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Abdelilah Benkirane: J'accuse...
Publié dans MarocHebdo le 25 - 06 - 2010

Les propos du secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, à l'ouverture du XIème congrès du MP, le vendredi 11 juin 2010, continuent de nourrir une vive controverse. Le dirigeant du parti islamiste avait à cette occasion, rappelons-le, déclaré que, dans une optique de recomposition politique, seuls quatre partis –PI, USFP, MP et PJD- avaient la légitimité populaire.
Maroc Hebdo International: C'est un “coup de Com” délibéré que vous avez opéré lors de l'ouverture du congrès du Mouvement Populaire, vendredi 11 juin 2010?
Abdelilah Benkirane: Je suppose que vous voulez dire que c'était un coup médiatique? C'est inexact en tout cas. Si telle avait été ma préoccupation, ce “coup de Com”, comme vous dites, ne serait pas passé inaperçu, sans échos, durant trois jours entiers. Seul le PAM a publié un communiqué, dimanche soir.
J'accuse mes adversaires, et en particulier le PAM, de vouloir profiter de cette déclaration pour faire de moi un “ennemi public”, qui les croira? C'est le PJD qui est visé, ce qui ne fait qu'accroître sa crédibilité et sa popularité…
On a l'impression que vous visiez le PAM en particulier?
Abdelilah Benkirane: C'est lui qui s'est senti visé! Or, je me suis adressé personnellement à Mahjoubi Aherdan, leader historique du MP, pour lui rappeler l'histoire commune que nous partageons avec son parti. Le MP et le MPDC (Mouvement populaire démocratique et constitutionnel) de Abdelkrim Khatib procèdent de la même mouvance de la fin des années cinquante et du début des années soixante; et le PJD d'aujourd'hui est l'héritier du MPCD.
Je lui ai ainsi rappelé son devoir de soutenir tous les partis visés et j'ai précisé justement que si le PJD était visé aujourd'hui, le MP le sera peut-être demain. Aherdan et Khatib se sont toujours opposés à la tendance du parti hégémonique et ils ont été à l'origine du “Code des Libertés publiques” de 1958, qui a été l'acte fondateur du pluralisme. J'ai ajouté en somme que s'il faut réduire le nombre des partis pour mettre fin à la balkanisation actuelle, il faut garder d'abord ceux qui sont issus de la matrice populaire, à savoir l'Istiqlal, l'USFP, le Mouvement populaire et le PJD.
Mais que faites-vous des autres partis?
Abdelilah Benkirane: Ils ne sont pas visés dans mes déclarations. Mais c'est moi qui suis en train de me défendre. C'est le PAM qui nous fait la guerre. Et si le ministère de l'Intérieur et l'administration donnent aux partis la légalité juridique formelle; la légitimité populaire, elle, vient des seules urnes. Je suis un démocrate convaincu et je défends la démocratie dans le cadre de la Constitution et des lois en vigueur. Mais je réplique aussi à une certaine idée circulant chez des proches du PAM qui veulent une recomposition à la carte, avec trois pôles, de gauche, libéral et conservateur…
Donc vous, vous voulez une recomposition sur la seule base de vos désirs?
Abdelilah Benkirane: Non, il n'y a à nos yeux qu'une seule véritable recomposition: celle qui émane des urnes. Quand nous aurons des élections libres et transparentes, même s'il y a cent partis, ce n'est pas grave: seuls pèseront et compteront les formations qui ont un certain poids et qui sont porteuses de programmes crédibles et significatifs. Or, jusqu'à présent, l'administration, directement ou non, est toujours intervenue dans le champ politique et la compétition électorale. Lors du scrutin communal de juin 2009, un parti nouveau venu comme le PAM, créé en février de la même année, se classe au premier rang. Il a d'abord voulu évoluer comme un parti normal mais, en même temps, avec une forte propension hégémonique. Maintenant, il veut contrôler et pratiquement “verrouiller” la vie politique alors qu'il prétend œuvrer pour la rénovation et l'assainissement de la pratique politique. Là, je peux dire que le PAM est aujourd'hui le champion de la récupération des élus transhumants: voilà les réalités! Le PJD, lui, a-t-il débauché un seul parlementaire élu avec un autre parti?
