La réparation complète du réseau électrique dans le sud-ouest de Berlin, endommagé par un incendie criminel début janvier, prendra plusieurs mois, a annoncé l'exploitant du réseau électrique de la capitale, Stromnetz Berlin. Selon l'entreprise, les installations provisoires resteront en service jusqu'au rétablissement de l'état initial du réseau, tandis que les travaux devront s'étaler sur plusieurs mois en raison de l'ampleur inédite des dégâts causés par l'attaque. L'incendie criminel visant des câbles de haute tension et revendiqué par un groupe d'extrême gauche avait provoqué une panne d'électricité de grande ampleur durant plusieurs jours. Environ 100.000 personnes, 45.000 foyers et 2.200 entreprises avaient été privés, en plein hiver, d'électricité, de chauffage et d'internet. Les autorités de la capitale ont toutefois annoncé la fin de la situation de sinistre majeur, indiquant que l'approvisionnement en électricité dans la région concernée est de nouveau stable. Lire aussi : Buenos Aires plongée dans le noir à la veille du Nouvel An après une panne électrique géante Elles ont également estimé qu'un blackout comparable pourrait se produire à tout moment dans d'autres villes allemandes, appelant à un renforcement des mécanismes de contrôle et du cadre légal applicables aux exploitants d'infrastructures critiques. De son côté, l'Association des villes allemandes (Deutscher Städtetag) a plaidé pour la création d'une "réserve nationale anti-blackout" dotée de centrales électriques mobiles, afin de mieux faire face à des pannes d'électricité étendues et prolongées. Cet incident a provoqué une vive émotion en Allemagne et relancé le débat sur la protection des infrastructures critiques, avec des appels à accélérer la mise en œuvre des dispositifs législatifs visant à renforcer leur sécurité face à d'éventuelles nouvelles tentatives de sabotage, jugées en recrudescence. Alors que les enquêtes se poursuivent sans résultat à ce stade, le Parquet fédéral de Karlsruhe, la plus haute autorité judiciaire en Allemagne, a repris le dossier, évoquant des soupçons de sabotage, d'appartenance à une organisation terroriste, d'incendie volontaire et d'atteinte au fonctionnement des services publics.