La cour d'appel de Paris a suivi les réquisitions du parquet, prononcées ce lundi 10 novembre au matin. Le parquet général avait requis la remise en liberté de Nicolas Sarkozy sous contrôle judiciaire, mais avec un contrôle strict. Officiellement, Nicolas Sarkozy va sortir de prison. Après vingt jours de détention provisoire à la prison de la Santé, dans la capitale française, la cour d'appel de Paris a décidé, ce lundi 10 novembre, de libérer l'ex-chef de l'Etat français. L'ancien locataire de l'Elysée sera cependant placé sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet général. La justice interdit également à l'ancien président de la République d'entrer en contact avec le garde des Sceaux, M. Gérald Darmanin. Prenant acte de sa « capacité à actionner différents services de l'Etat » en tant qu'ex-président, le magistrat de la cour a ajouté plusieurs autres noms à la liste des personnes avec qui M. Sarkozy ne peut pas échanger. Le président de la cour d'appel considère ne pas pouvoir écarter le risque de pression sur des témoins, ou de concertations avec d'autres prévenus du dossier libyen. Nicolas Sarkozy doit sortir de prison dans la journée, et attendra libre son procès en appel, qui doit se tenir en mars. Lire aussi : France : Le parquet général requiert la mise en liberté sous contrôle judiciaire de Nicolas Sarkozy « Association de malfaiteurs » Le parquet général avait requis cette remise en liberté lors de l'examen de la demande de l'ex-président, ce lundi 10 novembre dans la matinée. « Les risques de concertation frauduleuse, de pression sur les témoins fondent des réquisitions sous fins de placement sous contrôle judiciaire », avait fait savoir l'avocat général, Damien Brunet. Durant l'audience d'examen de la demande de mise en liberté, ce lundi matin, Nicolas Sarkozy a confié que sa détention est difficile : « C'est très dur, ça l'est certainement pour tout détenu, je dirais même que c'est éreintant ». L'ancien président français, aujourd'hui âgé de 70 ans, a déclaré vouloir rendre hommage au personnel pénitentiaire qui « a été d'une humanité exceptionnelle et qui a rendu ce cauchemar, parce que c'est un cauchemar, supportable ». Le Tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 25 septembre, l'ex-président français à cinq ans d'emprisonnement pour « association de malfaiteurs » dans le cadre de l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Le placement en détention d'un ex-président représente une première dans l'histoire de la France mais aussi dans celle de l'Union européenne.