinte à l'intégrité territoriale par la puissance souveraine. Être garant de l'intégrité territoriale entre donc dans les responsabilités du chef de l'Etat, comme c'est le cas de la constitution marocaine.
Le gouvernement espagnol qui, à de rares exceptions près, s'est distingué par sa duplicité quant au droit du Maroc à préserver son intégrité territoriale s'est trouvé, il y a cinq ans, dans une sale posture face aux revendications de la Catalogne. N'est-ce pas au nom de l'intégrité territoriale du royaume d'Espagne que le débat concernant le statut des communautés autonomes du Pays basque et de Catalogne, entraînées par leurs représentations respectives (et leurs populations qui ne se voient pas comme une minorité nationale espagnole), a atteint pendant l'année 2005 des sommets ? Le commandant de l'armée espagnole n'avait-il pas rappelé l'article constitutionnel par lequel cette prérogative lui incombe, dans le cas où les textes débattus à l'assemblée nationale espagnole passeraient ?
La France, qui peine à reconnaître franchement et expressément la souveraineté marocaine sur ses provinces sahariennes, comme l'ont fait les Etats-Unis d'Amérique, parce qu'elle craint de fâcher la soldatesque algérienne, n'a-t-elle pas « bavé » des revendications nationalistes et du terrorisme corses ? Sans parler des spasmes indépendantistes de ses « possessions » d'Outre-mer ?
En vérité, les gouvernants d'Alger ont transformé le noble principe d'autodétermination des peuples en un outil de casus belli à l'encontre d'un pays voisin qui ne s'est jamais permis d'en user à son tour au profit des spasmes particularistes qui ne cessent de traverser l'Algérie depuis son indépendance, de la Kabylie amazighe jusqu'à ses contrées du Sahara oriental. Le Maroc a-t-il nui un jour à l'intégrité territoriale algérienne, y compris lors de la décennie noire des années 90 ?
Cette « autodéterminationnite » aigüe, foncièrement anti-marocaine, est l'exemple même d'une « vérité intentionnellement usitée en mensonge » (حَقٌّ يُرَادُ بِه بَاطِل).
Et si les militaires, qui hypothèquent le destin du peuple algérien frère depuis son indépendance, s'appliquaient à eux-mêmes et d'abord à ce dernier le principe d'autodétermination que ne cesse de réclamer le Hirak dont le retour ne tardera point dès la disparition de la pandémie covidienne ?
Quant au Maroc, il a, de lui-même, mis en branle la seule véritable autodétermination de ses provinces sahariennes qui soit « viable, durable et crédible » en proposant leur large et respectueuse autonomie !
Quand sa demeure est en verre, est-il raisonnable de jeter des pierres sur celle du voisin ?


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.