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Entretien avec Abderrahim Harouchi, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité Haro sur la mendicité professionnelle
Publié dans MarocHebdo le 28 - 07 - 2006

Entretien avec Abderrahim Harouchi, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité
Haro sur la mendicité professionnelle
Propos recueillis par
•Maroc Hebdo International:15 mois environ après son lancement, l'INDH est sur la bonne voie. Quel bilan faites-vous des projets initiés dans le cadre de ce programme?
-Abderrahim Harouchi: A ce jour, les résultats sont très encourageants. En effet, 60% des 1.104 projets du programme prioritaire 2005 ont été réalisés, avec un impact réel sur les populations concernées.
Les autres projets, en particulier la construction de centres sociaux, ont un taux de réalisation qui varie entre 30 et 80%. Pour les programmes 2006-2010, à fin juin 2006, 2.631 projets relatifs aux 4 programmes ont été validés par les différents comités. Il faut rappeler que le budget INDH 2006 est de 2,5 milliards de dirhams, dont 1,5 milliard en crédits de paiement et 1 milliard en crédits d'engagement.
Tous les comités locaux, provinciaux et régionaux de l'INDH sont aujourd'hui opérationnels. Ils ont permis de définir les sites prioritaires des programmes rural et urbain (403 communes rurales dont le taux de pauvreté est supérieur à 22%, 264 quartiers urbains les plus défavorisés), d'établir les cartes régionales de la précarité et de sélectionner les projets.
•MHI: Comment le ministère du Développement social contribue-t- à la mise en œuvre de l'INDH?
-Abderrahim Harouchi: La contribution du ministère à l'INDH consiste en trois programmes: l'appui aux acteurs locaux de développement, institutionnels et associatifs; l'élaboration d'un schéma national de formation des travailleurs sociaux qui devra mobiliser tous les établissements privés et publics de formation; et, enfin, le développement de l'ingénierie sociale. A ce propos, la «boîte à outils du développement social», comportant la panoplie des démarches et interventions sociales, est en cours de finalisation par le pôle social et sera bientôt à la disposition de tous les acteurs locaux.
•MHI: Quels sont les chantiers lancés par votre département pour lutter contre la pauvreté et les disparités à travers les régions du Maroc?
-Abderrahim Harouchi: Parmi les programmes de développement social menés par le ministère, je citerai les plus innovants: le réseau de Maisons du Citoyen, développé avec l'Entraide nationale.14 maisons du citoyen ont ainsi été ouvertes depuis janvier 2006 et nous atteindrons le chiffre de 38 d'ici la fin de l'année, dont certaines pilotes, au niveau du monde rural.
Cette structure offre des prestations sociales variées: écoute, orientation et éducation, soutien scolaire…
Le programme d'animation socioculturelle Quartiers en fête, destiné à améliorer le bien-être social et à renforcer le lien social. Ce programme vient d'être lancé dans 9 villes et nous espérons, fin 2007, y intéresser la plupart des quartiers défavorisés.
Enfin, dans le cadre des activités génératrices de revenus innovantes, nous lancerons, en septembre, 5.000 micro-entreprises de publiphonie communautaire en partenariat avec la société Ilaicom et la Fondation Telefonica.
•MHI: Votre ministère s'attaque à la "mendicité professionnelle", notamment dans les grandes villes. Quelle est votre stratégie pour éradiquer ce fléau?
-Abderrahim Harouchi: La mendicité professionnelle est devenue un phénomène de société inquiétant par son ampleur et sa diversité, en particulier l'exploitation d'enfants de tous âges et de personnes handicapées. De plus, elle est souvent organisée en réseaux: à Rabat, 40% des mendiants viennent des villes avoisinantes. A Casablanca, le journal Al Bayane rapporte le cas d'une personne qui dirige 13 équipes dans différentes villes.
La lutte contre la mendicité professionnelle a d'abord consisté à préciser le cadre juridique à travers une circulaire interministérielle.
La stratégie de lutte contre la mendicité repose ensuite sur une démarche globale et intégrée. Il s'agit d'abord d'une approche sociale visant une prise en charge institutionnelle des véritables nécessiteux par une insertion familiale ou socio-économique. L'approche judiciaire permettra l'application de la loi envers les mendiants professionnels exploitant autrui et refusant les programmes d'insertion économique, et envers les réseaux.
•MHI: Disposez-vous d'un programme de réinsertion pour les mendiants?
-Abderrahim Harouchi: Le ministère a signé plusieurs conventions avec des associations à Casablanca et à Rabat (avant de généraliser ce programme dans toutes les grandes villes du Royaume) visant la réinsertion socioéconomique des mendiants à travers des activités génératrices de revenus.
La lutte contre la mendicité professionnelle n'est pas facile, car cette activité est devenue, pour certains, une culture et une solution de facilité. La lutte nécessite la participation de la population qui, de bonne foi, encourage ce phénomène qui nuit à l'image de notre pays et aux remarquables efforts entrepris par le gouvernement de Sa Majesté pour corriger les déficits sociaux et améliorer les conditions de vie des citoyens. C'est pourquoi nous envisageons de lancer un programme d'information et de sensibilisation à l'intention du grand public.
•MHI: Plusieurs orphelinats et foyers d'accueil souffrent de problèmes de gestion. Quel est votre programme pour la mise à niveau de ces institutions?
-Abderrahim Harouchi: La visite de SM le Roi à l'orphelinat de Aïn Chok, le 2 avril 2005, a mis en lumière les problèmes de gestion dont souffraient certaines de ces institutions, ainsi que le vide juridique total qui les entourait. N'importe quelle association pouvait, en effet, ouvrir un établissement de protection sociale sans être soumise à aucune norme, règle ou contrôle. Aujourd'hui, ce vide est comblé par la promulgation de la loi 14-05 qui réglemente désormais les conditions d'ouverture des établissements de protection sociale, leurs normes, leur gestion et leurs modalités de contrôle. Les décrets d'application de cette loi sont en cours de finalisation.
•MHI: La sensibilisation à la réhabilitation de ces institutions est aussi une priorité de votre département…
-Abderrahim Harouchi: Afin de sensibiliser tous les intervenants, une journée d'étude a été organisée, en collaboration avec la Fédération nationale des Associations de Bienfaisance (FNAB) qui regroupe près de 600 associations. Ses recommandations sont déjà appliquées par la majorité des institutions membres de la FNAB. Dans le même sens, un audit a été mené par l'Entraide nationale à travers 250 établissements au cours de l'année 2005 et la totalité des institutions seront auditées d'ici la fin 2006.
La mise à niveau des institutions de bienfaisance a été accélérée par le programme d'urgence 2005 de l'INDH, qui a permis la réhabilitation de plusieurs centres sociaux. Le programme 2006 prévoit la poursuite de cette action de mise à niveau à travers le Royaume, ainsi que la création de nouveaux centres dans le cadre des schémas régionaux de lutte contre la précarité.
•MHI: Quelle est votre stratégie pour contrôler le travail des petites bonnes et la réinsertion des enfants de la rue?
- Abderrahim Harouchi: Ces deux questions font l'objet de programmes spécifiques faisant partie du Plan d'Action national pour l'Enfance (PANE) adopté en mars 2006 par le gouvernement: Inqad, pour les petites filles utilisées comme domestiques, et Indimaj, pour la réinsertion des enfants des rues. Ils ont été élaborés par le secrétariat d'Etat chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes handicapées en concertation avec d'autres départements ministériels et diverses organisations de la société civile ou internationales.