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Billet Bleu
Publié dans MarocHebdo le 04 - 02 - 2000

Omar Azziman notre ministre de la Justice est un homme attachant. Courtois et charmeur, comme tous les gens du Nord, son affabilité nous confond d'emblée en excuses. Oui, on ne sait pas pourquoi. Ce monsieur s'occupe d'un ministère de souveraineté, hors quota politique. Son destin n'est lié ni à Me Youssoufi, ni à l'alternance. On l'a découvert vaguement socialisant, sur le tard. Mais en vérité, c'était un subterfuge. Il fallait barrer la route de ce ministère à l'Istiqlal et surtout faire en sorte que Moulay M'hammed Khalifa ne l'occupât point. Enfin, tout cela c'est de l'histoire ancienne.
Non, ce dont au sujet duquel je voulais vous parler c'est le voyage d'Omar Azziman en France. Un événement. Il a été auditionné, je dis bien auditionné, par la chambre des députés française sur les droits de l'Homme au Maroc. Il paraît que c'est bien. Je veux bien le croire. Ça fait un peu Métropole qui convoque le contrôleur civil de la Chaouia pour parler de la situation des indigènes de Sid Loughlimi, mais ce n'est pas grave. On veut bien accepter cette nouvelle forme de sujétion démocratique à condition qu'on ait quelque chose à cacher.
Or, Omar Azziman a brillé de mille feux. Il les a vraiment épatés. Super, cool, géniaaâl. Le costard, la cravate, le français, les idées, le verbe, l'allure et j'en passe. Un député français était tellement heureux de voir la prestation de Omar Azziman qu'il a dit : " Ce gars est vachement bien, je le prendrai bien comme secrétaire du Conseil général de l'Ardèche. Dommage que des gars comme ça soient ministres au Maroc ". Non, non, Omar Azziman est super. Il a répondu à toutes les questions. Nickel. Même sur Abdeslam Yassine. Vous savez qu'il a dit sans broncher que la cas du Cheikh " devrait évoluer de façon satisfaisante ", et il a reconnu que sa situation était " irrégulière " sur le plan " légal et des droits de l'Homme. Je sais que cela ne va pas durer longtemps et qu'une solution négociée est en cours qui permettrait à Cheikh Yassine d'exercer une activité pourvu qu'il respecte les règles du jeu démocratique ".
C'est fort de café dans la bouche d'un ministre de la Justice. Soyons clairs. Si la situation de Abdeslam Yassine est illégale, on se demande ce que fait notre Garde des sceaux ? Il aurait dû démissionner pour ne pas assumer un déni de droit, ou il faut le traduire en justice, devant le juge Abdelmajid Fikri par exemple, pour complicité dans un acte illégal. Logique, non ? À moins qu'il y ait un truc qui m'échappe. Délirant! Je veux bien savoir ce qui s'est passé ce jour-là, à part les charmes de Paris bien sûr, dans la tête d'Omar Azziman. Les députés françaouis, le Palais-Bourbon, les lambris de la République, les VO sympathiques, les hôtesses d'accueil, et tout le toutim. À moins qu'il ait voulu dire à nos amis français qu'il n'est pour rien dans l'affaire Abdeslam Yassine qu'il trouve illégale et que pour discuter de cela il faut voir avec "qui de droit". Histoire d'alourdir le bilan d'un disparu illustre tout en se mouillant avec un successeur porteur d'espoir. Une manière de se fâcher avec le passé et de se brouiller avec le présent. En même temps. Le hic, dans l'affaire, est que pendant la même semaine, Abdeslam Yassine venait de se fendre d'un mémorandum à qui de droit pour le moins irrévérencieux à l'égard de SM Mohamed VI et diffamatoire à l'égard de la mémoire du Souverain défunt Hassan II. En fait, l'actualité du pouvoir marocain n'est pas de savoir comment réinsérer Abdeslam Yassine dans le jeu démocratique, qu'il n'accepte pas, mais comment ne pas succomber à la tentation de traduire le Cheikh en justice pour outrage à chef d'Etat. Vous voyez que contrairement à ce que raconte M. Azziman aux députés français, l'heure n'est pas à la négociation, ni à la relaxation, ni à la relâche.
Dix ans de résidence surveillée n'ont pas attendri notre mufti local. Il est toujours en guerre. Sainte, je veux dire. Quand on est ministre et qu'on fait des bourdes comme ça, qu'est ce qu'on doit faire ? Je crois qu'il faut faire pénitence. Marcher de Salé, lieu de réclusion du Cheikh Yassine au Palais Royal de Rabat, sur ses genoux en se flagellant avec une cravache cloutée, tout en lisant à haute voix le mémorandum "à qui de droit" de Yassine. La rédemption viendra à coup sûr. Et l'on pourra après nommer Omar Azziman en tant que négociateur en chef face à Abdeslam Yassine, histoire de le ramener à de meilleures dispositions. Sauf que pour le Cheikh, des négociateurs comme ça, il en mange dix à chaque petit-déjeuner. Quel appétit à soixante-douze ans ?