Organisation judiciaire : le volet réglementaire achevé    Soutien de la CNSS : plus de 3 millions de salariés bénéficiaires à fin mars    Suivez en direct la conférence de presse de BAM sur le lancement du Service de Centralisation des Chèques Irréguliers    Guinée : Managem en passe de démarrer la production d'or    Le message du roi Mohammed VI au roi des Belges    CERI Sciences Po veut penser autrement le Maroc    L'OCP au chevet de la riziculture ivoirienne    Antony Blinken en Afghanistan pour discuter du retrait des troupes américaines d'ici le 11 septembre    Qualité du pain et de la farine: la COMADER brise le silence    LEGISLATIVES 2021: L'USFP, toujours aussi moribond    WAC-MCO: le pactole pour les joueurs oujdis en cas de victoire    Ahmed Reda Chami: Le visage du renouveau de l'USFP    Couvre-feu ramadanesque: Casablanca comme vous ne l'avez jamais vue (VIDEO)    Hyundai Maroc : commercialisation amorcée pour le nouveau Tucson    USA / Affaire Daunte Wright : la policière impliquée est inculpée d'homicide involontaire    Neymar se dit " plus heureux qu 'avant" à Paris    WAC-MCO en prologue de la 12ème manche de la Botola Pro D1    Abdellatif Hammouchi, l'oeil qui veille sur le Maroc    Des averses orageuses et de fortes rafales de vent attendues jeudi    Sahara Marocain : Une fois de plus, Paris joue l'ambiguïté    Les dividendes des sociétés cotées devraient atteindre un taux de distribution historique de 96%    Maroc/Accidents de la route: 12 morts et 2.355 blessés en périmètre urbain la semaine dernière    OMS : Septième semaine consécutive d'augmentation des contaminations dans le monde    Un ministre australien en Europe pour régler un différend au sujet des vaccins    La vigilance au quotidien, au maroc et à l'étranger    Khalid Chihab crée un instrument Ade musique combinant l'Oud et l'Outar    Le Festival du rire de Casablanca du 15 au 18 avril    Le Street Art pour embellir la médina d'Oujda    Coupes africaines : Le tirage au sort fixé au 30 avril au Caire    Algérie : dégradation de l'état de santé de 23 détenus, en grève de la faim depuis 9 jours    Assurance maladie obligatoire: 3 conventions-cadres signées devant SM Mohammed VI (reportage)    Ligue des Champions : Le bus du Real attaqué par des hooligans !    Programme de la 5ème journée de la CAF : Tous les matchs se jouent le 21 avril    Sahara marocain: L'ambassadeur du Maroc à Moscou s'entretient avec le vice-ministre russe des AE    MMA: troisième confrontation entre McGregor et Poirier à Las vegas    Dakhla : Le RNI lance Ramadaniyat Al Ahrar    Fruit d'un partenariat avec le ministère de l'éducation nationale : 27 centres des classes prépa équipés par OCP    8 personnes interpellées à Laâyoune : Mise en échec d'une tentative de trafic de plus d'une demie-tonne de chira    Ligue des champions: Le Real disputera sa 9ème demi-finale sur les 11 dernières    Algériens bloqués à Roissy, en France : le régime d'Alger accusé de «cruauté et d'inhumanité»    Météo: encore de la pluie ce jeudi 15 avril au Maroc    Ramadan : les bus de Casablanca adaptent leurs horaires    L'ICESCO lance la 2è édition de ses programmes ramadanesques    Le festival international du rire de Casablanca aura lieu en distanciel du 15 au 18 avril    Maroc : La Fondation TGCC pour l'Art et la Culture lance un nouveau concours destinée aux jeunes artistes    Un artisan innove un instrument de musique combinant l'Oud et l'Outar    Des pèlerins immunisés contre la Covid-19 se rendent à la Mecque au premier jour du ramadan    Nos vœux    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Adil Belgaïd, champion d'Afrique de judo
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


AU BOUT DE L'EFFORT
Assez injustement sous-médiatisé en comparaison de tous les efforts qu'il déploie pour faire honneur à son pays, Adil Belgaïd, le judoka prodige gagne pourtant à être connu. Le parcours du quintuple champion d'Afrique mérite qu'on s'y attarde. Et les efforts, la discipline et le sérieux auxquels il s'astreint pour rester au plus haut niveau, sont de nature à être pris en exemple par tous les champions marocains en herbe.
