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NOM DE CODE : OPERATION TORCH
Le débarquement américain au Maroc en 1942
Publié dans MarocHebdo le 08 - 11 - 1997

Okay, okay, come on bye bye. Voilà comment les Marocains ont vécu le débarquement des GI's, au Maroc, en 1942.
La volonté d'Hitler de dominer l'Europe dans les péripéties de la 2ème guerre mondiale. Les puissances Alliées- Angleterre, France, Maroc puis Chine, URSS, Etats-Unis..., pour venir à bout des armées hitlériennes ont ouvert plusieurs fronts.
Celui de l'Afrique du Nord marqua le début de la défaite des armées allemandes.
Le 8 novembre 1942, les forces américaines débarquaient à Casablanca, Safi, Fédala et Mehdia; le même jour, des troupes anglo-américaines débarquaient à Oran et Alger. C'est l' &laqno;Opération Torch» -nom de code- ou &laqno;la Guerre des Trois Jours».
Ce débarquement, suivi 67 jours après, par la Conférence d'Anfa, allait écourter, certainement, la Deuxième guerre mondiale et changer la face du monde. Le plan d'invasion de l'Europe hitlérienne qui y fut élaboré, allait retourner la situation en faveur des Alliés dont le Maroc, jusqu'alors favorable aux Forces de l'Axe . Ces événements seront une date importante dans la marche vers l'indépendance du Maroc.
Signe avant coureur
En dépit du secret qui l'entourait, pour des raisons qui mettraient le plan de débarquement en danger, un fait important avait précédé de quelques jours l'»Opération Torch».
Durant une semaine, les Casablancais furent surpris de voir sur plusieurs murs de leur ville, marquée à la peinture, la date du 8 novembre 1942. Un signe avant coureur. Le débarquement américain à Casablanca.
Des tracts lâchés par des avions américains au moment du débarquement rassurèrent la population que les Américains venaient en libérateurs et non en conquérants.
Mais le Général Noguès, Résident Général de France, fidèle au Maréchal Pétain, décida de résister aux forces américaines, malgré la position contre de S.M. Mohammed V qui avait refusé de se replier sur Fès, comme le lui avait demandé le Général. L'attaque japonaise sur Pearl Harbor, 11 mois plus tôt, marquait l'entrée en guerre des Etats-Unis.
Stratégie
Après l'entrée en guerre des Etats-Unis, les Alliées n'avaient pas encore déterminé l'endroit où elles engageraient la lutte de libération contre l'Allemagne.Ce n'est que le 24 juillet 1942 que le sort de la Deuxième guerre mondiale allait se jouer.
L'Etat Major combiné anglo-américain, comprit l'intérêt politique et stratégique de mettre sur pied une opération de débarquement de leurs forces, simultanément au Maroc et en Algérie, pour y établir une base à partir de laquelle serait lancée la grande attaque contre Hitler, en Europe.
Plusieurs officiers allemands étaient convaincus de l'importance stratégique de la Méditerranée et du Maroc en particulier. Ils essayèrent de persuader Hitler de s'emparer de Gibraltar, verrouiller l'entrée de la Méditerranée, franchir le Détroit et débarquer au Maroc, à 15 km de là, visible par temps clair. Mais Hitler donnait la priorité à l'attaque contre la Russie.
Sa Majesté Mohammed V avait compris, dès octobre 1940, que &laqno;Qui perdrait la Méditerranée, perdrait la guerre».
Ruée sur le Maghreb
Les convois d'assauts destinés aux secteurs de Safi, Fédala et Mehdia partirent de Norfolk. Les forces de couvertures appareillèrent de Casco Bay. Ils rejoidront cinq porte-avions partis des Bermudes, pour former la plus fantastique force navale jamais lancée dans les océans.
Une armada de102 bâtiments d'une longueur linéaire de 50 km sur 40 delarge pour franchir plus de 8 000 km sur un océan infesté de sous-marins allemands, les fameux U-Boote.
Pour &laqno;feinter» ces sous-marins, le parcours emprunté avait fait croire que le convoi se dirigeait vers Dakar. Le cap allait être remis sur le Maroc.
Lorsque les contre ordres aux sous-marins de l'Axe arrivèrent, il était déjà trop tard. Les GI's trouvaient pied sur le littoral marocain. Ils n'y trouvèrent pas d'Allemands, mais une armée locale résolue à défendre l'empire français contre toute agression.