Vous centrez vous critiques sur le PAM, ce qui nourrit une agressivité réciproque…
Abdelilah Benkirane: Qui a commencé? N'est-ce pas le PAM qui pratique à notre endroit un discours avec des relents éradicateurs même? Nous n pouvons pas nous taire parce que le peuple marocain doit savoir qui est qui… Je puis vous dire aujourd'hui que le PAM a échoué dans son entreprise: il a été classé premier aux élections communales de juin 2009, mais le peuple n'est pas dupe; il sait que la PAM a été aidé par l'administration; il a utilisé toutes les pressions possibles pour empêcher ou casser les alliances communales du PJD avec d'autres partis; il a tout fait pour empêcher l'élection du ministre RNI Mohamed Abbou à la présidence du conseil de région de Taza; il a échoué dans sa gestion des communes à Meknès, à Témara, à Tanger et ailleurs; il s'est ensuite lancé dans une confrontation avec l'Istiqlal. J'ajoute que sa position tant à la Chambre des Représentants qu'à la Chambre des Conseillers n'est pas honorable. Ses interventions au Parlement n'apportent rien de nouveau. Et, avec tout cela, il n'accepte pas la critique ni l'interpellation! En vérité, il ne sait plus où il en est…
C'est un nouveau parti. Il entend se faire entendre et exercer son droit d'expression…
Abdelilah Benkirane: Oui, il a le droit de s'exprimer mais pas de cibler l'essentiel de ses attaques sur le PJD et ce à coups d'amalgames trompeurs et de mots d'ordre soi-disant “sécuritaires” comme si nous étions un danger pour la démocratie et le pluralisme. Je le proclame de nouveau: le PJD est légaliste et démocrate. Nous voulons une compétition électorale saine, transparente et équitable, où le peuple pourra exprimer ses choix et ses options par le vote, sans contrainte ni pression.
Et ceux qui s'autoproclament leaders politiques doivent se plier à ces exigences démocratiques et ne plus se comporter comme des hommes d'autorité utilisant les moyens de l'administration. Nous sommes attachés aux valeurs sacrées de la Nation marocaine: l'Islam, la Patrie et le Roi. Pour nous, le Roi est Amir Al Mouminine, garant et gardien de la religion; et le PJD, avec son référentiel islamique, est mobilisé pour la défense de ce socle de légitimité historique et constitutionnelle.
Pour autant, vous acceptez mal la réaction du PAM…
Abdelilah Benkirane: Je ne critique pas sa réaction, mais l'instrumentalisation qu'il a organisée autour de ma déclaration. Il s'y est employé au Parlement, puis à la télévision: à Al Oula avec l'émission Hiwar, où un certain porte-voix des Droits de l'Homme n'a rien trouvé d'autre que de m'attaquer; puis à 2M; enfin, ailleurs, avec un matraquage médiatique dans la presse. Trop, c'est trop! C'est inacceptable et insupportable. S'ils sont courageux, qu'ils diffusent mon allocution, qui a été enregistrée par le MP et les deux chaînes nationales de télévision. Qu'ils m'invitent à en parler avec Mohamed Cheikh Biadillah, Salaheddine Mezouar ou un autre. Ils ne le feront pas: c'est lâche! C'est la preuve de leur fébrilité et de leur fragilité: un parti, sûr de lui-même, ne fuit pas le débat public. Ils n'acceptent pas que mes propos, lors du congrès du MP, aient été si bien accueillis. ils préfèrent jouer seuls pour être sûrs de gagner.
Etes-vous, pour eux, l'homme à abattre ?
Abdelilah Benkirane: Abattre les opposants n'a jamais résolu les problèmes. De toutes les façons, n'advient que ce que Dieu décide.
Quelle place accordez-vous à la légitimité électorale?
Abdelilah Benkirane: Je ne privilégie ni les quatre partis populaires que j'ai cités ni les autres, je fais simplement un constat. Un proverbe marocain dit : “J'ai accepté de supporter les soucis mais les soucis n'ont pas voulu de moi”. Personnellement, je ne suis contre aucun parti. Même le PAM, qui s'est fixé pour but de nous attaquer à toute occasion a profité de notre alliance pour décrocher la présidence de la municipalité de Marrakech. On a fait de même dans d'autres petites villes, soit à son profit soit pour le nôtre.
Mais alors que s'est-il passé?
Abdelilah Benkirane: Il y a un groupe au sein du PAM qui est anti-PJD (certains anciens extrémistes de gauche); avec les autres, Mohamed Cheikh Biadiallah, et même Fouad Ali El Himma, on a des relations plutôt cordiales. Mais il y a ce noyau qui nous est hostile et qui nourrit des tensions récurrentes. Or, nous ne voulons pas entrer dans cette logique d'affrontement parce que nous comptons sur la démocratie pour trancher. Aux élections communales de juin 2009, le PJD s'est classé en tête dans les villes, avec plus de 1.500 élus sur les 9.000 candidats qu'il a présentés. En bonne logique, nous devrions gérer aujourd'hui bon nombre de villes ou tout au moins être associés à leur gestion. Cela n'a pas été possible parce que le PAM a tout fait, avec l'aide de l'administration, pour nous contrecarrer. Le FDIC n'a pas duré longtemps. Le PAM tiendra-t-il plus? Le voilà en effet qui dit qu'il ne vise pas 2012, mais 2017. A-t-on vu un parti décrocher deux ans avant un scrutin et se projeter sur 2017? N'est-ce pas l'illustration de la déflation qui le frappe déjà et de ses contradictions internes?
