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Démystifier les greffes
Publié dans MarocHebdo le 21 - 05 - 2004

Pr Amal Bourquia, néphrologue, auteur de "Plaidoyer pour la
transplantation rénale"
Devant le nombre croissant des dialysés et les lourdes charges qu'ils impliquent, le Professeur Amal Bourquia appelle au développement de la greffe rénale. En spécialiste éprouvée, elle affirme qu'aussi bien les malades que l'Etat gagnent au change. Entretien.
Propos recueillis par
• Pr Amal Bourquia appelle à une prise de conscience.
• MHI : Comment est perçue la transplantation rénale au Maroc ?
- Amal Bourquia: La transplantation rénale est devenue une méthode thérapeutique largement répandue à travers le monde. Sa réalisation est devenue régulière dans la plupart des grands centres médicaux. Au Maroc, elle relève encore du domaine du mythe, elle n'est pas enseignée dans les facultés de médecine, ne fait pas l'objet de débats publics ou sociaux, et elle n'est que rarement traitée dans nos résaux scientifiques.
• MHI : A quoi cela est dû ?
- Amal Bourquia: Lors d'une enquête récente réalisée auprès des étudiants de médecine, nous avons constaté que la plus grande majorité d'entre eux n'étaient pas sensibilisés au prélèvement, et au don d'organes, et n'ont jamais entendu parler du sujet. D'un autre côté, si on compare le nombre de patients ayant eu une transplantation rénale dans notre pays à d'autres pays de niveau de développement similaire, nous relevons un très grand retard dans ce domaine. Une centaine de patients seulement, ont été transplantés depuis 1986 jusqu'à ce jour. C'est très peu.
• MHI : C'est l'objectif de votre «Plaidoyer pour la transplantation rénale au Maroc»?
- Amal Bourquia: Diverses considérations m'ont amenée à me pencher sur ce sujet, afin de faire ressortir les particularités d'ordres social, culturel et économique dans ce domaine au Maroc, en rappelant l'expérience des autres.
Ce livre est un véritable plaidoyer pour la transplantation rénale. Dans un premier temps, il passe en revue les moyens épidémiologiques, en retraçant l'importance mondiale de cette pathologie et la place qu'elle risque de prendre dans l'avenir avec l'augmentation régulière des dépenses, ce qui alourdit de manière considérable le système de santé dans les pays aux moyens limités comme le Maroc.
• MHI : A qui adressez-vous ce livre ?
- Amal Bourquia: Ce livre aborde la transplantation rénale dans un langage simple et didactique, qui rapporte les dernières données résumées et simplifiées, pour être lu et compris par les décideurs du système de santé, les responsables des assurances et des mutuelles, ainsi que toutes les personnes qui s'intéressent à la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique.
• MHI : Comment s'est déroulée votre lutte pour la prise en charge des maladies rénales au Maroc ?
- Amal Bourquia: La néphrologie et l'étude de la physiologie et celle des maladies rénales ont occupé l'essentiel de ma carrière de médecin et d'enseignante universitaire depuis près de 24 ans. J'ai travaillé sur le démarrage de la transplantation rénale au Maroc. L'intérêt que j'ai toujours porté à la prise en charge des enfants souffrants m'a amené à ouvrir le premier centre de Néphrologie et Dialyse pédiatrique en 1993 à Casablanca, je fus ainsi la première Marocaine à se spécialiser en Néphrologie pédiatrique et à intégrer les regroupements francophones et internationaux de cette spécialité.
Mes ouvrages représentent les seules références dans ce domaine au Maroc. J'ai également fondé la première revue marocaine, devenue maghrébine, et qui s'intéresse à la néphrologie et la pathologie rénale, intitulée «Forum Maghrébin de la maladie rénale». Cette revue permet des échanges entre les différents spécialistes maghrébins dans ce domaine.
• MHI : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?
- Amal Bourquia: Il est certain que le traitement et la prise en charge de l'insuffisance rénale chronique représente un des moyens thérapeutiques les plus coûteux, avec une durée chronique dans le temps. Il nécessite ainsi des moyens importants et surtout une prise en charge de cette pathologie. Il faut savoir que 15% de ces malades seulement ont une couverture sociale. Une bonne partie de ces malades indigents sont dialysés dans les centres publics avec l'aide d'associations qui les prennent en charge totalement ou partiellement. Toutefois, la plus grande majorité des patients n'arrivent pas à faire part des dépenses importantes de l'hémodialyse, et encore moins l'accès à la transplantation.
• MHI : Comment remédier à cette situation dramatique ?
- Amal Bourquia: L'amélioration de l'avenir de nos malades et de nos insuffisants rénaux chroniques dépend d'une volonté commune. La dialyse ne peut être qu'une solution d'attente. Il faut absolument développer le traitement par transplantation rénale, d'abord à partir de donneurs vivants apparentés et à partir de sujets en états de mort cérébrale. Cependant, et vu les moyens réduits, il est indispensable de s'intéresser à la prévention des maladies rénales pour diminuer l'incidence de cette maladie et retarder l'installation de l'insuffisance rénale chronique.