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A la démission de Zeroual, les forces occidentales opposent un parfait mutisme
Publié dans MarocHebdo le 19 - 09 - 1998


L'ANODIN PLAQUE SUR LA REALITE ALGERIENNE
"Le Président Liamine Zeroual a décidé d'organiser des élections présidentielles anticipées auxquelles il ne participera pas.
Lamari, Ghzaîel et Guenaïzaïa, entre eux, la zizanie.
Le Président se retire volontairement de la course car il estime que son ambition de doter l'Algérie de véritables institutions politiques est satisfaite. Par cette décision, il veut favoriser l'Alternance dans un pays en proie à la violence terroriste et à des tensions sociales Cette littérature popularisée à Paris par les porte-voix du régime algérien semble directement sortir d'un bréviaire rédigé conjointement, une nuit de pleine lune, par l'ex-chroniqueur acide du journal El Watan, "Y.B" et le talentueux humoriste algérien Fellag, toute leur force étant de plaquer de phrases anodines sur la réalité algérienne. Et ça hallucine, ça décape et ça explose. Donc Zeroual tire sa révérence, claque la porte.
Bavardages
Pendant toute la semaine, une seule question était sur les lèvres des "Algérianistes": Pourquoi? Lutte des clans? Incapacité physique? Dégoût du pouvoir? Faillite personnelle? Chacun y allait de sa petite explication extraite avec un soin très journalistique des meilleures sources possibles. Et à défaut d'en trouver une qui soit à elle seule valable, la mode est au cocktail de raisons: Mélangez un quart de tensions claniques à l'intérieur de la "grande Bavarde algérienne", ajoutez une pincée de désespoir social, saupoudrez le tout d'une violence politique meurtrière quasi-quotidienne, ajoutez un doigt de fatigue présidentielle, et vous trouvez au bout un Liamine Zeroual à bout de souffle qui envisage avec la gourmandise des affamés, une retraite paisible, loin du sang, des bruits et de la fureur. Surprenante ironie de l'histoire, Liamine Zeroual découvre son jeu, abat ses dernières cartes quelques jours seulement avant que le rapport de l'ONU sur l'Algérie, rédigée sous la direction de Mario Soares, ne vienne apporter du Baume au cur d'un régime autoritaire mais saisi par le doute comme en témoigne le sacrifice rituel de son Maestro. Ce rapport dit que &laqno;l'aide internationale à l'Algérie doit être maintenue si les réformes démocratiques se poursuivent malgré les bavures dans la lutte contre le terrorisme» Le rapport estime qu'il y a eu en Algérie &laqno;environ 3 500 terroristes (et que) les forces de sécurité font ce qu'elles peuvent, parfois mal». A aucun moment, ce rapport onusien ne pointe la responsabilité des forces de sécurité dans les massacres ni par " indifférence sécuritaire ", ni par manipulation des groupes armés. Ce rapport onusien lave le régime algérien de tout soupçon et la violence algérienne paraît exclusivement islamiste comme l'a dit cette semaine Simone Veil, ancien ministre français et membre de cette mission de l'ONU autorisée à se rendre en Algérie pour s'informer de la situation &laqno;Il faut, martèle Simone Veil, aider les Algériens contre le terrorisme, contre les fanatiques, contre cet islamisme de haine qui veut imposer absolument sa loi». Et c'est après avoir réussi ce beau coup de brosse à reluire international que Liamine Zeroual décide, ou est contraint de quitter la scène politique algérienne. Les islamistes algériens, qu'ils soient gouvernementaux ou dans l'opposition, ont réagi à cette démission. Le Cheikh Mahfoud Nahnah, le "Abdelilah Benkirane" algérien, conjugue sa réaction sur le thème " Bon débarras ". Il estime qu'il &laqno; s'agit d'une décision positive pour l'avenir () un tournant qualitatif, d'autant que c'est la première fois qu'un chef d'Etat arabe annonce son intention de quitter le pouvoir de façon anticipée ()». Le FIS (Front islamique du salut), dont les chefs historiques Abbassi Madani et Ali Belhaj sont respectivement en résidence surveillée et en détention secrête, a qualifié la décision de Zeroual de &laqno;démission déguisée () révélatrice du malaise et des dissensions au sein du pouvoir».
" Wait and see "
Liamine Zeroual s'apprête à quitter les sunlights de la politique sur un bilan sécuritaire des plus terrifiants : Le très officiel observatoire national des droits de l'Homme, que dirige le spécialiste es langue de bois algérienne Abderrazak Bara, a rendu public cette semaine le bilan macabre, la moisson mortifère de 1997. Au cours de cette année, 554 attentats attribués aux groupes armés ont fait 4663 morts en Algérie. L'estimation des pertes économiques dûes au sabotage et attentats atteint, selon l'ONDH, l'équivalent de 12 milliards de FF.
Si la décision de Liamine Zeroual de jeter l'éponge a provoqué une onde choc sur la scène politique algérienne, elle a été accueilli par un parfait mutisme des capitales occidentales. Première à fournir une non-réaction, la France. Le Quai d'Orsay a fait savoir que la France " prenait acte " de la décision de Zeroual. Prendre acte dans le langage ampoulé des diplomaties signifie : Circulez il n'y a rien à dire, d'autant plus que le quai, échaudé par les précédents libertinages verbaux français à l'égard de la crise algérienne, rappelle, humble et volontairement distant, que la France " ne commentait jamais des décisions de politique intérieure " algérienne.
Les Etats-Unis ont adopté le même profil que la France se contentant d'y rajouter un vu. Prenant note de l'annonce faite par Liamine Zeroual, le Département d'Etat souligne l'importance de la tenue d'une élection présidentielle " Libre et équitable " et qu'il suivrait de près le déroulement de ce processus. La timidité et la prudence des réactions internationales sont dûes principalement au côté inattendu, subit de la décision. Rentrant d'une tournée africaine, après avoir participé au sommet des non-alignés à Durban en Afrique du Sud, rien ne laissait voir qu'un processus de destitution était en cour au sommet de l'Etat algérien. Et tant que le Cénacle militaire algérien, qui vient de remercier Liamine Zeroual, continue à se draper de cette illisibilité et de cette opacité propre à un pouvoir occulte, clandestin, les réactions internationales se feront au compte-goutte, pingres et faméliques. Le mutisme des pays du Maghreb entre, quant à lui, dans l'ordre naturel des choses. Rabat, Tunis, Nouakchott ou Tripoli ne nous ont pas habitué à réagir au quart de tour, ni à saluer ou à regretter pareille décision. Le " Wait and See " est plus que jamais de rigueur. D'un autre côté, quand on connaît la sourde oreille faite par le régime de Liamine Zeroual aux différents appels de réconciliations formulés par l'actuel Premier ministre marocain Abderhmane Youssoufi, il paraît clair qu'un changement à la tête de l'exécutif algérien est susceptible d'introniser un homme qui ne peut être ni plus froid ni plus indifférent au penchant de M. Youssoufi de réanimer les relations franco-algériennes.