Mais si le PAM est en recul et qu'il est en train d'échouer comme vous le dites, comment peut-il constituer un danger à terme?
Abdelilah Benkirane: Ce n'est pas contradictoire, parce qu'il dévoie le cheminement normal de la vie démocratique et que ses pratiques ne permettent pas de capitaliser des acquis et des avancées. Lorsque j'ai tiré la sonnette d'alarme devant le congrès du MP, c'était pour lancer un appel à la prise de conscience de tous. En m'adressant à mes amis des autres partis politiques, c'était pour leur dire ceci: ce n'est pas le PJD qui vous a pris la présidence de la Chambre des Conseillers. Ce n'est pas non plus notre parti qui a cassé tant d'alliances. Alors, prenez garde! Le danger, ce n'est pas le PJD, il est ailleurs…
Vous vous permettez de placer le PJD parmi les partis historiques qui sont l'Istiqlal, l'USFP et le MP, alors que votre parti a à peine douze ans d'existence ?
Abdelilah Benkirane: Le PJD ne demande aucun bonus particulier ni traitement de faveur. Seulement ce qui lui revient de droit, par des urnes sincères, régulières et transparentes. Nous sommes convaincus que le salut de notre pays, sous le règne de S.M Mohammed VI, c'est une démocratie véritable.
Avoir peu ou beaucoup d'élus, entrer ou non au gouvernement, rester dans l'opposition, c'est secondaire à nos yeux. Parce que sur des bases démocratiques, les gouvernants vont exercer leur mission dans l'intérêt du peuple. C'est le peuple qui les jugera et c'est lui qui donnera ou retirera la légitimité électorale.
Et, à ce sujet, nous ne sommes pas prêts à faire des marchandages politiciens ou des combinaisons de quelque nature que ce soit pour déroger à ce principe, qui est pour le PJD une éthique de responsabilité et une morale politique. Le spectacle qu'offre notre vie politique aujourd'hui est déprimant. Alors qu'il y a tant à faire, dans tous les domaines -économique, social, culturel-, que trouve-t-on comme sujet de débat? Ce que j'ai déclaré au congrès du MP. On veut escamoter peut-être les débats de fond et évacuer les vrais challenges qu'il nous faut remporter.
On a remarqué le silence plutôt embarrassé du parti de l'Istiqlal et de l'USFP à propos de vos déclarations.
Abdelilah Benkirane: Il semble bien, en effet, que ceux qui ont essayé d'exploiter mes déclarations en soient pour leurs frais. Ils ont pu mobiliser certaines formations (l'UC, le RNI ou encore le MP) et des relais médiatiques publics et autres pour nous faire de nouveau un procès perdu.
Quant au parti de l'Istiqlal que vous évoquez, il a répondu par la voix de son secrétaire général, Abbas El Fassi, lors de la session du Comité central du 20 juin 2010 en soulignant que son parti “est le seul qui décide quand il faut répondre et quand il ne le faut pas” à propos de communiqués, de déclarations et de prises de position. Quant à l'USFP, il a observé jusqu'à présent une attitude qui, je crois, est significative…
Mais, en conseil de gouvernement, mercredi 16 juin 2010, Mohamed Elyazghi, ministre d'Etat USFP, a fait référence, dit-on, au paramètre “terroriste” de votre parcours et de votre mouvance islamiste.
Abdelilah Benkirane: Mohamed Elyazghi n'est plus le premier secrétaire de son parti, cette déclaration est donc un avis personnel qui n'a pas d'importance pour nous. Nous pensons avoir contribué à faire face au terrorisme d'une façon très honorable.
Le MP, lui, a dénoncé cependant chez vous un “retour aux visions hégémoniques révolues et un discours anti-démocratique” alors que vous l'avez cité parmi les quatre partis à légitimité populaire.
Abdelilah Benkirane: Les amis, on les choisit, et les frères restent des frères. Le Mouvement populaire est notre frère, un compagnon de route auquel nous lient beaucoup de choses, entre autres les conditions historiques du leadership de Mahjoubi Aherdan et de Abdelkrim Khatib, fondateurs de ce parti en 1958 et qui sont restés très proches et très solidaires, malgré des parcours différents ensuite.
Le nouveau secrétaire général du PPS a jugé vos propos comme “très dangereux”. Il vous reproche de ne pas croire au pluralisme et aux principes de l'action démocratique.
Abdelilah Benkirane: Le PJD est très attaché au référentiel et à la méthodologie démocratique. C'est pour préserver et consolider ces principes que nous militons. J'ajoute qu'il ne m'appartient pas de délivrer au PPS une attestation d'existence, comme il me le reproche. Le PPS a été créé au début des années quarante et il a un parcours politique et une histoire