Le Général Béthouart, Commandant de la Division de Casablanca, avait accepté de faciliter l'opération &laqno;Torch».
En raison du mystère qui avait entouré ladite opération, il ne sera au courant du lieu, du jour et de l'heure, que la veille Ce qui ne manquera pas d'être la cause de l'échec du putsch militaire qu'il avait fomenté. L'intervention rapide du Général Patton, dès le débarquement, le sauva ainsi que ses compagnons du peloton d'exécution.
Les forces américaines, 9 000 hommes et 65 chars, débarquèrent à Mehdia pour s'emparer de la base aérienne du Port-Lyautey (Kénitra). Pour occuper Casablanca par le nord et par le sud. Ils débarquèrent 19 000 hommes et 65 chars à Fédala, et 6 500 hommes et 108 chars à Safi. 172 avions embarqués sur les porte-avions de l'escadre, fournissaient l'appui aérien.
Si à Mehdia, Fedala et Safi, les opérations furent relativement faciles, en revanche à Casablanca, une grande bataille, surtout navale, a fait rage durant trois jours.
Ce n'est que lorsque le port ne sera plus que ruine, incendie et cimetières d'épaves, regorgeant de tués et de blessés qu'on retirait heure après heure, que le Général Noguès et l'Amiral Michelier feront arrêter les combats juste à temps pour éviter le bombardement de Casablanca.
Effectivement, devant le refus de Noguès et Michelier de se rendre, le Général Patton, encercla la ville et décida d'en finir. Attaquer Casablanca le lendemain à 7 h 30 du matin. Bien qu'il répugnât à réduire en cendres Dar El Beida, il ordonna un bombardement naval et aérien.
À minuit, ses plans étaient établis et ses hommes étaient disposés en ordre de bataille. À 4 h 30 du matin, son officier de renseignements lui rapporta que l'armée locale se préparait à se rendre.
Capitulation
Le Général Patton refusa d'annuler l'attaque de Casablanca avant que la capitulation ne soit effective. Le Général Noguès et l'Amiral Michelier ordonnèrent à leurs troupes le cesser-le- feu immédiat.
La garnison de Casablanca rendit les armes et accepta de cantonner ses troupes dans ses casernes.
Seul le Jean Bart, puissant cuirassé de 35 000 tonnes, en voulait encore aux Américains.
Il continua à lâcher ses bordées de 380 mm, répétées toutes les demi-heures, ce qui avait fait dire au Contre-Amiral Mac Whorter : &laqno;Faites-moi taire ce monstre». Les aviateurs américains le rendront effectivement muet.
La fin des hostilités fut saluée par des manifestations de joie des casablancais. Les Américains n'auront été nos ennemis que pendant trois jours. Le Général Patton avait son quartier général aux Roches Noires, ensuite dans les locaux de la Shell, et ses appartements à l'hôtel Majestic.
Des campements avaient été installés, par l'armée, dans plusieurs endroits de la ville et notamment, à l'emplacement actuel de la Fontaine lumineuse. Des maisons en préfabriqué pour abriter les bureaux, et les logements des officiers supérieurs furent installés à Ouled Haddou, actuelle California de Casablanca, en raison de son climat qui avait été comparé à celui de la Californie.
l'architecte de l'Opération Torch, Robert Murphy, aura été le seul civil dans l'histoire américaine, à servir dans un Etat-major d'un chef de guerre, sur le théâtre des opérations, avec accès à toutes les informations militaires. Il s'est mêlé aux généraux Marshall, Eisenhower, Patton, Mac Arthur, Clark et Bradley.
Le Général De Gaulle, qui ne devait en aucun cas, être mis au courant du débarquement du 8 novembre, comprit que le prénom de Robert, contenu dans le fameux message de la BBC, répété un nombre incalculable de fois depuis le 2 du même mois, était celui de Murphy, le speaker de la BBC, répétait: &laqno;Allô Robert Franklin arrive».
Avant l'arrivé des forces américaines, il y eut des contacts secrets avec Feu S.M. Mohammed V.
Robert Murphy était présent à la Conférence d'Anfa et au dîner offert par le Président Roosevelt en l'honneur de Feu S.M. Mohammed V. Il était également présent lors de l'entretien que le Président a eu avec le Roi, en présence de SAR le Prince Moulay Hassan, actuel Roi du Maroc et le Premier Ministre Britannique M. Churchill.