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Blackout en Europe : est-ce l'ombre d'une guerre numérique ?
Publié dans Maroc Diplomatique le 30 - 04 - 2025

Une panne d'électricité d'une ampleur inédite a frappé, lundi, l'Espagne et le Portugal, provoquant des perturbations majeures dans les transports, les télécommunications et les services essentiels. Si les premières analyses ont écarté la piste d'une cyberattaque, deux groupes de hackers pro-russes revendiquent pourtant la responsabilité de cette déstabilisation, suscitant une inquiétude croissante quant à la vulnérabilité des infrastructures civiles européennes dans un contexte de tension géopolitique accrue.
Au cœur de la tourmente, les groupes Dark Storm Team et NoName057, deux collectifs cybernétiques affiliés à la mouvance dite « hacktiviste » pro-russe. Dans un message publié sur le réseau X, les deux entités affirment avoir « réussi à couper l'électricité dans certains pays de l'OTAN ». Un message cryptique assorti d'une image listant plusieurs URL de sites gouvernementaux portugais, laissant planer le doute sur l'objectif et l'ampleur réelle de leur action.
Pour l'heure, les autorités espagnoles réfutent toute implication extérieure. L'Office national de cybersécurité a nié formellement qu'une attaque informatique soit à l'origine de la panne. Même son de cloche du côté de Red Eléctrica (REE), l'opérateur national du réseau électrique, dont le directeur des opérations, Eduardo Prieto, évoque plutôt une défaillance soudaine dans un générateur solaire situé dans le sud-ouest du pays, qui aurait entraîné une cascade d'instabilités jusqu'à la rupture temporaire du lien électrique avec le réseau français.
Lire aussi : Espagne : mise en place d'une commission d'enquête après la méga-panne électrique
Mais cette explication technique, bien que plausible, ne suffit pas à dissiper les soupçons. La Cour suprême espagnole a ouvert une enquête afin d'explorer toutes les pistes, y compris celle d'un acte malveillant de nature terroriste. Une prudence partagée par le chef du gouvernement Pedro Sánchez, qui a appelé à ne tirer aucune conclusion hâtive : « Nous devons éviter les erreurs par précipitation. Une enquête complète sera menée pour déterminer ce qui s'est réellement passé durant ces cinq secondes critiques. »
Un test grandeur nature des failles énergétiques européennes
La panne, qualifiée par plusieurs analystes comme la plus grave de la dernière décennie dans la péninsule ibérique, a révélé l'extrême sensibilité des réseaux énergétiques interconnectés à des événements soudains – qu'ils soient accidentels ou intentionnels. Pendant plusieurs heures, des métros se sont retrouvés à l'arrêt, des vols retardés, les guichets automatiques rendus inopérants, et la couverture mobile partiellement désactivée. L'Espagne a cependant réussi à rétablir 99 % de sa demande électrique dès l'aube du mardi, tandis qu'au Portugal, l'opérateur REN annonçait la remise en service de l'ensemble des 89 sous-stations électriques et le rétablissement de l'alimentation pour 6,4 millions de foyers.
Le Premier ministre espagnol a publiquement remercié la France et le Maroc pour leur appui technique et logistique lors de la phase critique de la reprise du courant, soulignant la solidarité régionale dans ce type de crise. Le Maroc, bien qu'également touché indirectement via l'opérateur télécom Orange, dont le réseau a subi des perturbations, a participé à la stabilisation des flux interconnectés.
La revendication de cette attaque, qu'elle soit authentique ou opportuniste, n'est pas anodine. Dans un contexte de guerre hybride, où les lignes entre actions militaires, sabotages numériques et manipulations de l'information sont de plus en plus floues, cet incident s'inscrit dans une stratégie de déstabilisation visant les pays membres de l'OTAN. La péninsule ibérique, considérée jusqu'ici comme périphérique dans les grandes manœuvres numériques de guerre, pourrait désormais être en première ligne.
Si les investigations judiciaires confirment un lien entre les perturbations du réseau et une opération cybernétique planifiée, l'Espagne – et avec elle l'Union européenne – devra tirer les leçons d'une nouvelle vulnérabilité stratégique : celle d'une guerre sans uniformes, menée dans l'ombre des serveurs et des systèmes critiques.


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