Champion du Maroc des moins de 71 kilogrammes entre 1989 et 1992, Adil Belgaïd est un jeune sportif qui fait honneur à son pays. Sa spécialité, c'est le judo, sport où il excelle et représente le Maroc dans de multiples arènes sportives.
Adil Belgaïd
Ayant toujours un drapeau national dans son sac, il n'en finit pas d'accumuler les succès, de récolter des médailles et de monter sur les podiums. Le judo, il est tombé dedans quand il était petit. Il en parle avec un tel amour et avec des yeux tellement brillants qu'à l'écouter, on se prend à aimer cette discipline. De sa voix calme et posée, il raconte avec force détails, son histoire d'amour avec cette discipline à laquelle il s'est dévoué corps et âme. Et qui le lui rend si bien.
Passion
Adil a gagné cinq fois le titre de champion d'Afrique. C'est dire s'il s'agit d'un adversaire respecté voire souvent redouté par ses vis-à-vis. Sa combativité est connue et reconnue sur tous les tatamis où il à l'occasion d'évoluer. " Depuis ma plus tendre enfance, j'avais un fort penchant pour les arts martiaux. Et cela est en grande partie dû au fait que j'avais, comme tous les enfants de mon âge, vu les films de Bruce Lee au cinéma, affirme ce jeune garçon de 28 ans à l'air perpétuellement juvénile ". À onze ans, il était déjà sociétaire du FUS de Rabat avant que celui-ci ne mette la clé sous le paillasson.
Mais, déjà, son entraîneur avait décelé en lui la graine de champion. Engrangeant victoire sur victoire, il éprouve bientôt le besoin d'évoluer sous d'autres cieux afin de donner libre cours à sa soif de progression et de défis. Et c'est ainsi que, bac en poche, il atterrit en 1990 à Gennevilliers, dans la banlieue parisienne et, parallèlement à ses études, poursuit sa carrière de judoka de haut niveau. Une année auparavant, il lui a déjà été donné de goûter aux joies de la sélection. Et de toutes les satisfactions qu'elle procure. Très vite, il s'intègre à la société française et poursuit assidûment ses entraînements. Encore junior, il évoluait avec la catégorie des grands tellement son talent était remarquable.
Sacrifice
Une fois installé en France, il est repéré par ses entraîneurs qui le poussent à progresser davantage. Il intègre l'Institut National des Sports et d'Education Physique (INSEP) de Paris, de même qu'il s'inscrit à la Faculté pour suivre une formation de kinésithérapeute. Ne reculant devant aucun sacrifice, il met à rude contribution sa bourse et le portefeuille de ses parents afin de pouvoir financer tous les voyages aux stages et autres concentrations nécessaires à son perfectionnement. Cela a été dur au début, car il n'était pas encore question de sponsors. Et puis, le judo n'a pas cette popularité insolente qui est celle du football. C'est sans doute cette rage intérieure qui lui a fait faire les progrès qu'on lui connaît et qui sera l'un des éléments - clé de sa réussite.
Les succès et les médailles glanés finiront par attirer de grandes institutions communicationnelle et bancaire à s'intéresser de plus près à ce jeune champion et aussi aux bénéfices en termes d'image qu'il peut contribuer à leur apporter. Pour sa part, la compagnie aérienne nationale lui fournit les billets d'avion nécessaires à ces déplacements. Et ce, dans la possibilité des destinations qu'elle dessert. Ce qui est appréciable. En 1994, il change de club et intègre le Racing Club de Paris. C'est ensuite le tour du Paris Saint Germain de s'attacher ses services. C'est au cours de cette même année qu'il obtient la médaille d'argent aux Jeux de la Francophonie.
