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Que révèle Boualem Sansal sur son année de détention en Algérie ?
Publié dans Maroc Diplomatique le 25 - 11 - 2025

Libéré le 12 novembre 2025 après un an de détention en Algérie, l'écrivain Boualem Sansal s'exprime pour la première fois depuis Paris sur son emprisonnement et le contexte diplomatique qui l'entoure.
L'écrivain franco-algérien Boualem Sansal, libéré après un an de prison en Algérie, a choisi la France pour sa première prise de parole publique. L'entretien diffusé dimanche 23 novembre sur France 2 marque son retour à la vie civile, lui qui a expliqué « retrouver difficilement les gestes d'un homme libre » et apprendre à « contrôler chacun de ses mots ».
Lors de son intervention, l'écrivain a évoqué les conditions de sa détention en affirmant que le choc avait commencé dès son arrestation en 2024 à Alger. Il a raconté « avoir été emmené cagoulé en sortant de l'aéroport » et ajouté qu'il n'avait pas su où il était pendant six jours, « je dois dire que j'avais peur. Franchement. ». Il a ensuite décrit un quotidien marqué par l'attente, affirmant que « le temps devient long et l'on finit par s'épuiser ».
Sansal a aussi indiqué s'inquiéter pour ses proches, expliquant avoir « peur pour sa famille s'il revenait en Algérie ».
Il a par ailleurs déclaré que son incarcération n'était pas liée à une critique du pays, mais à une opposition au régime en place. Il a rapporté la question récurrente qu'on lui aurait posée lors d'un échange avec un responsable en prison. Celui-ci demandait « si, dans l'hypothèse d'une sortie, il continuerait ses critiques ». Sansal a répondu qu'il ne critiquait « ni l'Algérie ni le peuple », mais dénonçait « une structure de pouvoir ».
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La reconnaissance par la France de la marocanité du Sahara
C'est dans ce contexte qu'il a abordé un élément diplomatique qu'il considère déterminant dans sa détention. Dans un entretien au Figaro publié le jour même, à la question « Quels sont les motifs de votre emprisonnement ? », il a répondu « Terrorisme, anti-islamisme, intelligence avec l'ennemi et j'en passe. Mais j'ai rapidement compris que la véritable raison résidait dans la reconnaissance par la France de la marocanité du Sahara, un sujet qui, avec la cause palestinienne, obsède le régime d'Alger, ainsi que dans mon amitié avec Xavier Driencourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, auteur de L'Enigme algérienne publié deux ans auparavant ».
La libération de Boualem Sansal n'a pas mis fin aux interrogations entourant son procès. Condamné à cinq ans de prison pour « atteinte à l'unité nationale » en raison d'une prise de parole en octobre 2024, dans laquelle il avait évoqué l'histoire territoriale du Maghreb en citant des régions comme Oran ou Mascara, sujet considéré sensible pour Alger. Cependant, il a affirmé sur France 2 qu'il « n'a jamais voulu blesser son pays d'origine » et que ses propos relevaient d'une « discussion historique ».
L'écrivain a aussi exprimé une pensée pour le journaliste français Christophe Gleizes, toujours détenu en Algérie, en précisant que « plusieurs dizaines de prisonniers politiques » se trouvaient encore incarcérés. Il a affirmé parler « avec prudence » pour ne pas exposer ceux avec qui il a partagé sa cellule.
Après sa libération, obtenue à la suite d'une demande formulée par l'Allemagne, et un transfert sanitaire à Berlin, Sansal est rentré en France. Il a été accueilli par le président Emmanuel Macron, quelques heures après son arrivée.


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