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Maroc–Syrie : un tournant diplomatique majeur sur fond d'unité
Publié dans Maroc Diplomatique le 28 - 05 - 2025

La fermeture du bureau des séparatistes du « polisario » à Damas, sur fond de rapprochement entre Rabat et Damas, marque un tournant significatif dans la redéfinition des alliances régionales. Ce geste symbolique illustre une volonté partagée de normaliser les relations syro-marocaines, dans le sillage du retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe et des remerciements officiels adressés à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Au-delà du protocole, c'est toute une recomposition diplomatique qui se dessine.
Dans le cadre de la visite à Damas de la mission technique marocaine chargée de préparer la réouverture de l'ambassade du Royaume du Maroc en Syrie, une mission conjointe, réunissant des responsables marocains et des hauts responsables syriens, s'est rendue sur place afin de constater la fermeture effective du bureau du polisario dans la capitale syrienne.
Les autorités syriennes ont réaffirmé, par ce geste, leur engagement à respecter la souveraineté nationale et l'intégrité territoriale du Royaume, rejetant toute forme de soutien aux entités séparatistes et consolide la volonté du pays de renforcer sa coopération bilatérale avec le Royaume chérifien et de promouvoir la stabilité régionale.
Avant d'en arriver à ce tournant diplomatique, il convient de revenir sur les origines de la rupture entre Rabat et Damas. Dès les années 1960, les relations entre les deux capitales ont été marquées par une profonde incompatibilité idéologique. En Syrie, le Parti Baas accède au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat en 1963, avant que Hafez al-Assad ne prenne le contrôle du pays en 1970 à travers un coup de force interne au parti. Il dirigea la Syrie jusqu'à son décès en 2000, laissant le pouvoir à son fils Bachar al-Assad, resté à la tête de l'Etat jusqu'à la chute de son régime le 8 décembre 2024.
Lire aussi : Le Maroc dépêche une mission pour rouvrir son ambassade en Syrie
Dans les années 1970, la question de la souveraineté du Maroc sur le Sahara a accentué les tensions entre Rabat et Damas. La Syrie, alors proche des positions algériennes et du Front polisario, a reconnu en 1980 la « République arabe sahraouie démocratique ». Ce geste a entraîné une rupture diplomatique temporaire entre les deux pays, annonçant déjà les fractures plus profondes qui réapparaîtront lors de la crise de 2012.
Le Maroc s'est toujours positionné comme un soutien important au peuple syrien, notamment sur le plan humanitaire. En octobre 2012, la visite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Jordanie, marquée par l'inauguration d'un hôpital de campagne marocain dans le camp de réfugiés de Zaatari, en est une illustration forte. Cette initiative, qui a permis de prodiguer des soins à plus de 22 800 réfugiés syriens, s'est accompagnée d'un important don de la Fondation Mohammed V, comprenant des couvertures, du matériel médical et des couveuses.
Le point de non-retour est atteint le 16 juillet 2012, lorsque le Maroc déclare l'ambassadeur syrien à Rabat, Nidal Al-Dahhak, persona non grata, lui accordant un délai de 72 heures pour quitter le territoire. Dans un communiqué officiel publié à ce moment-là, le Royaume souligne alors son engagement « sérieux et dynamique dans toutes les décisions et initiatives arabes et internationales visant à résoudre la crise syrienne », tout en affirmant que « la situation en Syrie ne peut perdurer ». Cette décision intervient dans un contexte déjà tendu, marqué notamment par la présence à Damas, depuis les années 1990, d'un bureau officieux du Front polisario, toléré par les autorités syriennes. Ce dernier bénéficiait non seulement d'une certaine complaisance, mais aussi d'un soutien financier, notamment à travers l'octroi de bourses à des étudiants proches de la gauche radicale.
Les contacts entre Damas et la milice séparatiste du Polisario ne se sont jamais totalement interrompus. Selon plusieurs sources, des éléments du Polisario auraient même été envoyés en soutien au régime de Bachar al-Assad dans sa répression sanglante contre la population syrienne. Ces combattants auraient opéré aux côtés de contingents venus d'Algérie, dont plus de 500 soldats auraient été déployés en Syrie ces dernières années.
Par ailleurs, en décembre 2012, le Maroc accueille la « Conférence des Amis du peuple syrien », réaffirmant son soutien à l'opposition syrienne. Cette rencontre marque un tournant symbolique et politique, avec la reconnaissance officielle de la « Coalition des forces de la révolution et de l'opposition syrienne » comme « seul représentant légitime du peuple syrien » et comme cadre unificateur des différentes factions opposées au régime de Damas.
Vers une réconciliation diplomatique
Les relations entre le Maroc et la Syrie ont continué de se détériorer en raison du soutien persistant du régime Assad au séparatisme visant l'intégrité territoriale du Royaume. Ce climat de tension s'est prolongé jusqu'en décembre 2024, date à laquelle l'opposition syrienne a pris le contrôle du pays, mettant fin à un régime autoritaire marqué par la répression, la violence et le bouleversement de la société syrienne depuis le déclenchement du Printemps arabe en 2011. En réaction, le Maroc a exprimé son soutien aux nouvelles autorités, en formulant l'espoir que ces développements « apporteront la stabilité, répondront aux aspirations du peuple syrien et offriront un avenir meilleur au pays ».
Dans un geste fort symbolisant le retour progressif à la normale, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a annoncé, dans Son message adressé au 34e Sommet arabe tenu le 17 mai à Bagdad, la décision de rouvrir l'ambassade du Royaume du Maroc à Damas. Le Souverain a souligné que cette initiative « contribuera à élargir les perspectives des relations historiques entre les deux pays et les deux peuples frères ». De son côté, Assaad Al-Chaibani, ministre syrien des Affaires étrangères, avait exprimé la reconnaissance et les remerciements de la Syrie pour cette décision.


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