Une année auparavant, il avait occupé la septième place aux Championnats du monde qui s'étaient déroulés à Hamilton, au Canada. C'est également en 1993 qu'il remportera son premier titre africain au Caire. Suivi d'une médaille de bronze aux Jeux méditerranéens de Perpignan en France. En 94, ce sera à Tunis, puis viendront les plus hautes marches des podiums africains de Pretoria en 1996, Casablanca en 1997 et Dakar en 1998. Il manque encore à son palmarès le titre tant convoité de champion olympique. À cette seule évocation, un voile de tristesse se dessine devant ses yeux. Il a, en effet, encore en tête sa défaite prématurée à Atlanta en 1996, devant un adversaire qui était largement à sa portée. "J'étais trop en confiance", explique-t-il, expliquant que l'Argentin qui l'avait battu avait été au moins aussi surpris que lui par la décision de l'arbitre. Il omet de dire également qu'il relevait à peine d'une vilaine blessure contractée au cours des entraînements démentiels auxquels il s'était astreint afin d'être prêt le jour J. Ce qui ajoute encore un peu à sa peine, c'est qu'il avait remporté la médaille de bronze au tournoi pré-olympique, sorte de répétition générale, qui s'était déroulé quelque temps avant les jeux. Mais il se reprend aussitôt pour annoncer, les yeux brillants, qu'il ne vit que pour le jour où il remportera une médaille aux Jeux de Sydney en l'an 2000.
Défis
Pour cela, il doit encore passer par les Championnats du monde qui auront lieu en septembre prochain à Birmingham, en Angleterre. Ce prestigieux rendez-vous constituera une autre occasion pour lui de montrer que, plus qu'un champion continental, il a l'étoffe d'un judoka de stature mondiale. Et ce ne sont pas les prestigieux adversaires qu'il a l'occasion d'affronter lors des innombrables tournois qu'il a l'occasion de disputer un peu partout dans le monde qui pourront prétendre le contraire. Adil, qui évolue maintenant chez les moins de 78 kilogrammes, est connu un peu partout là où il évolue. Et ce, autant pour son talent que pour sa sportivité et sa courtoisie. Dans les moments de doute, mais également pour goûter aux joies du repos, il vient se ressourcer au Maroc (où il évolue les couleurs du KACM) auprès de sa famille et de ses nombreux amis. En France, il a le soutien inconditionnel de sa femme et de leurs deux fils Jaad et Ismaïl. De même qu'il compte énormément sur le soutien amical d'un ami marocain établi en France et amoureux fou de judo. Médecin de formation, Karim Bencheikh est son entraîneur bénévole qui le suit partout dans le monde.
Cette année, il a eu l'occasion de faire un stage en altitude à Ifrane. Et de faire connaissance avec les installations sportives de cette ville connue pour être le lieu de concentration des athlètes marocains de haut niveau. Si les résultats sont au rendez-vous, il y reviendra à la fin de l'été prochain après les jeux panarabes d'Amman et rallier directement Birmingham. Même s'il ne veut pas trop y penser, l'idée d'un doublé Championnats du monde/ Jeux Olympiques doit trotter quelque part dans sa tête.
Le Tournoi de Paris, qui se déroulera en février prochain, sera également une occasion de faire le point sur sa forme et sur son appétit de gagner.
Il en a les moyens et les atouts. Le reste est une combinaison de travail, mais aussi de chance. Pour l'après compétition, Adil compte "évidemment retourner au pays " pour y fonder une école de judo. Avec un entraîneur de sa trempe et de son expérience, les petits judokas seront condamnés à devenir grands.
Retour