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Le ministre de l'Intérieur, Ahmed Midaoui,
Publié dans MarocHebdo le 10 - 12 - 1999


CHANGEMENT EN DIRECT
Ahmed Midaoui a appelé au consensus sur l'irréversibilité de la démocratie et de la régionalisation, il veut que tous les citoyens travaillent au Maroc nouveau, sans distinction d'opinion, il a longuement prôné un pacte entre les citoyens et leur administration. Le nouveau ministre a émis le souhait que les citoyens voient enfin en son ministère une structure qui protège, qui assiste et qui ne doit plus faire peur.
L'homme est affable. Sa voix ne grince pas, elle aurait plutôt la douceur de celle d'un praticien accessible à la douleur de son patient. Il est sobre aussi, parce qu'il n'a tenté à aucun moment de sacrifier aux effets oratoires bien en cour chez nous dans ce genre de cérémonies. Ahmed Midaoui, nouveau ministre de l'Intérieur, était attendu par des millions de téléspectateurs. Il n'a pas déçu.
Lors de sa prestation dans l'émission Fil Wajiha de Malika Malak, ce mercredi 8 décembre, sur la deuxième chaîne, on ne donnait pas cher de son aptitude à garder son flegme, car il remplaçait un homme qui a méthodiquement bâti un système tellement tentaculaire qu'il en ressemblait à une excroissance monstrueuse.
Ahmed Midaoui a su se démarquer de son prédécesseur sans l'accuser .
Perestroïka
Pour tous les téléspectateurs de l'émission, pour les invités, sur le plateau ou dans le public, pour l'animatrice et les journalistes, c'était une première. Un ministre de l'Intérieur qui accepte de se prêter à l'exercice télévisé des questions-réponses, c'était du jamais vu.
Mais la véritable première n'était pas là. La véritable première c'était que ce ministre de l'Intérieur-là justement arrivait pour prendre la relève à la tête d'un ministère verrouillé depuis un quart de siècle, c'était aussi la première fois qu'il devait développer devant le public sa conception de son rôle et de ses tâches dans un Maroc renouvelé où le positionnement du ministre de l'Intérieur devait révéler l'ampleur du changement et sa propre attitude devant le déblocage de ce processus de changement.
Son département joue un rôle central, névralgique, il a induit les changements et les refus du changement dans le pays depuis 25 ans. Le nouveau ministre allait-il confirmer qu'une page était tournée, qu'un système allait en remplacer un autre et qu'un Maroc en règle avec sa conscience était en gestation?
Ahmed Midaoui a su le faire en montrant que le changement tant espéré commençait justement sur le plateau de l'émission, sous les yeux même du public. C'est là que résidait l'événement, le premier signe tangible du Maroc nouveau engagé par le Souverain : une véritable perestroïka à laquelle le ministre a montré une adhésion sans faille, un renouveau qu'il compte bien soutenir et auquel il croit profondément. Tout le disait, le ton, les idées et des manières tellement civiles qu'elles étonnaient. Il est vrai que nous ne sommes pas habitués à la civilité chez un ministre qui reste en fait le ministre de la Police dans un pays où le mot police continue encore de susciter le malaise. C'est d'ailleurs à ce sentiment que Ahmed Midaoui souhaite mettre un terme.
Voilà pourquoi nous étions en présence d'un ministre ordinaire, banalisé, se rangeant résolument au sein de l'équipe gouvernementale.
Lui c'est lui
Un homme à l'allure de technocrate, même s'il s'est élevé contre la technocratie, un homme ouvert, qui n'éludait pas les questions mais qui entendait travailler dans le cadre des lois actuelles en s'y conformant rigoureusement, le temps que le législateur les modifie.
M. Midaoui a rappelé que les différents services de son département sont au service du citoyen, de la nation et de tous les secteurs productifs. Il a également insisté sur la nécessité d'adopter une nouvelle pédagogie en vue de changer les mentalités et de simplifier les procédures administratives qui inhibent les énergies. Les Marocains ont entendu les premiers éclaircissements sur le nouveau concept d'autorité, la démocratie et les droits de l'Homme donnés par le ministre de l'Intérieur depuis sa première déclaration lors de la passation des pouvoirs le jour de sa nomination par SM le Roi Mohammed VI, le 9 novembre 1999.
Le ministre s'est montré désireux de voir les citoyens se libérer du passé, un passé enterré définitivement depuis l'émission, sans lynchage médiatique, simplement en présentant la gestion qu'il entendait mener dans son département... Et en martelant à deux reprises: "Lui c'est lui, moi c'est moi". Ahmed Midaoui est un ministre soucieux à la fois de la consolidation de l'Etat de droit, du respect des libertés publiques et de la sécurité des citoyens.
Il a regretté à cet égard le manque de communication qui a longtemps marqué les relations entre le ministère de l'Intérieur et les citoyens, soulignant qu'un contact quotidien entre les agents d'autorité, les citoyens et les élus est de nature a favoriser une réconciliation entre l'administration et les administrés. Il aurait pu convenir que pour cela, il va falloir que le citoyen vérifie que la police a véritablement connu la mutation nécessaire.
Mais il souhaite justement cette mutation qui fera de notre administration une administration citoyenne, proche des administrés, une administration qui facilite, conseille, et aide au progrès et au développement et qui saura éliminer les vieux réflexes bureaucratiques et technocratiques.
Moi c'est moi
Pour cela, s'il convient qu'il faut changer les hommes, il engage à commencer par changer les mentalités, les hommes qui ont contrevenu à la loi, les corrompus et les affairistes étant promis aux rigueurs du cachot, seul mot où l'homme de l'Intérieur a craqué sous l'homme de bonne volonté.
Il a entièrement partagé les vues des journalistes sur les pratiques malsaines du passé : " les élections-marchandise, les passe-droits, les abus d'autorité, la malhonnêteté, le manque de sens des responsabilités, les mauvais réflexes de ceux qui font systématiquement appel à Rabat au lieu d'agir en conformité avec leur mandat. Ou, pour les délégations régionales des ministères, en fonction de la mission qui leur est assignée par leur ministre.
Ahmed Midaoui en a appelé au consensus sur l'irréversibilité de la démocratie et de la régionalisation, il veut que tous les citoyens travaillent au Maroc nouveau, sans distinction d'opinion, il a longuement prôné un pacte entre les citoyens et leur administration.
Passe-droits
Le nouveau ministre a émis le souhait que les citoyens voient enfin en son ministère une structure qui protège, qui assiste et qui ne doit plus faire peur.
Interrogé sur les irrégularités financières et sur l'enrichissement inégal, M. Midaoui n'est pas apparu comme l'homme de la chasse aux sorcières, toutefois il a tenu à exclure toute impunité ni sur les crimes passés ni sur ceux qui pourraient encore survenir. Ainsi il a garanti que les comportements mafieux ne seraient plus tolérés au sein de son département. Pour le nouveau ministre, changer les personnes affectées à des postes de responsabilité est certes nécessaire, mais cela n'est rien au vu des énormes défis que doit relever le Maroc, et c'est sur cet aspect des choses que le nouveau ministre a engagé les Marocains à se mobiliser.
Un Maroc s'en est allé, l'autre est encore dans les limbes. Les journalistes, sur le plateau, ont montré à plusieurs reprises qu'ils attendaient les premiers gestes rénovateurs du ministre.
Les citoyens encore échaudés auront apprécié que M. Midaoui dise qu'il était simplement un ministre comme un autre au sein de l'équipe gouvernementale. En attendant la suite.