Réunis à Rabat à l'occasion de la 15e session de la Grande Commission mixte de coopération, le Maroc et le Sénégal ont réaffirmé la solidité et la profondeur d'un partenariat stratégique façonné par l'histoire, la confiance politique et une vision partagée du développement en Afrique. Tenue le lundi 26 janvier, cette session a été coprésidée par le Chef du gouvernement marocain, M. Aziz Akhannouch, et le Premier ministre sénégalais, M. Ousmane Sonko, en présence de délégations de haut niveau comprenant ministres, responsables gouvernementaux et diplomates des deux pays. Elle a marqué une étape importante dans la consolidation du cadre institutionnel et juridique régissant les relations maroco-sénégalaises. Les travaux ont été couronnés par la signature de 17 instruments juridiques couvrant un large éventail de domaines de coopération. Ces accords traduisent la volonté commune de structurer une nouvelle feuille de route ambitieuse, destinée à approfondir et diversifier le partenariat bilatéral au cours des prochaines années. Dès l'ouverture de la session, le Chef du gouvernement M. Aziz Akhannouch a souligné la portée stratégique de cette rencontre, rappelant que « la 15e session de la Commission mixte s'inscrit pleinement dans la dynamique impulsée par les plus hautes autorités des deux pays. » Elle illustre, a-t-il indiqué, « l'attachement constant du Maroc et du Sénégal à une relation bilatérale parmi les plus anciennes, les plus stables et les plus exemplaires du continent africain. » M. Aziz Akhannouch a également mis en exergue la profondeur historique et humaine des liens unissant Rabat et Dakar, fondés sur des affinités culturelles, spirituelles et économiques durables. Il a qualifié les relations maroco-sénégalaises de « modèle abouti de coopération Sud-Sud », construit dans la continuité, à l'abri des aléas conjoncturels. Sur le plan institutionnel, le Chef du gouvernement a rappelé que cette coopération repose aujourd'hui sur un socle juridique solide de plus de 140 accords bilatéraux. La session de Rabat a ainsi permis de faire le point sur les acquis enregistrés depuis la précédente réunion et d'explorer de nouvelles perspectives de coopération, à la lumière des mutations régionales et internationales. Lire aussi: Agriculture/Agro-industrie : le Maroc, un modèle à suivre (ministre sénégalais) Il a souligné, par ailleurs, que la période écoulée a été marquée par un nouvel élan, illustré par la mise en œuvre de plusieurs programmes sectoriels et par un approfondissement des échanges économiques, soutenu par le renforcement du cadre juridique de l'investissement et de la coopération économique. Face aux transformations rapides de l'environnement international, M. Akhannouch a toutefois insisté sur la nécessité d'adapter en permanence les mécanismes de coopération bilatérale. À cet égard, il a appelé à un rôle accru du secteur privé afin de stimuler l'investissement, d'élargir les partenariats économiques et de maximiser les retombées du partenariat dans l'intérêt mutuel des deux pays. Abordant les enjeux géostratégiques, le Chef du gouvernement a mis en avant les défis communs auxquels font face le Maroc et le Sénégal, notamment dans l'espace sahélo-atlantique. Il a rappelé, dans ce cadre, les initiatives stratégiques lancées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, en particulier l'Initiative des Etats africains atlantiques, visant à faire de cet espace un pôle d'intégration régionale autour de secteurs clés tels que la sécurité alimentaire, la santé, l'énergie, l'environnement et la logistique. Enfin, il a souligné la portée structurante du projet du Gazoduc Afrique Atlantique, présenté comme un symbole fort de la coopération Sud-Sud et un levier stratégique pour l'intégration régionale, la sécurité énergétique et le développement partagé du continent. Le Chef du gouvernement a, par ailleurs, exprimé la reconnaissance du Royaume du Maroc au Sénégal pour la constance de ses positions en faveur de l'intégrité territoriale nationale et pour son soutien clair à l'initiative marocaine d'autonomie, saluée par le Conseil de sécurité des Nations unies comme une solution sérieuse et crédible au différend régional. Dans le prolongement de cette vision globale du partenariat, M. Aziz Akhannouch a mis en exergue l'importance stratégique accordée à la jeunesse et au sport, qu'il a qualifiés de « véritables leviers de rapprochement entre les peuples ». Il a rappelé que l'accueil par le Maroc de grandes manifestations sportives internationales s'inscrit dans cette dynamique, évoquant également la préparation conjointe avec l'Espagne et le Portugal pour l'organisation de la Coupe du monde 2030. Un événement porteur, selon lui, d'un message fort sur la capacité de l'Afrique à accueillir des rendez-vous internationaux majeurs et à y jouer un rôle central. Le Chef de l'exécutif a également tenu à souligner le rôle structurant des communautés marocaine établie au Sénégal et sénégalaise résidant au Maroc, qu'il a décrites comme un véritable pont humain, culturel et économique entre les deux nations, contribuant à renforcer, au quotidien, la solidité du lien bilatéral. Prenant la parole à son tour, le Premier ministre sénégalais, M. Ousmane Sonko, a exprimé son attachement personnel et politique à la relation sénégalo-marocaine, déclarant être venu « dans un pays d'amis, avec lequel le Sénégal a construit une véritable communauté de destin ». Il a salué la qualité de l'accueil qui lui a été réservé et a transmis les salutations du Président de la République du Sénégal à Sa Majesté le Roi Mohammed VI. M. Ousmane Sonko a insisté sur la portée politique de cette visite officielle, qu'il a qualifiée de moment structurant, allant bien au-delà d'un simple exercice protocolaire. Dans un contexte marqué par certaines « émotions sportives » et des débordements regrettables, il a tenu à préciser que ces épisodes ne sauraient altérer la profondeur du lien entre les deux pays, les qualifiant d'excès circonstanciels sans portée politique ou culturelle durable. Selon le Premier ministre sénégalais, la relation entre Dakar et Rabat repose sur des fondements historiques solides : l'ancienneté des deux nations, la circulation séculaire des personnes, des savoirs, des étudiants et des entrepreneurs, ainsi qu'une confiance politique patiemment construite, indépendamment des alternances et des conjonctures. Il a estimé que la 15e session de la Grande Commission mixte ne constitue pas une simple visite d'apaisement, mais « une visite de confirmation, de dépassement et de refondation » du lien unissant deux Etats qui se respectent et se projettent ensemble vers l'avenir. Tout en saluant la dynamique positive de la coopération économique, M. Ousmane Sonko a reconnu qu'un potentiel supplémentaire demeure à exploiter, notamment à travers une plus grande équité dans les échanges commerciaux. Il a plaidé pour une logique de complémentarité plutôt que de compétition, estimant que l'élargissement et la diversification de l'espace de coopération constituent la clé d'un partenariat durable et équilibré. Le Premier ministre sénégalais a enfin salué la présence et la contribution des entreprises marocaines opérant dans plusieurs secteurs stratégiques au Sénégal, tout en réaffirmant l'ouverture de son pays aux investissements marocains et son engagement en faveur d'une intégration économique mutuellement bénéfique. Au terme de cette rencontre, la 15e session de la Grande Commission mixte a confirmé la vitalité du partenariat maroco-sénégalais et la volonté partagée d'en faire une référence africaine en matière de coopération fondée sur la confiance, la solidarité et une vision commune de l'avenir.