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SAIGON SUR SEBOU
Publié dans MarocHebdo le 29 - 05 - 2014

La prouesse d'Omar Beng, un Maroco-vietnamien revenu au pays
SAÏGON SUR SEBOU
Omar Beng, fils d'un déserteur de l'armée française qui combattait au Viet Nam, s'est assez vite acclimaté à son pays paternel. Devenu restaurateur par vocation, mais aussi grâce à la tradition culinaire de sa terre de naissance, Omar fait partie d'une communauté dynamique qui a été accueillie avec sympathie au Maroc.
C'est sur un air de musique vietnamienne, dans un décor asiatique sobre, mais original, que vous êtes reçu.
Dès que vous franchissez la porte de ce restaurant, vous êtes saisi par une ambiance calme et sereine. Le regard est vite attiré par les éventails vietnamiens accrochés aux murs et des bibelots typiquement asiatiques posés sur les meubles.
Omar Beng
Dès lors des images de films de la guerre du Viet Nam comme &laqno;Platoon» ou &laqno;Full Metal Jacket» commencent à défiler dans votre tête. Des films qui n'ont souvent montré que la guerre au détriment de la vie culturelle, tellement riche, de ce pays.
Beng, la quarantaine, affable et souriant, assis à une table, vous accueille d'un regard malicieux. Il ressemble à tous les Vietnamiens sauf que lui, il parle arabe avec une facilité déconcertante.
Révolte
Derrière cette prouesse il y a bien sûr un secret.
Son père, comme tant d'autres Marocains, a combattu aux côtés de l'armée française du temps du protectorat. Emmenés de force en Indochine, des centaines de soldats marocains se sont retrouvés embringués dans une guerre à laquelle ils étaient étrangers.
Nombre d'entre eux, l'ont payé de leur vie. D'autres, tout en combattant, gardaient un lien étroit avec le Maroc.
Ils étaient à l'affût de toutes les nouvelles du pays. Les événements que connaissait le Maroc à l'époque étaient ressentis avec le même sentiment de révolte qu'à l'intérieur du pays.
L'exil de feu Mohammed V à Madagascar a été pour ces soldats marocains la goutte qui allait faire déborder le vase.
L'onde de choc et l'escalade de violence qu'a connues le Maroc après cet événement allait atteindre ces soldats qui, loin des leurs, vont à leur tour se révolter contre l'occupant.
Insertion
Celui-ci, sera pris de court par la réaction de ces guerriers qui jusqu'alors ont toujours obéi aux ordres.
Des dizaines de soldats marocains vont se révolter contre le commandement français et aller combattre aux côtés des nationalistes vietnamiens.
Une manière de prendre leur revanche contre l'administration du protectorat français qui dans leur propre pays martyrise leurs concitoyens.
Une fois la guerre finie, ceux qui ont survécu ont été installés dans des villages vetnamiens.
La plupart d'entre eux étaient alors déjà mariés à des Vietnamiennes qui leur avaient donné des enfants.
Une nouvelle vie allait désormais commencer pour ces soldats marocains à qui le gouvernement vietnamien va donner un logement et du travail pour leurs services rendus. Chaque soldat aura donc à exercer le métier qu'il connaît
le mieux. C'est ainsi que le père de notre restaurateur devient riziculteur près de Hanoï.
Puis la situation politique a changé au Maroc. Feu Mohammed V est revenu d'exil et le Maroc a recouvré son indépendance.
En 1973, le Maroc va dépêcher une mission à Hanoï pour se charger du rapatriement de ces soldats qui, en prenant de l'âge, sont devenus des anciens combattants. Des dizaines de familles seront ainsi acheminées au Maroc à bord de vols spéciaux via Pékin.
Ces familles seront accueillies au Maroc en grande pompe et bénéficieront de toutes les facilités pour leur insertion dans la société marocaine.
Les familles seront ainsi réparties sur plusieurs villes marocaines, selon l'origine du père de famille.
Marrakech, Agadir, Meknes, Fès, Béni Mellal, Safi, Khemisset ou Essaouira vont accueillir ces familles qui mettront quelque temps à s'adapter à leur nouveau milieu.
Succès
Les enfants qui ne connaissent pas un mot d'arabe vont souffrir le plus de ce transfert. Pour leur apprendre la langue paternelle, ils seront inscrits dans des écoles primaires.
La famille de notre restaurateur, dont le père est originaire de Kelâat M'Gouna, sera installé à Marrakech. Agriculteur de profession, le père aura la charge de gérer une ferme dans laquelle il va élever ses neufs enfants qui vont, tant bien que mal, poursuivre leurs études primaires, ce qui va leur permettre de mieux s'intégrer à la société marocaine.
Leur penchant pour la culture vietnamienne et l'art culinaire, en particulier, sera décisif dans le choix de leur carrière.
Pour preuve, la deuxième génération ne comporte que quelques médecins ou cadres, leur nombre se compte désormais sur les doigts.
La majorité en revanche est composée de cuisiniers et de restaurateurs. Le succès international de la cuisine vietnamienne va inciter beaucoup de jeunes à choisir cette profession.
Au Maroc, ils sont des dizaines qui, comme notre ami Beng, ont investi dans la restauration vietnamienne. Une activité qui leur convient parfaitement.
Encouragés par l'engouement des Marocains pour cette cuisine, ils ont réussi à sauvegarder les traditions de la terre où ils sont nés, une preuve de leur attachement au terroir.
Aujourd'hui, s'ils se sont parfaitement intégrés à la société marocaine, ils gardent toujours un brin de nostalgie pour le Viêt Nam. Un pays qu'ils n'hésitent pas à visiter à chaque fois que l'occasion leur est donnée.
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